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Les tripartites «sidérurgie» et «aviation» au menu
Luxembourg 3 min. 05.10.2020

Les tripartites «sidérurgie» et «aviation» au menu

Semaine particulièrement chargée pour Patrick Dury et les syndicats.

Les tripartites «sidérurgie» et «aviation» au menu

Semaine particulièrement chargée pour Patrick Dury et les syndicats.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 05.10.2020

Les tripartites «sidérurgie» et «aviation» au menu

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Semaine chargée sur le front social. Une première réunion, mardi, concernera le devenir de quelque 570 salariés d’ArcelorMittal, alors que mercredi les employeurs de l'aéroport et les deux syndicats se retrouveront pour le troisième volet de la tripartite « aviation».

«Ne me demandez pas si je suis optimiste. Une tripartite n'est terminée que lorsqu'elle est signée.» Patrick Dury, le président du LCGB, se veut des plus pragmatiques à la veille de retrouver la table des négociations avec les représentants d'ArcelorMittal puis les trois plus gros employeurs de l'aéroport du Findel.

«Comme toujours dans ce cadre, notre objectif sera de limiter le nombre de personnes qui se retrouveront au chômage. D'autre part, nous allons pouvoir nous faire une idée davantage précise selon les investissements plus ou moins substantiels que le groupe sidérurgique va consentir sur les sites luxembourgeois», précise encore le dirigeant du syndicat chrétien-social.


An employee looks at coils of steel treated by galvanization are stored in the world's largest steel maker ArcelorMittal's "cold factory" of the northeastern France plant of Florange, on April 16, 2013. Usibor steel (weight savings and improved crashworthiness) are producted in the cold factory.   AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN
Premier tour de table sur l'avenir d'ArcelorMittal
Quatre jours après l'annonce, par la direction du numéro un mondial de l'acier, de la suppression potentielle de 578 emplois, partenaires sociaux et gouvernement se réunissent ce lundi à 16h30. Une réunion qui ne devrait toutefois pas aboutir à des annonces concrètes.

«Les syndicats sont bien conscients de l'impact de la crise sanitaire et de la situation mondiale du marché de l'acier, mais, dans ce contexte, je me dois aussi de rappeler que le groupe avait déjà programmé des départs sur ses sites de Belval et Differdange avant la crise», indique encore Patrick Dury.

Pour rappel, le sixième employeur du pays avait annoncé, à la suite de son conseil d'administration du 10 septembre, sa volonté de supprimer «environ 570 emplois», soit 15 % des effectifs, dans le cadre de «mesures d'économies», selon un communiqué officiel. Par après, à la mi-septembre, une première approche entre les représentants syndicaux, la direction et le gouvernement avait permis de mettre en place «un premier échange de vue», selon le ministre de l'Economie Franz Fayot (LSAP).

D'après les derniers chiffres disponibles, le groupe emploie 3.900 personnes au Grand-Duché, tendance à la baisse puisque au début des années 2000, le groupe était représenté par plus de 6.300 personnes.  

Pour ce qui est de la tripartite «aviation», les syndicats ont fait front commun. Pas question pour eux que Lux-Airport, LuxairGroup et Cargolux arrivent à la table des négociations en ordre dispersé. Mais dans son coin, le LCGB, avait tenu toutefois à organiser un piquet de protestation pour marquer l'inquiétude des salariés.

«Pour la première fois en dehors du secteur de la sidérurgie, nous demandons la mise en place d'une cellule de reclassement», signale un Patrick Dury bien conscient que «la crise aura des effets structurels sur le secteur alors même que de nombreux investissements sont prévus au Findel». Et pour le représentant syndical, «il sera important d'éviter les licenciements économiques, faire appliquer le principe de la préretraite, tout autant qu'appuyer la formation continue, notamment en raison de la part toujours grandissante de l'automatisation et de la digitalisation».

Pour mémoire, si Cargolux a profité en partie de la crise sanitaire, Luxair et LuxairTours ont été frappés de plein fouet avant de connaître un léger rebond en juillet-août selon Gilles Feidt, son CEO. Dans le détail, la compagnie aérienne de fret a limité la casse avec 426.000 tonnes transportées, contre 433.000 tonnes en 2019. Elle a joué un rôle-clé dans la livraison de l'hôpital militaire de campagne et du transport de masques et autres produits nécessaires. 

En termes de personnel, selon le Statec, Luxair emploie 2.950 personnes au Luxembourg, Cargolux 1.650 recrues et Lux-Airport 330.

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