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Les syndicats lancent un «SOS tripartite»
Luxembourg 3 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

Les syndicats lancent un «SOS tripartite»

Alors, notamment, que le Statec annonce une hausse de 29% des demandeurs d'emploi en 2020, OGBL, LCGB et CGFP demandent à être entendus (et pas seulement informés) par le gouvernement.

Les syndicats lancent un «SOS tripartite»

Alors, notamment, que le Statec annonce une hausse de 29% des demandeurs d'emploi en 2020, OGBL, LCGB et CGFP demandent à être entendus (et pas seulement informés) par le gouvernement.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

Les syndicats lancent un «SOS tripartite»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
OGBL, LCGB et CGFP craignent que le dialogue social ne fasse les frais de la crise du covid-19. Et même si, mercredi, ils rencontrent le Premier ministre, c'est bien un comité à trois (gouvernement, syndicats, patronat) qu'ils ont à nouveau réclamé lundi matin.

Le coronavirus rendrait-il sourd? Les organisations syndicales luxembourgeoises vont finir par le penser. En tout cas pour ce qui concerne le gouvernement. En effet, celui-ci semble ne pas entendre leurs pressions à réunir la tripartite, demande maintes fois formulée ces dernières semaines. Aussi, les trois forces représentatives des salariés du pays haussent-elles le ton:  «Nous ne voulons pas que le Premier ministre nous informe, mais qu'il nous consulte», résume la présidente de l'OGBL, Nora Back.

Lundi matin, entourée de ses homologues du LCGB et de la CGFP, la responsable syndicale l'a réaffirmé : «Le gouvernement a d'abord dû gérer une situation d'urgence sanitaire et déclarer un état d'urgence auquel nul ne s'attendait. Maintenant, il n'est plus seulement question de régler le présent mais bien l'avenir socio-économique du pays, et à ce titre il faut que le gouvernement se rapproche autant des syndicats que du patronat. Pas chacun son tour, mais tous ensemble». En résumé, pas comme Xavier Bettel (DP) entend le faire ce mercredi 10 mai avec une bipartite au château de Senningen... 


Politik, Parlament, Corona, Staatsminister Xavier Bettel betritt den Cercle Cité  zur Bekanntgebung zur Lockerung der Quarantänebestimmungen, mit Maske, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Le «ni oui ni non» de Xavier Bettel
Interrogé une nouvelle fois sur ses intentions de convoquer une tripartite pour répondre aux difficultés économiques engendrées par la crise sanitaire, le Premier ministre botte en touche, assurant que d'autres moyens ont d'ores et déjà été mis en oeuvre.

Houleuse début mai, puis en mode "détente cordiale" au terme de deux rencontres, l'ambiance semble se tendre donc à nouveau à l'approche de ce rendez-vous. Et Patrick Dury (LCGB) n'est pas le moins remonté : «Maintenant, il nous faut une date et un ordre du jour pour une tripartite, point. Ce n'est pas une rencontre pour critiquer l'action gouvernementale, mais pour avancer des idées pour une sortie de crise socialement juste.»

La date d'un tour de table pour la mi-juillet se murmure; il faut que le rendez-vous «un, soit confirmé; deux, soit rapproché si possible car il y a urgence». D'autant que des propositions à discuter ou valider, les trois syndicats en ont plein la besace. A l'image de ce qu'a déjà avancé la Chambre des salariés d'ailleurs. Plus de souplesse dans le futur du chômage partiel, mesures de garantie du pouvoir d'achat, instauration de travaux d'utilité publique rémunérés, modalités d'échange de main-d'oeuvre entre entreprises, consultation des organismes paritaires autour des projets de loi covid, aides suspendues en cas de non-maintien dans l'emploi, la liste est encore longue.

Surtout des dispositifs d'aide aux entreprises  

«Il y a aussi tout ce qui concerne le télétravail, ajoute Romain Wolf, pour la Confédération générale de la fonction publique. On a vu les possibilités offertes par ce mode, mais comment adapter le code du travail? Quels métiers ou administrations pourraient l'adopter plus encore. Quid du cas des frontaliers? Ce sont quand même bien des questions qui demandent l'avis d'une tripartite.»

Pour Nora Back et ses partenaires, il est temps que le gouvernement luxembourgeois retrouve donc un peu d'ouïe. En tout cas perçoive aussi les idées émises par les syndicats. Parce que même s'ils ne sont guère discutables globalement, le Plan de stabilisation d'abord puis le Plan de relance "Neistart Lëtzebuerg" sont surtout des dispositifs d'aide aux entreprises. Entreprises que le Premier ministre et certains de ses ministres ont pris le temps de consulter. Il nous tarde donc de faire aussi entendre notre point de vue dans la défense des intérêts des salariés pour les décisions à venir.» Début de réponse mercredi.

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