Changer d'édition

Luxroots, la mémoire du Luxembourg
Luxembourg 3 4 min. 04.12.2022
Généalogie

Luxroots, la mémoire du Luxembourg

Georges Eicher affirme que «de nouveaux bénévoles sont toujours les bienvenus» pour contribuer au travail de l'asbl Luxroots.
Généalogie

Luxroots, la mémoire du Luxembourg

Georges Eicher affirme que «de nouveaux bénévoles sont toujours les bienvenus» pour contribuer au travail de l'asbl Luxroots.
Photo: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Luxembourg 3 4 min. 04.12.2022
Généalogie

Luxroots, la mémoire du Luxembourg

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
D’un passe-temps débuté à la retraite de Georges Eicher en 2003, le projet Luxroots est depuis lors devenu le site de référence en matière de généalogie au Luxembourg.

Tout commence avec un ordinateur, et l'envie d'apprendre à faire du code internet en autodidacte. Car au début des années 2000, Georges Eicher, jusque-là employé de banque, décide de prendre sa retraite. Mais il rechigne à ne pas rester pleinement occupé.

En 2003, nait ainsi le projet Luxroots, dont le site est monté de toutes pièces par ce passionné de généalogie, qui profite alors des Archives nationales pour numériser les actes (naissances/baptêmes, mariages ou décès) de la commune de Wincrange à l'aide de son appareil photo 3 mégapixels avec caméra intégrée. Nous sommes pourtant encore loin de l'avènement du tout digital, mais Georges Eicher a déjà de la suite dans les idées.

Une tâche colossale

Car l'objectif de Luxroots, qui est finalement devenue une ASBL à part entière en 2014, est simple: rendre la recherche familiale des Luxembourgeois de naissance ou d'origine facile et accessible au plus grand nombre à travers le monde. Et si le Luxembourg n'est pas une île, le fait est qu'il s'agit d'un pays un peu particulier, dont le tracé des frontières et les différentes inclinaisons avec ses voisins directs ont clairement impacté son histoire.

Une particularité que Georges Eicher confirme en expliquant que «ces actes sont majoritairement en latin (pour les registres paroissiaux), ici et là en français pendant les années révolutionnaires 1796-1814, puis presque toujours en allemand jusqu'en 1945. C'est aussi pourquoi les prénoms sont le plus souvent écrits en variante allemande comme Johann Peter, Heinrich, Maria, Katharina, etc».

La tâche est donc titanesque et il a pour cela été rapidement rejoint au fil des années par d'autres bénévoles aussi passionnés que lui. «Aujourd'hui, 70 bénévoles sont impliqués dans le projet. Ils analysent les fichiers manuscrits des registres paroissiaux (1600-1800) et de l'état civil (1796-1923) et enregistrent les détails essentiels de ces actes dans la base de données internet sur leur serveur. Ces actes sont ensuite connectés les uns aux autres.»

À ce jour, ce sont «2,8 millions d'actes qui ont été traités, à savoir 1,9 million d'actes de naissance et de baptême, 320.000 actes de mariage et 590.000 actes de décès. Environ les deux tiers d'entre eux sont du Luxembourg et le reste principalement des régions frontalières». Parmi elles, la Belgique avec sa province de Luxembourg, la région germanophone, mais aussi des actes de certaines communes et paroisses des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle en France.

Les abonnés, épine dorsale de l’association

Financièrement, son créateur le reconnait sans détour, Luxroots ne pourrait perdurer sans ses abonnés, «qui sont l'épine dorsale financière du projet, car on ne peut pas compter sur des aides gouvernementales ou communales».

Ces derniers viennent du Luxembourg, mais aussi des États-Unis où beaucoup de Luxembourgeois ont émigré bien avant le début de l'âge d'or des banques du Grand-Duché, «dans l'espoir d'une vie meilleure, comme beaucoup de migrants aujourd'hui. C'est toujours la même histoire». Même s'il précise pour avoir communiqué avec leurs descendants «que la plupart sont restés dans des vies bien précaires».

Archive: Luxroots

Enfin, d'autres abonnés sont issus des pays voisins, mais aussi du Royaume-Uni, du Brésil et de l'Argentine, où leurs ancêtres avaient migré pour travailler la terre. 

Pouvoir leur permettre de retrouver leurs racines contribue à un cercle vertueux, puisque de cette façon, les abonnés sont en mesure d'«ajouter les membres récents de leur famille aux ancêtres présents dans la base de données».

Des photos peuvent aussi être téléchargées et des liens entre les personnes peuvent être établis grâce à des articles et des nécrologies des journaux numérisés, avec Wikipédia et d'autres sites web, dans un véritable souci de ramification.

L'ancien duché de Luxembourg dans le viseur

D'ailleurs, d'ici fin 2023, «Luxroots aura enregistré les détails de tous les actes luxembourgeois dans sa base de données». «Nous espérons que d'ici 2035, avec l'aide des collaborateurs actuels et nouveaux, nous serons en mesure d'enregistrer les actes de l'ancien duché de Luxembourg».

Une manne mémorielle qui n'est donc pas près de s'épuiser, et que son fondateur n'est pas inquiet de voir disparaitre, puisqu'il a trouvé un successeur passionné «d'une trentaine d'années» pour lui succéder le moment venu.

En attendant, «de nouveaux bénévoles sont toujours les bienvenus». «Les volontaires Luxroots sont issus de toutes les classes sociales. Le travail d'équipe est l'alpha et l'oméga de notre ASBL. Les bénévoles s'entraident pour analyser des actes difficiles par e-mail, Skype ou tout autres moyens technologiques.» Avis à ceux qui n'ont donc pas peur de se frotter à de l'ancienne écriture allemande ou à du latin.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.