Changer d'édition

Loi de Protection de la Nature: le premier projet de l'Etat est lancé
Luxembourg 3 min. 03.10.2018

Loi de Protection de la Nature: le premier projet de l'Etat est lancé

Une partie du terrain légèrement en pente était idéale pour planter des arbres fruitiers, pour son exposition au soleil.

Loi de Protection de la Nature: le premier projet de l'Etat est lancé

Une partie du terrain légèrement en pente était idéale pour planter des arbres fruitiers, pour son exposition au soleil.
Photo: AF
Luxembourg 3 min. 03.10.2018

Loi de Protection de la Nature: le premier projet de l'Etat est lancé

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
C'est le premier projet de l'Etat suite à l'adoption de la loi pour la Protection de la Nature en juillet. Des terrains de 50 hectares ont été revalorisés afin de compenser leur destruction lors de la réalisation de l'autoroute du Nord A7. Des papillons rares sont même de retour.

Nogemerhaff est le premier projet de l'Etat pour lequel s'applique la loi pour la protection de la nature, votée en juillet dernier. Niché dans le canton de Redange, il s'étend sur 50 hectares, qui sont devenus un projet de reconversion écologique. Ces terrains étaient essentiellement des champs labourés. Ce projet fait partie des mesures compensatoires liées aux travaux de réalisation de la Nordstrooss. Le pays doit conserver un équilibre entre sa croissance explosive et la biodiversité.

Si la Nordstrooss est une bonne chose pour fluidifier la circulation routière, sa réalisation a détruit une partie de paysage naturel. Afin de compenser cette destruction inévitable, l'Etat veille à ce que d'autres terrains puissent développer à nouveau un biotope riche et que celui-ci soit préservé. Un biotope, c'est un milieu naturel dans un périmètre défini, avec des paramètres définis, tels que la faune et la flore, des caractéristiques géologiques ou hydrologiques. Des espèces se plaisent dans ces biotopes justement parce qu'ils réunissent certaines conditions propices à leur développement. Selon la loi de protection de la nature, ces 50 hectares représentent environ 35 millions de points écologiques. 

Situés à quelques kilomètres de Hostert, non loin de Nagem, ces terrains sont aujourd'hui un paysage paisible et verdoyant. L'agriculteur qui exploitait ces terres reste le gérant et le locataire, comme avant. C'est le propriétaire de ces 50 hectares qui a souhaité vendre. L'Etat s'est porté acquéreur de ces terrains et l'agriculteur a été intégré au projet. Il élevait des vaches laitières. Il est passé à un élevage d'Angus, bovin robuste qui peut vivre à l'extérieur toute l'année. Une vache à viande. 

Des papillons menacés sont de retour

Sur ces terres, un verger a été planté et un maraîcher écologique va lui aussi s'installer. Il vient de suivre une formation au lycée agricole à cette fin. La reconversion de l'élevage répond à une certaine logique: le Luxembourg produit trop de lait. Quant au maraîchage, "moins de un pour cent des fruits et légumes consommés au Luxembourg sont cultivés dans le pays", rappelle Claude Turmes, secrétaire d'Etat au Développement durable et Infrastructures. La production maraîchère va débuter ici au printemps prochain. Les récoltes seront vendues aux collectivités du pays. On espère donc les premières récoltes pour l'été. 

Les terres, en dehors de la culture maraîchère, c'est l'agriculteur qui les gère, avec l'aide des services de l'Etat. "Il sera rémunéré pour le service de biodiversité qu'il exerce ici", précise Claude Turmes. La fauche de l'herbe ne se fait qu'une fois par an et naturellement, l'usage de pesticide et autre fertilisant est proscrit ici. Un plan de gestion a été établi que toutes les parties doivent respecter. Ce projet avait été signé par Camille Gira, brutalement décédé en mai dernier.

"L'achat de ces terrains a été une opportunité qui s'est présentée", résume Franck Wolff, directeur adjoint à l'administration de la Nature et des Forêts. Et l'intérêt, c'est aussi que ces terrains sont contigus. Bien plus intéressants à revaloriser que des parcelles éparses. La flore est un des indicateurs d'une certaine maturité atteinte par le terrain. C'est là que l'on peut considérer que la compensation prend forme. Qui dit flore, dit aussi insectes. Et pollinisateurs notamment. Ces précieux pollinisateurs qui permettent entre autres de faire proliférer plantes et fleurs. "Les papillons sont de bons indicateurs car ils réagissent très vite aux changements dans l'environnement", explique Franck Wolff. "Ici, trois espèces en voie d'extinction ont été repérées". 


Sur le même sujet

Protection de la nature: la loi révolutionnaire des Verts
La loi sur la protection de la nature a été adoptée hier à la Chambre des députés avec 34 voix sur 60. Elle vient en renforcement des directives européennes en matière de protection des habitats et des espèces rares mais va donner à l'Etat luxembourgeois une place bien particulière puisqu'il va être au centre des décisions et des responsabilités concernant la gestion des biotopes. Quelles incidences cela va-t-il avoir sur l'économie et le logement? En quoi les écopoints vont-ils avoir une influence sur les nouvelles constructions?
Depuis 1963, date de la première loi sur la protection de la nature, le Luxembourg réfléchit à des mesures pour protéger son environnement et ses biotopes.