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Les prix de l'immobilier accentuent les inégalités
Luxembourg 2 min. 27.08.2019

Les prix de l'immobilier accentuent les inégalités

Un résident sur quatre est exposé au risque de pauvreté si l'on tient compte de ses dépenses pour le logement dans son revenu disponible.

Les prix de l'immobilier accentuent les inégalités

Un résident sur quatre est exposé au risque de pauvreté si l'on tient compte de ses dépenses pour le logement dans son revenu disponible.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 27.08.2019

Les prix de l'immobilier accentuent les inégalités

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour les résidents, l'habitat constitue le poste de dépense le plus lourd. Pour les revenus les plus faibles, se loger peut même devenir un poids si lourd qu'il pousse dans la misère les ménages les plus fragiles, selon le Statec.

Entre 2011 et 2018, les prix de l'immobiliser auront augmenté de 5,4% en moyenne chaque année. Mais selon votre niveau de revenu, cette hausse n'aura pas eu le même impact sur votre niveau de vie. Ainsi, dans sa dernière étude publiée ce mardi, le Statec note que c'est bien parmi les ménages les plus défavorisés que le coût du logement a le plus augmenté.


Les prix de l'immobilier continuent de flamber
La situation sur le marché du logement au Luxembourg ne cesse de fluctuer, d'années en années. En 2018, les prix de vente ont augmenté comme jamais auparavant et les loyers ont explosé.

En 2017, la charge de ce seul poste de dépenses impactait 42% du revenu disponible des familles peu fortunées. La charge ne représentant que 14,5% du budget des ménages aisés. Pour ces derniers, les statisticiens ont de plus constaté, qu'entre 2012 et 2017, la hausse de leurs revenus avait été bien plus rapide que l'augmentation des tarifs de l'immobilier.

Le «reste à vivre» est donc davantage décalé que ce que pointent habituellement les indicateurs d'inégalités et de pauvreté qui portent le plus souvent sur le revenu disponible avant dépense pour le logement. 

Un risque pour 24% des résidents

De fait, note le Statec, le taux de risque de pauvreté est plus élevé après la prise en compte des coûts en lien avec le logement. En 2017 par exemple, le ratio grimpe de 15,8% à 24% si l'on prend en compte ce facteur. Soit tout de même un résident luxembourgeois sur quatre, en dehors des personnes vivant dans un logement social ou hébergées gratuitement.  

En avril 2019, dans son Panorama social, la Chambre des salariés avait, elle, estimé que 14% des salariés se trouvaient exposés à la pauvreté. La situation semble plus fragile encore. On comprend d'autant mieux alors que la question du logement reste la préoccupation première parmi les résidents.

Les familles sans enfants plus épargnées

L'étude souligne également qu'au Grand-Duché toutes les catégories sociales connaissent un taux de risque de pauvreté plus élevé. A l'exception des propriétaires sans remboursement d'emprunts et des retraités toutefois.   

En analysant les groupes de population impactés, le Statec relève que les familles sans enfants sont les moins touchées par l’augmentation du risque de pauvreté ces deux dernières années. 

Vulnérabilité 

Par contre, les familles qui doivent payer un crédit, mais aussi les cadres supérieurs et la classe moyenne, sont de plus en plus menacés par la pauvreté. Pour ces groupes, le risque a même plus que doublé en cinq années, alors qu'ils avaient été épargnés jusqu'à ces derniers temps. 

Employés, salariés manuels, familles monoparentales ou personnes vivant dans des ménages avec deux adultes et enfants restent, logiquement, les personnes offrant la plus grande vulnérabilité sociale.


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