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Les troubles du sommeil touchent une personne sur trois
Luxembourg 4 min. 22.03.2019

Les troubles du sommeil touchent une personne sur trois

Les troubles du sommeil touchent une personne sur trois

Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 22.03.2019

Les troubles du sommeil touchent une personne sur trois

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Le CHEM organise ce vendredi, pour la troisième année consécutive, une journée de sensibilisation aux troubles du sommeil. Un fléau qui toucherait quelque 200.000 résidents au Luxembourg selon les spécialistes. Stress, alcool ou encore écrans, les causes de ce mal sont diverses.

Stress, consommation excessive d'alcool ou impacts des nouvelles technologies, nombreux sont les facteurs qui entraînent des troubles de sommeil. Des problèmes qui toucheraient de plus en plus de monde.

Selon la dernière étude du baromètre de la Santé publique en France, dont les proportions seraient transposables au Luxembourg, près de 36% des Français dorment ainsi moins de 6 heures.

Patrick Binda, spécialiste au laboratoire du sommeil d'Esch/Alzette, confirme qu'«une personne sur trois est concernée aujourd'hui par des problèmes de sommeil». Selon lui, sont considérées comme troubles du sommeil des maladies telles que les insomnies, les apnées, ou encore les narcolepsies.

Si ces problèmes ne peuvent pas être rangés dans la catégorie «mal du siècle» comme c'est le cas pour les troubles liés au dos, la situation se dégrade «surtout chez les jeunes», détaille Patrick Binda.

La lumière bleue, ce nouveau fléau

Aux symptômes classiques tels que le stress et les abus alimentaires, des éléments nouveaux comme l'utilisation des smartphones et des écrans est pointée du doigt par les spécialistes.

«Nous constatons qu'une exposition tardive et prolongée à la lumière bleue émanant des écrans entraîne des problèmes de sommeil», note le spécialiste. Mieux vaut donc éviter d'utiliser ce type d'appareils «au moins une heure avant de se coucher».

Un constat particulièrement vrai chez les plus jeunes, relate André Melzer, psychologue des médias à l'Université de Luxembourg, qui juge que la multiplicité des applications et/ou la peur de la déconnexion expliquerait ainsi en partie ce phénomène.

«J'ai des insomnies depuis que je suis enfant»

Mais des problèmes plus globaux, comme l'insomnie et les apnées entrent également en compte, notamment pour Isabelle et Véronique, souffrant toutes deux depuis plusieurs années de ces maux.

«J'ai des insomnies depuis que je suis enfant. C'est toute ma vie en fait ! Mes parents ne s'inquiétaient pas de ça à l'époque», explique Véronique, 40 ans. Elle peut ainsi dormir parfaitement pendant six mois, puis ne plus pouvoir fermer l’œil pendant une longue période. «Je me réveille vers minuit et je ne dors plus», soupire-t-elle.

Ménage, repassage ou lecture, Véronique tente alors de s'occuper le plus silencieusement possible «pour ne pas réveiller toute la maisonnée», glisse-t-elle en souriant. «Je remercie grandement les applications de streaming musical! J'écoute un bruit blanc, qui me berce et m'aide à me rendormir».

La médecine appelée à la rescousse

La musique est également l'une des astuces d'Isabelle. Maman de quatre enfants, elle souffre d'insomnies depuis cinq ans. «La musique m'apaise beaucoup. J'essaie aussi d'être plus active la journée pour être fatiguée physiquement le soir», détaille-t-elle.

Mais son corps faiblit face au manque de sommeil. Fatigue physique, mentale, malaises, la jeune femme de 36 ans a bien du mal à faire face. Elle décide de se tourner vers une solution médicale. «Je prends du magnésium la journée et des décontractants le soir, ça m'aide».

Peur de la dépendance

Une béquille «chimique» que Véronique a également déjà tentée, même si elle avoue que les médecins ont eu du mal à prendre ses troubles au sérieux.

A bout de nerfs, elle teste des somnifères pendant plusieurs mois. Si les nuits sont régulières, l'effet des médicaments n'est pas celui escompté. «C'est magique mais on est dans le gaz toute la journée. J'avais du mal à me réveiller et j'étais vraiment dans un état vaseux», détaille-t-elle.

Très vite, la peur de la dépendance se fait ressentir et Véronique arrête son traitement, préférant se tourner vers la natation et la marche pour l'apaiser le soir.

Comment mieux dormir?

Si chacune de ces femmes multiplie les parades pour trouver le sommeil, le docteur Patrick Binda donne quelques conseils simples pour faciliter l'endormissement:

  • Eviter toutes les boissons contenant de la caféine
  • Eviter les dîners copieux et l'alcool
  • Pas de sport après 19 heures
  • Stopper les écrans au moins une heure avant le coucher
  • Avoir une chambre tempérée entre 18 et 20 degrés
  • Dès les premiers signes de fatigue, aller s'allonger

«La qualité du sommeil est essentielle. Ces troubles jouent un rôle crucial dans le développement ou l'aggravation de nombreuses pathologies comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète etc.», met en garde le spécialiste.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la Santé, un adulte doit dormir entre 7 et 9 heures pour être en forme.


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