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Les pompiers brûlent d'impatience
Luxembourg 10 4 min. 17.02.2020

Les pompiers brûlent d'impatience

Pour le lieutenant-colonel Meyer, la fonctionnalité doit l'emporter sur l'esthétisme. «L'essentiel étant d'assurer nos missions 24h/24.»

Les pompiers brûlent d'impatience

Pour le lieutenant-colonel Meyer, la fonctionnalité doit l'emporter sur l'esthétisme. «L'essentiel étant d'assurer nos missions 24h/24.»
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 10 4 min. 17.02.2020

Les pompiers brûlent d'impatience

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En juillet 2020, les pompiers et la Ville de Luxembourg réceptionneront une première partie du Centre national d'incendie et de secours. Un bâtiment hors norme, un investissement de 141 millions d'euros, un outil opérationnel dernier cri.

Boulevard de Kockelscheuer, impossible de manquer le futur Centre national d'incendie et de secours (CNIS). Quand ce n'est pas l'horizontalité de sa façade rouge qui attire l'œil, c'est la verticalité de ses 112 portes de garage qui interpelle. «Avec ce bâtiment, le Luxembourg disposera de la plus grande caserne de sapeurs-pompiers d'Europe», commente le lieutenant-colonel Steve Meyer.

Il est vrai que le site ne se contentera pas d'accueillir les personnels et les effectifs jusque-là cantonnés route d'Arlon, à Luxembourg. A l'avenir sous un même toit se retrouveront non seulement les équipes opérationnelles mais aussi la direction générale du corps grand-ducal d'incendie et de secours (aujourd'hui rue Stümper) mais aussi le central téléphonique du 112 ainsi que le tout nouvel Institut national de formation des secours.

Une accumulation de services (et donc de besoins) qui a de quoi donner des sueurs froides au service des bâtiments de la Ville de Luxembourg. Car c'est l'administration communale qui assure la maîtrise d'ouvrage d'une grande partie de la construction. «Aujourd'hui, il faut veiller à ce que tout le chantier avance dans le bon tempo, note Claudine Lang, architecte à la Ville. Mais auparavant il a fallu concevoir des locaux qui accueillent aussi bien un état-major, des garages, des ateliers, une cantine, des espaces fitness, des salles de cours, un auditorium, des salles de repos, des bureaux pour l'administration.»

Au final, ce sont les plans du cabinet d'architectes allemand Böge Lindner K2 Architekten qui ont été retenus.

A parcourir les lieux, le lieutenant-colonel Meyer se veut confiant. Sourire en coin, il annonce : «Promis, tout sera au point pour les portes ouvertes de septembre 2021 qui coïncideront avec l'organisation sur place du championnat du monde de secours routier». 

Blague à part, la première échéance attendue est fixée à juillet 2020, avec la réception du premier des cinq bâtiments. «Il s'agit de la partie qui accueillera l'école pour les formations, l'internat et une partie de notre administration.» Car, dès décembre si tout va bien, secrétaires ou comptables précéderont la venue des services purement opérationnels.


Lokales, Neue Feuerwehrfahrzeuge und Krankenwagen fur CGDIS, Camion de pompier, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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«L'idée maintenant est de monter en pression progressivement. Que chacun puisse s'installer, prendre ses marques, trouver ses réflexes avant que les collègues suivants ne débarquent», indique l'officier. C'est que l'on parle là de l'arrivée de 200 à 300 personnes. «Le nerf de la guerre, ce sera bien évidemment le transfert du standard du 112, l'infrastructure la plus sensible.» 

La salle qui accueillera les douze opérateurs fait l'objet de toutes les attentions dès maintenant, tout comme la salle dite de «débordement» permettant à vingt pompiers supplémentaires de soulager le standard dédié aux urgences vitales. «Rien que ces derniers jours, avec les inondations, on peut grimper à 300 appels par heure, rappelle le professionnel. Pas question de se louper dans le transfert donc.»

 A visiter le futur Centre national d'intervention, il est facile de s'apercevoir que tout a été dimensionné taille XXL. Ses 18 salles d'instruction, la trentaine de chambres destinées aux professionnels ou volontaires en formation longue, le garage aux 80 emplacements pour véhicules et containers, les espaces dédiés aux entraînements sportifs: tout était grand sur plan, géant dans la réalité. 

Bienvenue à «Fantasia Land»

Mais là où le site des pompiers luxembourgeois marque incontestablement les esprits se situe à l'arrière des bâtiments. Il s'agit de cet espace qu'avec amusement le lieutenant-colonel Meyer a baptisé «Fantasia Land» ou encore «le terrain de jeux». Le projet intègre en effet un incroyable ensemble d'aménagements devant servir aux entraînements pratiques des professionnels et volontaires qui viendront ici assurer leurs bonnes pratiques.

Pour reconstituer les conditions d'intervention, rien n'a été laissé au hasard. Il y a sur place aussi bien une automotrice des CFL qu'un simulateur de tunnel, un silo à grains comme une cave à feu, des toits modèles réduits (aussi bien en tuile, tôle ou panneaux solaires) sur lesquels grimper, des façades de plusieurs étages pour descendre des civières, un bassin extérieur de 6m de profondeur pour assurer des plongées ou procéder à des exercices de dépollution en milieu naturel.

Bref, rien n'est ici gadget, tout a son utilité. «Sachant qu'un des grands défis sera de disposer à l'avenir des formateurs compétents et aux connaissances actualisées», ne cache pas l'officier veillant sur la construction du CNIS. Signe que le dossier est brûlant, le CGDIS s'est déjà mis en quête de ces talents ou a déjà lancé le perfectionnement de ses propres encadrants.


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