Changer d'édition

Les salariés aimeraient travailler 8h de moins par semaine
Luxembourg 3 min. 26.07.2022
Emploi

Les salariés aimeraient travailler 8h de moins par semaine

De plus en plus de travailleurs souhaitent que leur temps de travail soit réduit.
Emploi

Les salariés aimeraient travailler 8h de moins par semaine

De plus en plus de travailleurs souhaitent que leur temps de travail soit réduit.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 26.07.2022
Emploi

Les salariés aimeraient travailler 8h de moins par semaine

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Selon des données compilées par la Chambre des salariés, plus de 43% des employés luxembourgeois souhaitent passer moins de temps au boulot.

Travailler moins, tel est le souhait de plus en plus de salariés au Luxembourg. Cette tendance a fortement augmenté entre 2018 et 2021, selon les données de la Chambre des salariés (CSL) issues des enquêtes «Quality of Work Index». 


Après le DP, c'était au tour du LSAP de faire le bilan de son année parlementaire.
Une étude sur la réduction du temps de travail
Le ministre du Travail et de l'Emploi Georges Engel (LSAP) entend fournir des données objectives afin de débattre sur la possibilité de réduire le temps de travail au Luxembourg.

Il y a quatre ans, la proportion de travailleurs souhaitant réduire leur temps de travail était de 32,8%. Elle est passée trois ans plus tard à 43,7%. Le souhait de réduire son temps de travail est plus marqué chez les salariés à temps plein que chez ceux qui occupent un poste à temps partiel. 

En moyenne, les salariés qui aimeraient réduire leur temps de travail souhaiteraient travailler 8 heures de moins par semaine. Mais le temps de travail souhaité est différent selon le genre. Ainsi, les hommes indiquent toujours un temps de travail souhaité plus élevé que les femmes.

Moins de travail plus l'âge avance

Selon les données compilées par la CSL, la part de salariés qui aimeraient travailler plus que la durée du travail hebdomadaire prévue dans leur contrat reste stable (de 10,3% en 2018 à 12,4% en 2021). Parmi ces travailleurs, on retrouve notamment des personnes occupant des postes de supérieur hiérarchique.

Quant à la proportion de travailleurs qui estiment travailler juste ce qu'il faut, elle a chuté assez fortement, passant de 56,9% en 2018 à 43,9% en 2021.

Le temps de travail souhaité varie également selon la catégorie à laquelle les salariés appartiennent. «Ce sont surtout les salariés les plus âgés qui souhaitent en moyenne la durée de travail hebdomadaire la plus courte», indique la CSL dans son étude.

D'autres facteurs influent par ailleurs sur le désir de passer plus ou moins de temps au bureau. Les salariés qui souhaiteraient travailler moins ont tendance à faire état de plus mauvaises conditions de travail et d'un niveau de bien-être plus faible. 

Un sujet qui fait débat

En publiant ces données chiffrées, la Chambre des salariés veut apporter de l'eau au moulin au débat sur la réduction du temps de travail. Le sujet s'est invité sur la table depuis quelque temps déjà et sera sans nul doute l'un des enjeux des prochaines élections. La question en tout cas ne laisse pas indifférent. Récemment, une pétition réclamant 35 heures de travail par semaine a cartonné. Le ministre du Travail lui-même a indiqué que la mise en œuvre d'une réduction du temps de travail devait être débattue. Il a commandé une étude sur le sujet, destinée à alimenter les débats. Le patronat de son côté se montre plutôt frileux sur la question. 

Du côté du monde politique, Claude Wiseler, le président du CSV, se prononce clairement contre une mesure de réduction du temps de travail, qui viendrait encore aggraver le problème de pénurie de main-d'œuvre selon lui. Les députés déi Lénk ont quant à eux réclamé une telle mesure lors de la présentation de leur bilan parlementaire.

Mais pour la Chambre des salariés, réduire le temps de travail comporte plusieurs avantages, à commencer par une meilleure qualité de vie des travailleurs. La mesure serait également positive pour l'environnement et présenterait dans certains cas des effets positifs sur le taux de chômage et sur les performances économiques. Autant d'arguments qui doivent inciter, selon la CSL, à considérer sérieusement la question.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

À l'aube du retour massif en présentiel des travailleurs frontaliers, des employés de plusieurs entreprises du secteur financier luxembourgeois évoquent des craintes quant à un manque de place dans les bureaux, certains ayant été réduits durant la crise sanitaire.
Quel est l'impact de la crise ukrainienne sur le marché du travail, quelle est sa position sur l'OGBL et quels sont les objectifs électoraux du LSAP ? C'est ce que nous avons demandé au ministre du Travail Georges Engel (LSAP).
IPO , ITV Georges Engel , Arbeitsminister , LSAP , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
La pandémie qui perdure affecte la santé mentale des travailleurs, selon le «Quality of Work Index 2021». L'étude montre aussi que le home office a peu d'influence sur la qualité du travail.