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Les tristes chiffres records de la Stëmm vun der Strooss
Luxembourg 1 2 min. 02.04.2019

Les tristes chiffres records de la Stëmm vun der Strooss

Les tristes chiffres records de la Stëmm vun der Strooss

Photo: Shutterstock
Luxembourg 1 2 min. 02.04.2019

Les tristes chiffres records de la Stëmm vun der Strooss

Maurice FICK
Maurice FICK
En vingt-trois ans d'existence, jamais la Stëmm vun der strooss n'a présenté au sortir de l'hiver, des chiffres aussi alarmants. Jamais elle n'a comptabilisé autant de sans-abri ou de travailleurs pauvres et distribué autant de repas qu'en 2018.

Alors que l'Action hiver (on dit aussi «Wanteraktioun» - l'action humanitaire mise en place par le gouvernement depuis 2001 -) a officiellement pris fin le 31 mars, l'asbl Stëmm vun der Strooss va continuer à faire face aux demandes croissantes des populations qui vivent dans les rues de Luxembourg et Esch-sur-Alzette.

Car c'est «un problème qui est bien là toute l'année et tout le temps. Et ces gens-là, tout le monde le sait, on les voit dans la rue! Ce qui n'était pas le cas il y a dix ans au Luxembourg», sait bien Alexandra Oxacelay, directrice de la Stëmm vun der Strooss.

Un propos que l'association venant en aide aux plus défavorisés a décidé d'illustrer cette année en compilant ses statistiques (voir ci-dessous) mais aussi les images réalisées par Antonio, l'un de ses salariés qui travaille à l'accueil du plus grand restaurant social de la Stëmm à Luxembourg-Hollerich. D'origine portugaise, le quadragénaire a frôlé la rue de peu et reste persuadé que tout le monde peut un jour se retrouver contraint de dormir sur un banc.

En 2018, les deux sites d'accueil de la Stëmm dans la capitale, comme à Esch-sur-Alzette, ont servi un repas (pour 50 cents), offert une bonne douche et informé 5.154 personnes. Ce sont 2.373 personnes de plus que cinq ans auparavant.


Stëmm vun der Strooss, Les restaurants sociaux de la Stëmm (Foto: Alain Piron)
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Un phénomène que la directrice de la Stëmm explique par «l'augmentation de la pauvreté en général» dans un pays où le logement devient inabordable et où «les exigences sont très élevées».

Alexandra Oxacelay observe comment «de plus en plus de personnes de toutes les nationalités arrivent au Luxembourg dans l'espoir d'une vie meilleure mais ne retrouvent plus de travail et n'ont pas les diplômes requis. Nous avons tous les jours de nouveaux arrivants.»

Tous les sans-abri ne sont pas au chômage. Au contraire, il y a ceux qui travaillent, «ce sont les nouveaux pauvres qui cumulent les boulots ou qui travaillent en intérim mais qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts», raconte Alexandra Oxacelay.

En cinq ans, le nombre de repas servis au sein des restaurants sociaux de la Stëmm vun der Strooss de Hollerich et de Esch-sur-Alzette n'a jamais été aussi élevé. De 68.050 repas servis en 2017, la Stëmm est passé à 107.918 repas servis l'an passé.

Et la situation empire en ce début 2019. Fin janvier déjà, la directrice de la Stëmm tirait la sonnette d'alarme.

Au restaurant social de Hollerich, l'afflux est continu à l'heure du déjeuner. «Normalement à cette période de l'année, on sert entre 180 et 200 repas par jour. Là, on est à 50 repas de plus par jour depuis le début de l'année!», nous confiait la directrice de la Stëmm au 31 janvier 2019.



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