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Les violences domestiques en légère hausse
Luxembourg 3 min. 11.06.2020

Les violences domestiques en légère hausse

Taina Bofferding a rappelé «l'importance des points de contact» en matière de violence domestique, même si ce n'est «parfois que par téléphone»

Les violences domestiques en légère hausse

Taina Bofferding a rappelé «l'importance des points de contact» en matière de violence domestique, même si ce n'est «parfois que par téléphone»
Luxembourg 3 min. 11.06.2020

Les violences domestiques en légère hausse

Par rapport à l'année précédente, il y a eu plus de cas de violence domestique au Luxembourg en 2019. Cependant, l'augmentation tant redoutée pendant le confinement ne s'est pas produite.

(JFC, avec Sophie Hermès) - En 2019, la police a dû intervenir 849 fois pour cause de violence domestique. Il s'agit d'une augmentation de 110 cas par rapport à l'année précédente. Dans 265 cas (contre 231 en 2018), une expulsion a été prononcée. En tout, la police a recensé 1.337 victimes de violence domestique au Luxembourg, dont 63,6% de femmes. Trois personnes (deux femmes et un homme) sont décédées suite à des violences domestiques.

«Pour beaucoup de femmes, le foyer reste un endroit dangereux», a déclaré Taina Bofferding (LSAP), ministre de l'Égalité des chances entre les femmes et les hommes, lors d'une conférence de presse ce jeudi. Si cette dernière estime qu'il s'agit de «suivre de près cette évolution» des incidents signalés, elle ajoute qu'il ne faut pas non plus «surestimer l'augmentation» de l'ordre de 15%.

Car, selon la ministre, les chiffres montrent également que la violence domestique est de moins en moins tolérée. Elle implique toutes les classes sociales, mais «il ne s'agit pas que d'une affaire privée», explique-t-elle. Une partie de la responsabilité incombe donc également à la société, et «nous avons besoin d'une société qui ne détourne pas le regard». «Quelle que soit l'importance de l'argument, personne n'a le droit de lever la main sur autrui», a ainsi déclaré Taina Bofferding.

Prolongeant les données au-delà de la fin de l'année 2019, le constat apparaît que la période de confinement n'a pas entraîné d'augmentation significative des cas de violence domestique. Alors que l'année 2019 affiche une moyenne de 71 cas et 22 expulsions mensuelles, le mois de mars 2020 renseigne 91 cas pour 26 expulsions. Quant à avril, il a donné lieu à 73 cas et 19 expulsions, alors que pour mai, les chiffres sont de 79 cas de violence domestique ayant entraîné 23 expulsions.

«L'importance des points de contact»

Nuançant quelque peu ces données, la ministre LSAP a soulevé l'éventualité que «les gens n'aient pas osé demander de l'aide». Une analyse plus approfondie devrait d'ailleurs apporter des réponses sur ce point et aider les autorités compétentes à comprendre à partir de quel moment une victime cherche de l'aide.

Dans cette optique, Taina Bofferding a rappelé «l'importance des points de contact», même si ce n'est «parfois que par téléphone». Afin de contrecarrer une éventuelle augmentation des incidents, les capacités des foyers pour femmes ont d'ailleurs été augmentées pendant la crise. Il y avait également la possibilité d'utiliser des chambres d'hôtel. Ainsi, le ministère public a pu ordonner des expulsions sans risquer de laisser des personnes sans toit.

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