Les syndicats attendent une fin de boycott
Les syndicats attendent une fin de boycott
«Attitude irresponsable», pour André Rœltgen, président de l'OGBL. «Une méthode d'un autre temps», selon Romain Wolff, responsable du syndicat de la fonction publique CGFP. «Une position contre-productive», à croire Patrick Dury, responsable national du LCGB. Le ton était ferme, ce mardi, à l'heure pour les représentants de qualifier le choix de l'UEL de quitter le Comité permanent du travail et de l'emploi (CTPE). Le 18 septembre dernier, l'Union des entreprises avait en effet fait savoir qu'elle se retirait de cette structure de négociations sociales. Du jamais-vu.
Deux mois ont passé, et «la stratégie du boycott» exprimée par le patronat, n'est toujours pas avalée par les trois syndicats. En appelant l'ensemble des salariés publics comme privés à se retrouver, mardi 19 novembre pour une «grande manifestation de protestation», OGBL, LCGB et CGFP entendent marquer de façon visible leur opposition au choix de l'UEL et son président Nicolas Buck.
Pour le trio syndical, en claquant la porte des rencontres tripartites organisées par le gouvernement, le patronat «attaque clairement le modèle social luxembourgeois». Celui fait de dialogues plutôt que de conflits, d'accords négociés plutôt que de bras de fer tendus. «Après, quel tour va nous jouer l'UEL?
A l'heure où le Premier ministre Xavier Bettel appelle à un «dialogue social revitalisé» dans son discours sur l'état de la Nation, l'attitude de l'Union des entreprises relèverait donc de «l'affront» pour reprendre le terme d'André Rœltgen.
Deux mois après ce coup de tonnerre, rien n'a pourtant bougé parmi les trois partenaires du Comité permanent du travail et de l'emploi. D'un côté, un patronat décidé à ne pas bouger. De l'autre, des organisations entendant montrer qu'elles «représentent bien les forces vives de la Nation». Et puis, enfin, le gouvernement pour l'heure peu audible sur la bataille. Aucun mot officiel du ministre du Travail Dan Kersch (LSAP), aucune nomination de médiateur: «L'Etat est le troisième acteur de ce Comité et il doit clairement se positionner», encourage Patrick Dury.
Des sujets à régler
Alors à qui s'adresse réellement le message qui sera envoyé lors de cette mobilisation du 19 novembre? «Nous n'avons qu'une cible: le patronat», répond avec fermeté le représentant du LCGB à qui en douterait. A l'heure de négocier le contexte social du Luxembourg de demain, les syndicats veulent que l'UEL revienne discuter. Avenir de l'index, contrats de travail autour de la digitalisation, droit à la préretraite pour les métiers pénibles, accès à la formation continue (notamment via l'extension du compte épargne-temps à l'ensemble des employés); droit à la déconnexion, danger de la précarisation des emplois: les sujets à régler ne manquent pas.
Mais si la manifestation unitaire est désormais placée dans le calendrier, il est une date encore inconnue. Celle de la prochaine rencontre du Comité permanent du travail et de l'emploi. Le gouvernement l'avait fixée début décembre, mais pour les syndicats pas question de se réunir s'il manque un partenaire autour de la table.
