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Logement des réfugiés au Luxembourg: L'histoire du foyer Héliar à Weilerbach
Luxembourg 11 3 min. 08.09.2015

Logement des réfugiés au Luxembourg: L'histoire du foyer Héliar à Weilerbach

Le foyer Héliar de Weilerbach est géré par l'OLAI (Office luxembourgeois de l'accueil et de l'intégration) depuis 1999. C'est un ancien sanatorium fondé en 1910 par Nicolas Neuens (1845-1925). Nicolas Neuens était un abbé luxembourgeois, fondateur du <<naturisme intégral>>.

Par Anne Fourney @afourney

Le foyer Héliar de Weilerbach est géré par l'OLAI (Office luxembourgeois de l'accueil et de l'intégration) depuis 1999.

C'est un ancien sanatorium fondé en 1910 par Nicolas Neuens (1845-1925). Nicolas Neuens était un abbé luxembourgeois, fondateur du «naturisme intégral» (rien à voir avec le nudisme). 

Nicolas Neuens avait appris la médecine de façon autodidacte. Il s'est ensuite tourné vers les médecines naturelles et prônait notamment une nourriture saine, de l'air frais, des bains de soleil et des jets d'eau sur le corps pour retrouver une bonne santé.

Selon son souhait, il a été inhumé dans le parc de son institut. Sa notoriété a largement dépassé les frontières luxembourgeoises. Il est l'auteur de plusieurs livres sur le naturisme intégral et il est encore possible aujourd'hui de les trouver dans le commerce.

Lorsque l'institut Héliar a ouvert, en 1910, il pouvait accueillir 25 personnes. Il a connu plusieurs travaux d'agrandissement par la suite.

Reconstruit à la fin des années 90

Il est niché dans le bois Fünfter, parcelle que l'abbé Neuens avait achetée en 1909 pour cadre reposant et verdoyant, à proximité d'Echternach. En 1911, il agrandit le foyer pour lui permettre d'accueillir 40 curistes. Lorsque Nicolas Neuens meurt en 1925, le foyer Héliar est cédé selon ses dernières volontés à l'Evéché du Luxembourg. En 1929, le foyer est à nouveau agrandi pour atteindre une capacité d'accueil de 60 personnes, puis encore en 1933-34100 personnes peuvent alors y loger.

Une nouvelle chapelle y est aussi construite, avec des vitraux créés par un artiste du nom d'Antoine Wendling, originaire de Cologne, en Allemagne.

Pendant la Guerre, les religieuses Sainte-Elisabeth qui travaillaient à l'institut Héliar depuis 1924 sont expulsées manu militari par la Gestapo. L'occupant nazi ayant trouvé le lieu à son goût y installe d'abord un hôpital militaire, puis un centre de vacances pour ses marins fatigués.

Le bâtiment est lourdement endommagé par les tirs de mortier en 1944-45. Il sera reconstruit juste après la guerre, en 1946. L'année suivante, les premiers curistes y sont à nouveau accueillis. Les sœurs de Sainte-Elisabeth y resteront jusqu'en 1992.

L'institut Héliar ne correspondant plus aux critères modernes du confort et de la sécurité, trois cabinets d'architectes sont consultés afin de le reconstruire. Il accueille des personnes âgées ou convalescentes avant d'être repris par l'OLAI, en 1999.

Confort spartiate

Les demandeurs de protection internationale y trouvent refuge depuis cette année. Le foyer Héliar peut aujourd'hui accueillir jusqu'à 220 personnes. Il comporte une école fondamentale, une cuisine professionnelle, un réfectoire, une aire de jeux, des terrains de sports, des chambres, des installations sanitaires et une buanderie commune.

Le confort du foyer Héliar est aujourd'hui plutôt spartiate. Mais il permet toutefois à des familles qui ont tout perdu de trouver refuge au Luxembourg, en attendant de reconstruire leur existence.

Le réalisateur luxembourgeois Yann Tonnar avait tourné un documentaire daté de 2008 où il avait suivi, à Weilerbach, le quotidien de familles syriennes.


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