Changer d'édition

Les pompes funèbres revoient leurs procédures
Luxembourg 3 min. 25.03.2020

Les pompes funèbres revoient leurs procédures

Comme médecins, pharmaciens ou personnels soignants, les employés funéraires sont prioritaires dans les distributions de protection.

Les pompes funèbres revoient leurs procédures

Comme médecins, pharmaciens ou personnels soignants, les employés funéraires sont prioritaires dans les distributions de protection.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 25.03.2020

Les pompes funèbres revoient leurs procédures

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Prise en charge des dépouilles avec protections de rigueur, contact restreint avec les familles, obsèques en petit comité : les employés en charge des convois mortuaires ont vu leur métier bouleversé par l'épidémie de covid-19.

Des précautions, dans leur métier, les employés des pompes funèbres ont l'habitude d'en prendre. Mais, à l'heure où l'épidémie de coronavirus, touche le Luxembourg, c'est de protection des personnels dont il est désormais question au quotidien. «Plus que jamais, les protocoles et les tenues doivent être strictement respectés», ne manque d'ailleurs pas de souligner Thierry Graul, président de la Fédération des entreprises de pompes funèbres et de crémation du Luxembourg. «Nous ne savons pas à quoi nous attendre en termes de décès dans le pays, mais nous ne voulons pas y entraîner nos salariés.»

Aussi, depuis l'apparition du virus au Grand-Duché, la profession a pris d'elle-même les devants. Equipant ses employés avec masques, lunettes de protection et protection de vêtements (type tablier). «La fédération veille d'ailleurs au réapprovisionnement de ses membres pour ces matériels. Comme pour les housses mortuaires où sont glissés les corps, nous pourrions avoir un besoin accru», indique le responsable.

En Italie, près de Bergame, l'épidémie s'est subitement emballée au point qu'en fin de semaine dernière les cercueils se multipliaient dans l'attente d'un dernier hommage. La situation au Luxembourg est encore loin de cette extrémité.
En Italie, près de Bergame, l'épidémie s'est subitement emballée au point qu'en fin de semaine dernière les cercueils se multipliaient dans l'attente d'un dernier hommage. La situation au Luxembourg est encore loin de cette extrémité.
Photo : AFP

Pour les tenues Tyvek, les plus protectrices et dont le tissu est fabriqué à Contern, là encore, la demande se fait pressante. «Il faut dire qu'habituellement, l'ensemble des pompes funèbres n'en utilisent même pas une dizaine par an. On s'en sert juste pour les scènes de crime ou les dépouilles remontant à plusieurs jours. Là, avec ce virus, il nous en faudrait plus.»

Le ministre de la Santé a promis d'y veiller. Les employés funéraires, au même titre que les personnels soignants, figurent ainsi en haut de la liste des professions à ravitailler en protections diverses.

Mais au-delà des tenues, les protocoles de prise en charge des défunts ont été durcis. Par exemple, il est recommandé de n'intervenir dans les maisons de soins ou de retraite qu'après 20 heures. Les pensionnaires sont alors dans leur chambre, il y a donc moins de risque de croiser quelqu'un dans les corridors. Pour les hôpitaux, les employés passent à la morgue pour la mise en bière avant de repartir.

Vient ensuite le temps passé avec les proches. Là encore, le covid-19 a bouleversé les rapports. Distance avec les clients obligatoire, et puis il faut faire passer les nouvelles consignes en vigueur. Pas simple d'annoncer qu'il n'y a plus de célébration d'obsèques dans les lieux de culte (quelle que soit la confession du défunt). Encore plus délicat de signifier que seules dix personnes maximum seront admises au cimetière. «La plupart des communes ont adopté cette restriction mais le gouvernement devrait bientôt l'imposer.» A l'heure actuelle, il reste toujours possible de choisir entre inhumation et incinération.

Les entreprises de pompes funèbres, comme d'autres sociétés, ont aussi eu leur lot de retrait de personnels. Pour raisons familiales souvent mais aussi parfois parce que l'employé vivait aux côtés d'une personne à la santé fragile. «Il faut savoir faire avec», soupire Thierry Graul, impatient de voir le covid-19 n'être plus qu'un mauvais souvenir. Les semaines à venir seront certainement dures pour la profession, elle s'y attend. «Mais j'ai tendance à penser que les personnels funéraires sont, au final, mieux protégés durant leurs heures de travail que lorsqu'ils retrouvent leur vie normale. La protection, c'est la règle de base du métier. Physiquement et aussi mentalement.»

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.