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Luxguard: 92% des ouvriers de Bascharage prêts à faire grève
Luxembourg 3 min. 18.09.2012 Cet article est archivé

Luxguard: 92% des ouvriers de Bascharage prêts à faire grève

Luxguard: 92% des ouvriers de Bascharage prêts à faire grève

Photo: Maurice Fick
Luxembourg 3 min. 18.09.2012 Cet article est archivé

Luxguard: 92% des ouvriers de Bascharage prêts à faire grève

Chez Luxguard I à Bascharage, le ras-le-bol des ouvriers de travailler sous pression est palpable. Plus de 92% des ouvriers sont prêts à faire grève, annonce la délégation du personnel. Dans six jours expire le délai de conciliation! Le directeur du site réagit.

Le délai de conciliation expire dans six jours: le lundi 24 septembre à minuit, exactement. A ce moment précis, "la démarche de grève sera faite", assure avec conviction la délégation du personnel de Luxguard I qui s'est réunie mardi dans les locaux de l'OGB-L à Esch-sur-Alzette.

Plus de deux semaines après la seconde manifestation organisée par le syndicat et suivie par 85% du personnel pour protester contre le manque d'ouverture de la direction quant à la renégociation de la convention collective, la délégation du personnel n'a toujours pas de nouvelles de la direction.

Avant de pouvoir faire grève, la délégation du personnel se doit de trouver le soutien de 75% du personnel. C'est chose acquise depuis le dépouillement, mardi, du référendum mené au sein de la société au cours du week-end dernier.

"Il reste six jours pour discuter de la convention collective"

"92,19% des salariés s'engagent à faire grève", indique la délégation du personnel en précisant que seuls, 4,17% du personnel a voté en faveur des propositions de la direction et que 87% du personnel a pris part au vote.

Secrétaire central à l'OGB-L, Raymond Kapuscinsky résume la situation: "Il reste six jours pour discuter de la convention collective pour la période 2012-2014. On est prêt à discuter. Si effectivement la direction n'est pas enclin à faire un pas vers nous, nous sommes prêts à nous mobiliser et à mener des actions qui vont plus loin".

Au-delà d'une affaire de mobbing d'un super-intendant envers sept salariés en interne et qui a envenimé l'esprit des discussions autour de la convention collective, les ouvriers se plaignent de la pression vécue au travail générée, selon eux, par une diminution du personnel et une forte charge de travail.

"On est sous tension permanente et des personnes ne supportent plus cette situation", glisse un délégué du personnel qui préfère conserver l'anonymat.

"Notre situation n'est pas rose. Il faut rester réaliste"

A la revendication de l'OGB-L qui réclame une augmentation linéaire de 2% des salaires par an entre 2012 et 2014, Jose Miguel Villacorta, directeur du site de Bascharage, répond que "ce n'est pas possible, vu le contexte économique actuel. Notre situation n'est pas rose. Nous avons un problème de compétitivité au Luxembourg et particulièrement à Bascharage depuis ces quatre dernières années. Alors il nous faut rester réaliste".

La délégation du personnel assure que "le travail ne manque pas" et que "50 camions sortent de l'usine chaque jour depuis mai". Le directeur du site explique qu'il s'agit d'écouler les stocks de verre "même si les conditions ne sont pas les plus favorables sur le marché en ce moment, nous sommes obligés de vendre sans quoi la situation serait encore plus grave". Dans l'usine, la production de verre se fait en coulée continue.

"Nous avons téléphoné à la direction pour demander un rendez-vous et parler des modalités de grève", explique un délégué du personnel. La direction, qui se dit "toujours prête à discuter avec la délégation" a accepté une entrevue qui a été fixée à mercredi 15 heures.

Maurice Fick