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Les syndicats attendent une fin de boycott
Luxembourg 3 min. 05.11.2019

Les syndicats attendent une fin de boycott

OGBL, LCGB et CGFP sont déterminés à défendre «le modèle social luxembourgeois».

Les syndicats attendent une fin de boycott

OGBL, LCGB et CGFP sont déterminés à défendre «le modèle social luxembourgeois».
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 3 min. 05.11.2019

Les syndicats attendent une fin de boycott

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Face au refus du patronat de dialoguer avec les partenaires sociaux, OGBL, LCGB et CGFP s'unissent pour défendre le «modèle social luxembourgeois». Salariés du public comme du privé sont invités à défiler le 19 novembre mais pour se faire entendre de qui: l'UEL ou l'Etat?

«Attitude irresponsable», pour André Rœltgen, président de l'OGBL. «Une méthode d'un autre temps», selon Romain Wolff, responsable du syndicat de la fonction publique CGFP. «Une position contre-productive», à croire Patrick Dury, responsable national du LCGB. Le ton était ferme, ce mardi, à l'heure pour les représentants de qualifier le choix de l'UEL de quitter le Comité permanent du travail et de l'emploi (CTPE). Le 18 septembre dernier, l'Union des entreprises avait en effet fait savoir qu'elle se retirait de cette structure de négociations sociales. Du jamais-vu.

Deux mois ont passé, et «la stratégie du boycott» exprimée par le patronat, n'est toujours pas avalée par les trois syndicats. En appelant l'ensemble des salariés publics comme privés à se retrouver, mardi 19 novembre pour une «grande manifestation de protestation», OGBL, LCGB et CGFP entendent marquer de façon visible leur opposition au choix de l'UEL et son président Nicolas Buck. 


Wirtschaft,CdP Fedil,Nicolas Buck,Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Le dialogue social à la sauce patronale
Cette fois, le dialogue social entre le patronat luxembourgeois et les syndicats est bien rompu. L'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) propose une nouvelle façon d'avancer en obligeant le ministre du Travail à prendre ses responsabilités.

Pour le trio syndical, en claquant la porte des rencontres tripartites organisées par le gouvernement, le patronat «attaque clairement le modèle social luxembourgeois». Celui fait de dialogues plutôt que de conflits, d'accords négociés plutôt que de bras de fer tendus. «Après, quel tour  va nous jouer l'UEL?  

A l'heure où le Premier ministre Xavier Bettel appelle à un «dialogue social revitalisé» dans son discours sur l'état de la Nation, l'attitude de l'Union des entreprises relèverait donc de «l'affront» pour reprendre le terme d'André Rœltgen.


50 Jahre CGFP, Itw Romain Wolff / Präsident, Foto Lex Kleren
«Le travail est surtaxé par rapport au capital»
Sur les ondes de RTL, Romain Wolff a livré ses sentiments au sujet des difficiles rapports entre les syndicats et le patronat. Le président de la Confédération générale de la fonction publique (CGFP) a aussi donné son avis sur la prochaine réforme fiscale.

Deux mois après ce coup de tonnerre, rien n'a pourtant bougé parmi les trois partenaires du Comité permanent du travail et de l'emploi. D'un côté, un patronat décidé à ne pas bouger. De l'autre, des organisations entendant montrer qu'elles «représentent bien les forces vives de la Nation». Et puis, enfin, le gouvernement pour l'heure peu audible sur la bataille. Aucun mot officiel du ministre du Travail Dan Kersch (LSAP), aucune nomination de médiateur: «L'Etat est le troisième acteur de ce Comité et il doit clairement se positionner», encourage Patrick Dury.

Des sujets à régler

Alors à qui s'adresse réellement le message qui sera envoyé lors de cette mobilisation du 19 novembre? «Nous n'avons qu'une cible: le patronat», répond avec fermeté le représentant du LCGB à qui en douterait. A l'heure de négocier le contexte social du Luxembourg de demain, les syndicats veulent que l'UEL revienne discuter. Avenir de l'index, contrats de travail autour de la digitalisation, droit à la préretraite pour les métiers pénibles, accès à la formation continue (notamment via l'extension du compte épargne-temps à l'ensemble des employés); droit à la déconnexion, danger de la précarisation des emplois: les sujets à régler ne manquent pas.

Mais si la manifestation unitaire est désormais placée dans le calendrier, il est une date encore inconnue. Celle de la prochaine rencontre du Comité permanent du travail et de l'emploi. Le gouvernement l'avait fixée début décembre, mais pour les syndicats pas question de se réunir s'il manque un partenaire autour de la table.


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Politik, CGFP, LCGB, OGBL Protestkundgebung, Boycott Patronal du Dialogue Social, Wolff Romain, Patrick Dury et André Roeltgen   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
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