Changer d'édition

Les réseaux 2G et 3G n'ont pas fini d'émettre
Luxembourg 3 min. 09.02.2021 Cet article est archivé

Les réseaux 2G et 3G n'ont pas fini d'émettre

Au Grand-Duché, les premières concessions 2G sont encore valables jusqu'en...2027. Et c'est loin d'être inutile.

Les réseaux 2G et 3G n'ont pas fini d'émettre

Au Grand-Duché, les premières concessions 2G sont encore valables jusqu'en...2027. Et c'est loin d'être inutile.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 09.02.2021 Cet article est archivé

Les réseaux 2G et 3G n'ont pas fini d'émettre

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En place depuis octobre au Luxembourg, la technologie 5G ne chasse pas ses aînées du spectre émis. Il est vrai que de nombreux usagers dépendent encore des anciennes fréquences au débit plus limité.

Voilà plusieurs années que Proximus, Orange ou Post ont cessé d'investir massivement dans leurs équipements 2G et 3G. Et plus le temps passe, et moins ces réseaux sont employés notamment dans l'accès à internet des téléphones mobiles. Mais pas question de démanteler ces émetteurs au Luxembourg. Le ministre des Communications, Xavier Bettel (DP) vient de le rappeler au député écologiste Marc Hansen qui l'interrogeait à ce sujet. 


La 5G rapportera 41,3 millions d'euros à l'Etat
Lancées mi-juillet, les enchères pour l'attribution des fréquences de communication ultra-rapides ont suscité les appétits des opérateurs. Au final, quatre sociétés ont vu leur offre de loyer retenue par l'Institut luxembourgeois de régulation. Joli pactole.

Car même si la téléphonie mobile vient de passer à la technologie 5G (en octobre dernier), les anciennes fréquences sont loin d'être sous-employées. Bien trop réduites en efficacité pour permettre de suivre un film en streaming sur son portable, elles restent indispensables pour nombre d'usages. Par exemple, les réseaux 2G et 3G restent ainsi sollicités pour la transmission des appels vocaux, notamment pour les communications en roaming provenant de l'étranger.  

Les anciennes fréquences restent aussi sollicitées par nombre de services installés ici ou là dans le pays. Comme les terminaux d'appel d'urgence dans de nombreux ascenseurs mais aussi des lecteurs de cartes bancaires, des systèmes SOS pour automobilistes en détresse ou des dispositifs d'alerte incendie ou intrusion reliés à des standards. Aussi, tant que la 4 ou la 5G n'auront pas été installées pour ce type d'usages, difficile d'imaginer les opérateurs se séparer de leurs antennes 2G et 3G.

Pour Marc Hansen, l'opération aurait pourtant fait sens. Le député Déi Gréng voyait déjà d'un bon œil que le pays en termine avec cet «empilement» de diverses générations de réseaux et d'émetteurs. Et cela, selon lui, «dans une logique de minimisation de l’empreinte environnementale» (moins de consommation électrique) ou de réduction globale de l’exposition aux rayonnements radioélectriques. Ce vœu ne se réalisera pas tout de suite donc.

Quand alors? Pour le ministre des Communications, la réponse est pas avant 2023. Contrat oblige en fait, comme l'explique Xavier Bettel. «Les premières fréquences 800/900 et 1.800 MHz ont été attribuées en 2012, pour une durée d'exploitation de 15 ans.» En attendant le terme de l'accord passé, Post, Proximus et Orange sont libres d'employer ces réseaux à leur guise. Pour la bande 2.100 MHZ, louée depuis 2016, la concession a même été accordée pour 16 ans. Il est donc question cette fois de 2033...


La 5G devient «une question de civilisation»
Ce n'est ni la compétitivité, ni la cybersécurité qui préoccupent Jean Huss à l'aube de l'introduction de la cinquième génération des standards pour la téléphonie mobile. L'ancien eurodéputé Vert stigmatise les impacts sociétaux que la transition technologique pourrait induire.

Sauf que l'évolution technologique aidant (et notamment le besoin de données vite accessibles sur mobile), les professionnels de la téléphonie seront sans doute amenés à anticiper la fermeture de leurs anciens réseaux.

Mais, comme l'indique encore Xavier Bettel, seuls les opérateurs sont maîtres de leur «propre plan de migration». A l'image de ce qui passait pour l'arrivée de la 5G au Grand-Duché pour le déploiement des émetteurs adéquats.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Quatre mois après un débat à la Chambre sur la 5G, les fournisseurs de réseau s'attèlent à équiper les installations luxembourgeoises malgré les réticences. D'ici 2024, 90% du territoire devrait être couvert par cette nouvelle génération de standards téléphoniques.
Présentée comme nécessaire par le gouvernement, cette technologie génère des inquiétudes auprès du grand public. Au point qu'une pétition a recueilli 7.272 signatures, ouvrant ainsi le débat ce mardi après-midi à la Chambre des députés. Explications en cinq points.
La transition vers la diffusion en norme «DAB+» (pour Digital Audio Broadcasting) est en marche. Si le déploiement d'un multiplexe numérique est envisagé pour le printemps 2021, les travaux préparatoires sont désormais entamés.
Lancées mi-juillet, les enchères pour l'attribution des fréquences de communication ultra-rapides ont suscité les appétits des opérateurs. Au final, quatre sociétés ont vu leur offre de loyer retenue par l'Institut luxembourgeois de régulation. Joli pactole.
A l'occasion de la «Luxembourg 5G Conference», le Premier ministre Xavier Bettel s'est engagé à respecter le calendrier européen concernant la mise en place du réseau mobile de cinquième génération.
Wirtschaft, 5G, digital Luxembourg,  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort