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«Le droit au logement doit être garanti»
Luxembourg 1 3 min. 06.07.2021
Locataires

«Le droit au logement doit être garanti»

Bien que les expulsions se règlent « la plupart du temps à l'amiable» selon le ministère de la Justice, 355 procédures ont été traitées depuis le début de l'année, contre 1.394 en 2020.
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«Le droit au logement doit être garanti»

Bien que les expulsions se règlent « la plupart du temps à l'amiable» selon le ministère de la Justice, 355 procédures ont été traitées depuis le début de l'année, contre 1.394 en 2020.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 1 3 min. 06.07.2021
Locataires

«Le droit au logement doit être garanti»

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Depuis la fin du gel des déguerpissements, 78 expulsions ont été exécutées et 220 demandes de propriétaires ont été déposées auprès des juges de paix. Une situation qui inquiète déi Lénk et les représentants des associations de locataires.

Comme le redoutaient les associations, la fin de la suspension des déguerpissements a signé le retour en masse des expulsions au Luxembourg. Car si les procédures ont été suspendues entre le 23 décembre 2020 et le 1er avril 2021, les juges de paix ont continué à statuer sur les différends entre locataires et propriétaires pendant cette trêve exceptionnelle. 

En conséquence, depuis la levée de cette interdiction, 78 condamnations ont été exécutées, indiquent les ministères de la Justice et du Logement. Dans une réponse parlementaire, Sam Tanson et Henri Kox (Déi Gréng) font également état de 220 nouvelles demandes, adressées aux juges de paix depuis le 1er avril. Des chiffres «choquants» aux yeux de la députée Nathalie Oberweis, qui avait sollicité les ministres à ce sujet.

«Derrière chacun de ces chiffres, il y a des familles, des foyers, qui risquent de se retrouver à la rue du jour au lendemain», déplore la parlementaire déi Lénk. Car une fois dehors, les locataires expulsés se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes. Si certains sont contraints de vivre dans des appartements et maisons insalubres, d'autres se retrouvent à la rue faute de logements d'urgence suffisants dans les communes et le parc associatif. Selon l'association Caritas, au moins 30.000 personnes seraient dans l'attente d'un logement accessible et décent au Luxembourg.

Pourtant, le gouvernement s'attache à résoudre cette crise. Au delà du Pacte Logement qui doit encourager les communes à multiplier le logement abordable sur leur territoire, le ministère du Logement a notamment mis en place un système de gestion locative. En confiant leurs biens à des associations et offices sociaux, les propriétaires bénéficient entre autres d'une exonération d'impôts. Pourtant, sur les 244.230 logements recensés par le Statec en 2020, seuls 936 étaient inclus dans le dispositif.

«Toutes les mesures envisagées par le gouvernement vont prendre des années, alors que c'est maintenant qu'il faut des résultats», revendiquait Jean-Michel Campanella, le président de l'association Mieterschutz Lëtzebuerg, lors d'une manifestation contre la reprise des expulsions. Un avis partagé par Nathalie Oberweis, qui prône un retour au gel des loyers et des déguerpissements. «On le fait bien pour le chômage partiel ou les avantages fiscaux accordés aux propriétaires, pourquoi laisser les locataires dans cette position de vulnérabilité?»

Assurant que la crise du logement au Grand-Duché est «loin d'être terminée», la députée déi Lénk exhorte le gouvernement à revoir sa copie notamment en ce qui concerne les logements vacants. Fin juin, son parti a proposé la création d'un fichier listant toutes les adresses inoccupées et les terrains à bâtir. Entre 10.000 et 20.000 appartements et logements seraient ainsi inhabités au Luxembourg; de quoi permettre à l'Etat «de garantir un droit au logement pour tous», calcule Nathalie Oberweis.

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