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Luc Schmitz: «Le luxembourgeois prend de plus en plus de poids»
Luxembourg 6 min. 07.01.2022 Cet article est archivé
Institut national des langues

Luc Schmitz: «Le luxembourgeois prend de plus en plus de poids»

Luc Schmitz: «Depuis la fin du confinement nous sommes repassés majoritairement au mode présentiel, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.»
Institut national des langues

Luc Schmitz: «Le luxembourgeois prend de plus en plus de poids»

Luc Schmitz: «Depuis la fin du confinement nous sommes repassés majoritairement au mode présentiel, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur.»
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 6 min. 07.01.2022 Cet article est archivé
Institut national des langues

Luc Schmitz: «Le luxembourgeois prend de plus en plus de poids»

Megane KAMBALA
Megane KAMBALA
Pays multiculturel et polyglotte, le Luxembourg fait figure d'exemple tant il attire de nationalités différentes sur son sol. Un entretien avec le directeur adjoint de l'Institut national des langues s'imposait après ces deux années de crise sanitaire pour faire le point sur leur apprentissage.

Au moment où tout semble converger vers l'instauration du vaccin obligatoire pour tous pour maintenir un semblant de vie normale pour la population après des mois de confinement, de couvre-feu et de fermeture de commerces dits non essentiels; wort.lu/fr a pu s'entretenir avec Luc Schmitz, directeur adjoint de l'Institut national des langues (INL), avant l'entrée en vigueur du CovidCheck obligatoire en entreprise le 15 janvier.

L'occasion de faire le bilan de l'institut, sur ses projets pour l'avenir également.  

Monsieur Schmitz, pourriez-vous revenir sur le bilan que vous faites de ces deux années pleines de crise sanitaire?

Luc Schmitz: «Un peu le même bilan que pour tout le monde je pense: on peut vraiment dire que ce n’était pas évident (rires). Toutefois, je tiens à préciser que nous n’avons pas à nous plaindre par rapport aux écoles privées qui ont connu pour la plupart bien des déconvenues avec des baisses d’inscription de 40 à 60%. Nous n’avons que 9% de moins sur notre taux d’inscrits pour l’année 2020-2021 (15.300) par rapport à l’année 2019-2020 (16.800). Nos bilans semestriels ne sont donc pas drastiquement différents.


online.fr, INL, centre de langues,  Sprachenzentrum, Sprachen Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Les cours de luxembourgeois ne connaissent pas la crise
L'apprentissage de la langue officielle continue d'attirer les foules, pandémie ou non. Cette demande en hausse constante, conjuguée aux restrictions sanitaires liées au covid-19, pousse l'institut national des langues à se réinventer.

Le taux de réussite s’est-il maintenu par rapport à l’avant-crise?

«Nous ne faisons pas de statistiques sur le taux de réussite à proprement parler, car il est établi un bilan de compétences à chaque fin de semestre pour nos étudiants. Ainsi, il est possible pour une personne de s’inscrire plusieurs fois à un niveau de langue particulier s’il est estimé qu’il n’est pas envisageable de passer le niveau de difficulté supérieur. Nous tablons donc plutôt sur le taux de réinscriptions lequel est lui aussi plus ou moins le même. Il est d’environ 65%.

Des nouveaux formats ont-ils vu le jour?

«Nous avons beaucoup appris et beaucoup improvisé (rires), on a tâtonné, appris de nos fautes. Par chance notre formule appelée Blended Learning (mix entre e-learning et présentiel) était déjà instaurée avec des classes pilotes. Le format est à présent pleinement intégré à notre offre et nous comptons évidemment le pérenniser. Il est plébiscité par les adultes dans la vie active. La crise sanitaire a simplement accéléré sa mise en place.

Avez-vous remarqué une évolution du profil type des apprenants?

«Non car nous n’avons pas de profil type, cela est très hétérogène, il y a vraiment de tout. C’est une chose à laquelle nous tenons beaucoup, nous ne voulons pas faire de tri. Il n’est pas non plus question de faire du brassage dans les classes par catégorie socioprofessionnelle par exemple.

Comment les cours se déroulent-ils aujourd’hui?

«Depuis la fin du confinement nous sommes repassés majoritairement au mode présentiel, dans le respect des mesures sanitaires en vigueur. On peut vraiment dire que nous sommes entrés pleinement dans l’ère du distanciel lors du lockdown, car nous avons dû très vite réagir lorsque tout a fermé. Par chance, nous avions déjà un groupe de travail à l’INL qui travaillait sur l’e-learning.

Par ailleurs, nous avons été ravis de constater que nos enseignants se sont beaucoup engagés pour rendre tout cela possible: le partage des compétences a vraiment été la clé de notre réussite. Nous avons pu assister à une belle entraide parmi notre personnel d’enseignants. Les uns montraient aux autres comment se servir de Zoom, comment faire un cours à distance... 

Quels sont vos cours les plus plébiscités?

«Il s’agit essentiellement du français et du luxembourgeois. Sur 15.000 inscrits, 11.000 sont concentrés dans ces deux langues. Pendant de nombreuses années, le français était très largement en tête par rapport au reste de notre offre pédagogique, mais le fait est que le luxembourgeois prend de plus en plus de poids dans la partie :  alors qu’ils étaient 2.600 apprenants pendant l’année scolaire 2011/2012 et ils étaient 5.500 pendant l’année scolaire 2020/2021!


online.fr, INL, centre de langues,  Sprachenzentrum, Sprachen Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
A l'INL, le luxembourgeois vient taquiner le français
Ce mercredi c'est la rentrée pour les plus de 15.000 adultes qui se sont inscrits à l'Institut national des langues. L'établissement a ouvert un nombre record de classes et de cours, notamment pour répondre aux attentes pour l'apprentissage de la langue de Molière, mais aussi celle de Michel Rodange.

Quelles sont vos attentes pour cette année 2022? Avez-vous de nouveaux projets?

«On espère vraiment pouvoir continuer à enseigner le plus normalement possible, avec un maximum d’interactivité et de joie. On aimerait aussi pouvoir organiser plus d’activités culturelles. On est en train de travailler sur une plateforme d’e-learning avec le ministère de l’Enseignement qui sera gratuite pour tout le monde.

Quant à ''Schwätzt Dir Lëtzebuergesch?'', notre manuel d’accompagnement pour apprendre le luxembourgeois qui existe en trois niveaux (A1, A2, B1), il arrive en niveau B2 et se présentera sous forme de dossier interactif qui sera accessible gratuitement sur internet. 

Nous avons toujours des groupes de travail qui réfléchissent à de nouvelles méthodes d’enseignement, sur les ressources pédagogiques que l’on pourrait commencer à exploiter. Enfin, nous avons aussi nos cours à visée professionnelle en partenariat avec l’Adem qui seront bientôt proposés en version luxembourgeoise, allemande et anglaise. C’est une formule intensive de 16h de cours par semaine réparties sur quatre jours. Ils ont pour vocation à garantir une plus grande employabilité pour les demandeurs d’emploi inscrits à l’Adem. Nous tirons beaucoup de satisfaction de cette initiative.

Etes-vous prêts pour l’arrivée du CovidCheck le 15 janvier?

«Le régime est déjà mis en place pour tous nos employés depuis le mois de décembre et cela marche très bien. Nous allons l’introduire pour les apprenants comme l’exige la loi. La première semaine sera décisive pour juger la bonne façon d’œuvrer, puisqu’il arrivera parfois que 500 personnes soient à scanner dans certains créneaux horaires. C’est un challenge que nous sommes totalement prêts à relever pour que cela se passe de la façon la plus optimale possible.»

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