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Opinion

Les soignants n'ont plus les mots

25.11.2021

Face au déni de certains sur la dangerosité du virus, face aux reproches des autres sur la vaccination, face à tous les "anti-" mais aussi face à leur fatigue après quatre vagues d'infections, les personnels de santé du pays ont marqué, ce jeudi, une minute de silence.

Le covid progresse. En silence.
Le virus a tué et tue encore. En silence. 862 fois depuis mars 2020.
Les opposants aux choix sanitaires manifestent, depuis cinq marches blanches, eux aussi en silence.
Depuis ce jeudi, c'est au tour des soignants du Luxembourg de faire passer leur message. Sans mot dire, sans slogan à crier. Juste rassembler sous le hashtag #Yeswecare
Ainsi, devant la très grande majorité des établissements de santé, infirmiers, médecins, spécialistes, aide-soignants, anesthésistes et les mille et un métiers impliqués dans la prise en charge des malades de l'infection et responsables de la bonne forme de toute la population se sont réunis. En silence.


Emergency Room staff, 118 medical staff, nurses and doctors demonstrate against staffing shortage issues and the choices on the management of the Italian National Health Service (I.S.S.) during the Covid-19 pandemic in central Rome, on November 17, 2021. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)
Les soignants appellent à une minute de silence
Face au déni montant sur la réalité de l'épidémie, un mouvement initié par des personnels médicaux veut dénoncer l'aveuglement de certains sur les risques pour la santé publique mais aussi la fatigue des équipes hospitalières. Une minute de silence sera organisée ce jeudi 25 novembre.

 Au CHL, à l'hôpital du Kirchberg et partout dans le pays, à 13h30, le rassemblement a débuté. Que des soignants, résidents ou frontaliers, qui ont d'ores et déjà décidé de reconduire leur minute de silence dans deux semaines, le 2 décembre donc. Les soignants descendant dans la rue, à la porte de leur établissement, au même rythme des opposants qui se regroupent lors des marches blanches. 

Et alors que, la semaine dernière, la ministre de la Santé regrettait que l'on n'applaudissent plus celles et ceux qui sont en première ligne face aux conséquences de l'épidémie, une solidarité semble renaître dans le pays du mouvement lancé par l'anesthésiste Marco Klopp. Ainsi par exemple, dans leur nouvelle caserne à Gasperich ou en différents centres sur le territoire, les pompiers du CGDIS se sont ralliés au mouvement. Dans deux semaines, d'autres habitants, salariés, familles devraient sans doute se joindre à cette minute de silence. Soixante secondes sans une phrase mais tellement à dire.

Il y a un an déjà, alors que l'épidémie reprenait de plus belle, déjà la fédération des hôpitaux du Luxembourg avait lancé un SOS à la population. Face à la pression des prises en charge de cas covid en soins normaux ou intensifs, un appel à la raison, au respect des gestes barrières, à bien veiller aux règles de distanciation sociale. Onze mois plus tard, les mêmes consignes pourraient être répétées avec, en plus, un encouragement à la vaccination. Première, deuxième ou troisième : chaque dose comptera pour redonner une respiration aux soignants.




  • Vidéo : Sibila Lind / Christophe Olinger 

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