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Les raisons de la fermeture temporaire de la maternité
Luxembourg 5 min. 05.04.2022 Cet article est archivé
Soins de santé à Ettelbruck

Les raisons de la fermeture temporaire de la maternité

Il faut maintenant des réponses rapides et innovantes et non plus de longues discussions pour savoir comment la maternité du CHdN peut être prise en charge sur le plan néonatal.
Soins de santé à Ettelbruck

Les raisons de la fermeture temporaire de la maternité

Il faut maintenant des réponses rapides et innovantes et non plus de longues discussions pour savoir comment la maternité du CHdN peut être prise en charge sur le plan néonatal.
Photo: dpa
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Soins de santé à Ettelbruck

Les raisons de la fermeture temporaire de la maternité

La maternité du CHdN ferme provisoirement ses portes. Le problème est pourtant connu depuis longtemps.

(tb avec Annette Welsch) Cela a fait l'effet d'une bombe dans le Nord : depuis lundi, la maternité d'Ettelbruck est temporairement fermée. C'est ce qu'a annoncé dimanche soir le conseil d'administration du Centre hospitalier du Nord (CHdN).


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Il n'y aura plus de naissance à Ettelbruck pour le moment
En raison d'un manque de personnel, la maternité du CHdN est fermée jusqu'à nouvel ordre.

Cette décision a été prise en réponse à la demande des anesthésistes et des gynécologues de se mettre en conformité avec la loi hospitalière de 2018. En effet, suite à un manque temporaire de médecins spécialistes, le bon fonctionnement de la maternité n'était plus garanti.

Les anesthésistes avaient fait pression sur l'hôpital en exigeant qu'une solution conforme à la loi sur les hôpitaux soit trouvée au plus tard le 31 mars et que des pédiatres soient disponibles. 

En effet, la loi exige pour une maternité qui compte moins de 1.500 naissances par an que des gynécologues et des anesthésistes soient disponibles 24 heures sur 24 pour les soins aux femmes enceintes et aux parturientes, ainsi que des pédiatres pour les nouveau-nés sur appel. Ils doivent être présents «dans des délais compatibles avec l'impératif de sécurité». 

En 2014 déjà, un scandale avait éclaté

Le problème est connu depuis longtemps. A Luxembourg-Ville, avec le seul service de néonatologie officiel au CHL ainsi que celui toléré aux Hôpitaux Robert Schuman au Kirchberg, des médecins spécialisés pour les nouveau-nés - appelés néonatologues - sont disponibles pour l'obstétrique. La maternité du CHdN, mais aussi celle du Centre Hospitalier Emile Mayrisch (CHEM) à Esch-sur-Alzette, dépendent en revanche des pédiatres qui, en plus de leur pratique, sont prêts à assurer des gardes à l'hôpital. Ils n'y sont pas obligés par la loi. 

Depuis plusieurs années, les pédiatres installés, et pas seulement dans le nord du pays, font savoir qu'ils ne peuvent et ne veulent pas assurer ce type de soins. En novembre 2014 déjà, ils ont provoqué des remous en annonçant leur intention de mettre fin aux services de garde au CHdN et au CHEM au 31 décembre. 

Ce sont des problèmes qui ne se résolvent pas du jour au lendemain.

Paulette Lenert

A l'époque, l'état d'urgence en matière de soins pédiatriques avait déjà été signalé. Mais une solution fondamentale pour que les nouveau-nés puissent être pris en charge 24 heures sur 24 et en temps réel par des médecins spécialisés dans ce domaine dans tout le pays a été repoussée. 

800 naissances par an

La maternité d'Ettelbruck enregistre environ 800 naissances par an. Jusqu'à présent, les gynécologues envoyaient les grossesses à risque au CHL pour accoucher, et en cas d'urgence, le SAMU néonatal intervenait : en moyenne deux fois par mois, des femmes enceintes ou des mères avec leur nouveau-né étaient ainsi transportées au CHL en présence d'un néonatologue. Mais il peut aussi arriver qu'une parturiente à risque se présente à la maternité avec des contractions et qu'il n'y ait alors plus le temps de transférer l'enfant in utero. 

Les anesthésistes peuvent alors assurer les premiers soins d'un nouveau-né en cas d'urgence, mais ils ne peuvent pas assurer les soins intensifs comme les néonatologues ou ne sont pas formés pour décider quand un nouveau-né a besoin de soins intensifs. À cela s'ajoutent les situations où l'anesthésiste doit s'occuper à la fois de la mère et du nouveau-né lorsqu'aucun pédiatre n'est disponible. 

«Nous admettons que c'est un risque potentiel et que ce n'est pas conforme à la loi. Il est évident qu'une solution doit être trouvée le plus rapidement possible pour pouvoir offrir les meilleurs soins possible, non seulement dans le Nord, mais aussi au niveau national. Seul, le CHdN ne peut plus assumer cette responsabilité», explique le directeur général du CHdN, le Dr Paul Wirtgen. 

Nous admettons qu'il s'agit d'un risque potentiel.

Dr. Paul Wirtgen

La ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP) a déclaré lundi matin sur RTL : «Ce sont des problèmes qui ne se résolvent pas du jour au lendemain. Il s'agit de la problématique des services de garde en général». Il est question de trouver une solution pragmatique avec d'autres hôpitaux. Une autre piste serait de développer le SAMU néonatal, car la même problématique se pose dans le Sud.  

La crainte d'une fermeture définitive

L'agitation dans le Nord et les inquiétudes pour la survie de la maternité sont en tout cas grandes : tandis que les gynécologues d'Ettelbruck orientent leurs patientes pour l'accouchement en direction des maternités de la ville et espèrent une fermeture de courte durée afin que les patientes ne fassent pas définitivement défection, les sages-femmes craignent pour leur emploi. 

Les députés du Nord du CSV et du DP demandent des réponses politiques rapides et des garanties à Paulette Lenert. Le député André Bauler (DP) veut savoir, dans une question élargie, combien de temps la maternité restera fermée et quelles mesures seront prises pour continuer à garantir des prestations médicales de qualité dans le Nord. «Une fermeture permanente de la maternité d'Ettelbruck n'entre pas en ligne de compte pour nous», écrit le DP-Nord dans un communiqué. 

Dans une question urgente, le CSV souhaite savoir si la ministre de la Santé est favorable à une centralisation et si une modification de la loi est envisagée. Sur Twitter, la députée Martine Hansen (CSV) a dénoncé lundi que le président de la Chambre ne prenait pas la question du parti concernant la maternité comme «urgente».

«Même si elle n'est que temporaire, la suspension des services médicaux correspondants pour les femmes et les nouveau-nés est totalement inacceptable», selon un communiqué du parti chrétien social.

A court terme, le manque de personnel doit être comblé le plus rapidement possible - c'est la seule approche correcte dans la situation actuelle. A long terme, des améliorations peuvent et doivent également être apportées au niveau législatif. «Le gouvernement doit agir. Tout de suite !»

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