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Les syndicats (enfin) reçus à la table de Bettel
Luxembourg 3 min. 13.05.2020 Cet article est archivé

Les syndicats (enfin) reçus à la table de Bettel

Le Premier ministre devra faire face aux reproches des syndicats qui lui reprochent d'aller socialement trop loin, et sans concertation.

Les syndicats (enfin) reçus à la table de Bettel

Le Premier ministre devra faire face aux reproches des syndicats qui lui reprochent d'aller socialement trop loin, et sans concertation.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 3 min. 13.05.2020 Cet article est archivé

Les syndicats (enfin) reçus à la table de Bettel

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le Premier ministre a dû sentir qu'il était temps d'accorder audience aux syndicats du pays. Ainsi, OGBL, CGFP et LCGB qui se plaignaient d'un «gouvernement faisant cavalier seul» seront reçus ce jeudi 14 mai au château de Senningen.

«Ce gouvernement nous tourne le dos». «La demande d'une convocation rapide d'une réunion tripartite a été ignorée par un silence glacial». «Les lettres adressées restent sans réponse». Pas de doute à lire le communiqué -exceptionnellement- signé des trois syndicats majoritaires du pays, le torchon brûle entre le gouvernement d'un côté, et de l'autre l'OGBL, le LCGB et la CGFP. Brûle ou brûlait. Car sentant les flammes de la colère sociale, le Premier ministre a brusquement décidé d'ouvrir sa porte aux représentants des trois formations. 

La rencontre aura lieu ce jeudi après-midi, avec comme unique objet : «l’impact économique et sociétal de la crise Covid-19». Il est vrai que depuis quelques semaines, de l'avis des trois syndicats, le gouvernement avance sans se soucier du dialogue social. Un cavalier seul dénoncé aussi bien sur les conditions de la rentrée scolaire à venir que sur ce prolongement de la semaine de 60 heures (discrètement) adopté en conseil de gouvernement. 


Au-delà des secteurs essentiels (comme les commerces alimentaires), le dispositif a été étendu notamment au domaine de la construction et de l'artisanat.
Les 60 heures de travail par semaine refont surface
Les syndicats croyaient l'idée abandonnée, mais, au contraire, le gouvernement vient d'élargir le champ de la mesure permettant aux entreprises de demander à leurs salariés de travailler 12h par jour.

Si la fin d'année, avait vu l'union sacrée des syndicats face au patronat refusant de siéger pour la tripartite, ce premier semestre aurait pu voir se lever un même front commun mais contre le Premier ministre DP et sa coalition LSAP-Déi Gréng cette fois.

Le ton du communiqué commun, paru mardi, était clair à ce sujet : «Le gouvernement est averti : CGFP, la LCGB et l'OGBL refusent d'accepter une restriction à long terme des droits et libertés syndicaux. Ils ne permettront pas que la loi sur les pandémies soit utilisée comme excuse pour annuler des acquis sociaux et démocratiques durement acquis».

Xavier Bettel aura sans doute mésestimé l'importance du dialogue social. Cela malgré ses belles paroles sur le sujet à la tribune de la Chambre, mi-avril. Tout comme son opposition, CSV en tête, lui reprochait il y a peu de faire peu de cas de l'avis des parlementaires. Après l'action dans l'urgence, liée à la crise épidémique, il semble temps de reprendre le cours normal des relations avec les représentants des salariés comme ceux des électeurs. 

Ecouter, expliquer

L'émotion, la précipitation, et la solitude du pouvoir étant rarement bonnes conseillères, Xavier Bettel va donc sans doute écouter ce qu'ont à lui dire les syndicats. Aussi bien sur les régimes d'aides en place, ceux à prolonger ou ceux à inventer. Mais il faudra aussi au chef du gouvernement faire oeuvre de pédagogie pour démontrer tout l'intérêt de la "loi covid-19" qu'il compte faire adopter rapidement.

Sinon? Sinon, LCGB, CGFP et OGBL ont déjà agité le bâton avec lequel ils cogneront : «Le gouvernement s'attirera non seulement le ressentiment de tout le front syndical. Mais soudainement, chaque citoyen se rendra compte que les nombreux appels à la solidarité de cette coalition n'étaient que les instruments d'une campagne de relations publiques intéressée».

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