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Les stages rémunérés, «une mesure contreproductive»?
Luxembourg 2 min. 26.11.2019 Cet article est archivé

Les stages rémunérés, «une mesure contreproductive»?

Selon l'UEL, l'impact des stages rémunérés sur les finances des entreprises devrait être limité

Les stages rémunérés, «une mesure contreproductive»?

Selon l'UEL, l'impact des stages rémunérés sur les finances des entreprises devrait être limité
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 26.11.2019 Cet article est archivé

Les stages rémunérés, «une mesure contreproductive»?

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Selon la Fedil, le projet de loi visant à renchérir le coût des stages en entreprises n'est pas un signe encourageant. Le propos est plus nuancé tant du côté de l'UEL, que des associations d'étudiants.

«Une mesure contreproductive» pour l'économie et qui ne serait «pas un signe encourageant» pour les entreprises. Michèle Detaille, présidente de la Fedil, ne mâche pas ses mots à l'évocation de l'obligation prochaine faite aux entreprises de rémunérer les élèves et étudiants stagiaires.

Une mesure destinée à la fois à pallier un vide juridique mais aussi à moderniser la législation en la matière datant de 1982. Ce texte qui introduit une rémunération variant entre 40% et 75% du salaire minimum non qualifié, en fonction de l'âge du stagiaire, pourrait entrer en vigueur courant 2020.

Pour celle qui est également la directrice générale d'Alipa Group, cette législation, outre une surcharge financière, représente également «un investissement en temps» et nécessite «des démarches administratives» de la part de l'entreprise. De nouvelles contraintes que la présidente de la Fedil se garde bien de chiffrer.

Dans les faits, beaucoup de stages étaient déjà rémunérés par le passé

Si Michèle Detaille assure que cette mesure engendre de réelles «craintes du patronat», le son de cloche est bien différent du côté de l'UEL, partie prenante dans l'élaboration du projet de loi. «Il est difficile, à ce stade, de déterminer si cette mesure engendrera des surcoûts au sein des entreprises», déclare de son côté Jean-Paul Olinger, le directeur de l'organisation patronale, qui précise n'avoir à ce jour «pas eu vent directement de la moindre récrimination.»

D'avis que l'impact de la future nouvelle loi devrait être limité, «puisque dans les faits, beaucoup de stages étaient déjà rémunérés par le passé», Jean-Paul Olinger consent qu'un souci pourrait poindre «dans les secteurs d'activité moins productifs», où des entreprises pourraient «réfléchir à deux fois avant de prendre un stagiaire.»


Un projet de loi rend obligatoire les rémunérations des stages en entreprise.
Les stages en entreprise seront rémunérés
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Pour Nadja Poensgen, vice-présidente de l'ACEL, ce sont typiquement «les entreprises à vocation sociale» qui se montreraient plus frileuses. Cette considération n'empêche pas la représentante des étudiants de se féliciter de ce compromis dégagé fin mai et «avec lequel tout le monde peut vivre.»

Pour rappel, ce texte a pour but de faciliter les premiers pas des jeunes adultes dans le monde du travail, par le biais d'une expérience professionnelle.


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