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Maintenant, il faut sauver le climat
Luxembourg 1 4 min. 15.05.2020

Maintenant, il faut sauver le climat

«Cette crise a bien montré qu'il était possible de prendre des mesures drastiques qui ne plaisent pas à tout le monde», relève Roger Spautz qui s'attend maintenant à un soubresaut décisif des décideurs en faveur du climat.

Maintenant, il faut sauver le climat

«Cette crise a bien montré qu'il était possible de prendre des mesures drastiques qui ne plaisent pas à tout le monde», relève Roger Spautz qui s'attend maintenant à un soubresaut décisif des décideurs en faveur du climat.
Photo: LW
Luxembourg 1 4 min. 15.05.2020

Maintenant, il faut sauver le climat

Maurice FICK
Maurice FICK
Les effets du confinement sur le climat, les bonnes questions à se poser désormais et la «patate chaude» du projet de stockage des déchets nucléaires, Roger Spautz, figure de proue de Greenpeace Luxembourg, imagine le futur de l'après-pandémie.

Chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace-Luxembourg, Roger Spautz a été de tous les combats politiques et de terrain pour défendre la planète et le climat. 

Peut-on dire que la crise du coronavirus et le confinement ont eu un effet positif sur la nature et sur le climat ?

Roger Spautz: «Il y a des effets positifs mais qui ne vont probablement pas durer longtemps. Il y a moins de pollution dans l'air, les émission de C02 ont été réduites pendant deux mois, c'est vrai mais ça n'a pas de grands effets sur le changement climatique. Ce dernier est le fruit d'accumulations sur plusieurs années alors même s'il y a une amélioration pendant une courte période, ça ne change pas grand-chose. Il faut maintenant prendre les mesures pour réduire à long terme les émissions de CO2 et moins détruire la biodiversité. 

La Belgique projette d'enfouir des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg. Que va faire Greenpeace ?

«Il faut arrêter de produire des déchets nucléaires. Pour l'instant les combustibles usés sont stockés dans des piscines près des réacteurs nucléaires pour être refroidis en permanence.


Des déchets nucléaires aux portes du Luxembourg
La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s'opposer à un projet de l'Etat belge d'enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L'impact environnemental pourrait concerner l'approvisionnement en eau potable.

Nous avons regardé de près tous les documents publiés et allons introduire un avis négatif contre ce projet. Car d'un côté il y a la manière dont cela a été fait, pendant le confinement, sans transparence, etc., et d'un autre côté, les pays voisins n'ont même pas été avertis avant la consultation. Nous avons deux mois pour réagir. 

Le dossier n'envisage que la solution du stockage géologique des déchets nucléaires et aucune autre alternative comme le stockage à sec qui est pour l'instant la solution la moins risquée. Nous ne sommes pas convaincus du projet car trop de questions restent ouvertes. D'autant qu'il n'y a pas de réversibilité pour le stockage géologique. Dans ce dossier, il faut davantage mettre en avant quels risques cela représente pour les populations des différentes régions qui seront impactées.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Le gouvernement a débloqué des milliards pour venir en aide à l'économie durant la crise. Sur quoi devraient plutôt porter les efforts selon vous ?

«C'était nécessaire de débloquer de l'argent pour répondre à la situation de crise et cela montre que des politiques sont capables d'agir mais malheureusement ce n'est pas le cas dans des domaines comme l'environnement. Cela fait trente ans pourtant que des experts alertent sur la nécessité d'agir pour le changement climatique, qu'il faut réduire la consommation d'énergie, développer les énergies renouvelables. Et là, les responsables politiques sont trop lents.

Ils devraient débloquer des moyens financiers pour les investir massivement dans le développement des énergies renouvelables mais aussi dans des mesures pour réduire la consommation d'énergie. Parfois, dans certains domaines un changement radical s'impose.

Dans quel sens devra évoluer la politique du gouvernement, une fois la crise sanitaire passée ? 

«Il faudra davantage prendre en compte les problèmes environnementaux. Cette crise a montré qu'il était possible de prendre des mesures drastiques qui ne plaisent pas à tout le monde, y compris pour la mobilité. Il y a des choses que les gens peuvent faire volontairement mais il faut imposer certaines mesures clairement. Je rappellerai que, pendant des années, les constructeurs automobiles ont affirmé qu'il était impossible de construire des moteurs  consommant moins de 5 l/100 km. Il y a eu une décision politique et, tout à coup, c'est devenu possible !


La poubelle grise reste encore trop remplie
Près de 30 kg de déchets en moins par habitant et par an au Luxembourg. La nouvelle analyse menée par l'administration de l'Environnement montre l'effort de tri réalisé endéans cinq ans mais pointe l'émergence de déchets problématiques dans la poubelle grise, comme les médicaments.

Comment la société peut-elle agir pour construire ce nouvel avenir ?

«Ce n'est pas trop compliqué. Il faut davantage réfléchir avant d'agir au quotidien. Tant sur nos modes de vie, de consommation que sur nos déplacements. Et se poser la question: est-il nécessaire de faire comme avant ? Ou peut-on faire quelque chose de manière plus respectueuse de l'environnement ? Comme par exemple s'interroger sur l'utilité d'utiliser du plastique alors qu'il y a des alternatives. Il faut faire le bon choix. 


Le Luxembourg premier pays à bannir le glyphosate
En interdisant, sans exception, le controversé désherbant au 31 décembre 2020, le Grand-Duché fait office de pionnier en Europe. Mais sans attendre la date limite émise par le gouvernement, plus de la moitié des exploitants agricoles s’en passent déjà.

Pensez-vous que l'agriculture est prête à changer de modèle ?

«Elle doit être prête. On observe que dans différents secteurs l'agriculture biologique et durable est possible. Mais maintenant il faut la réaliser à grande échelle. D'autant que nous avons des exemples montrant que ça fonctionne bien et sans pesticides. C'est possible ! C'est aux agriculteurs d'avoir le courage d'aller dans cette direction mais parfois il faut aussi des incitations financières pour encourager ce changement.»


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