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Les politiques publiques sous l'œil de la Chambre
Luxembourg 4 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

Les politiques publiques sous l'œil de la Chambre

Entouré du Premier ministre et du secrétaire général de la Chambre, Fernand Etgen a présenté les travaux parlementaires 2020.

Les politiques publiques sous l'œil de la Chambre

Entouré du Premier ministre et du secrétaire général de la Chambre, Fernand Etgen a présenté les travaux parlementaires 2020.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

Les politiques publiques sous l'œil de la Chambre

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En 2020, les députés vont plancher sur la mise en place d'un outil d'estimation du succès (ou non) des lois votées. Le président Fernand Etgen (DP) en fait la priorité de l'année.

A la Chambre, en ce début d'année, il faut croire que les portes sont grandes ouvertes. Deux départs sont ainsi annoncés:  Alex Bodry (LSAP) quitte son poste de député pour rejoindre le Conseil d'Etat et le secrétaire général Claude Frieseisen accède à la retraite. Franz Fayot (LSAP), lui, est pressenti partant. Ce sera le cas si sa nomination au gouvernement est confirmée par son parti, ce 8 janvier. Il succéderait alors au ministre de l'Economie, Etienne Schneider (LSAP), démissionnaire à compter du 4 février 2020.

Ce lundi, à l'heure de présenter ses vœux, Fernand Etgen se voulait au-dessus de ces allers et venues. Après un peu plus d'une année à son poste de «premier citoyen du pays», le politique préfère se concentrer sur le travail qui l'attend lui et les soixante députés. «Nous avons sept partis représentés, un record. Il m'appartient de veiller au bon climat de cette assemblée. Qu'importe si le ton monte parfois, l'essentiel est que les personnes se respectent et que les débats avancent.»


Politik, Weihnachtsinterview mit Chamberpräsident Fernand Etgen, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Le plat le plus consistant soumis aux appétits des parlementaires sera les premiers travaux sur la mise en place d'un outil d'évaluation des politiques publiques. «En clair: au Parlement des lois se votent, le gouvernement fixe des budgets mais il faut qu'un œil extérieur estime l'impact de ces choix», traduit le président. Autrement dit, les politiques ont-ils visé juste, dépensé trop ou pas assez, touché le public ciblé ou atteint l'effet attendu.

Certains pays, dont la France, disposent déjà de pareil outil de mesure. Et Fernand Etgen entend bien s'appuyer sur les expériences à l'étranger ou les travaux de l'asbl Solep et de la nouvelle chaire de recherche en études parlementaires de l'Uni pour éclairer les esprits luxembourgeois. «Comme l'introduction des pétitions publiques, il est bon pour notre démocratie de disposer d'un organe qui puisse, en toute neutralité, observer les résultats de l'action engagée par les représentants des citoyens.»

Des partis mieux dotés

D'ici les vacances d'été, le président de la Chambre organisera une conférence pour présenter aux parlementaires l'idée et mettre en place les ateliers de travail sur ce dossier. «Mais il faudra, au moins, une année de réflexions et d'échanges, avant de pouvoir décider», estime Fernand Etgen.

L'année sera également marquée par l'augmentation des financements accordés aux fractions. Les partis se verront dorénavant allouer un montant forfaitaire de 135.000 euros contre 100.000 euros aujourd'hui. Des sommes devant servir à chacun de renforcer son «capital humain». «L'avis des députés est sollicité sur des sujets de plus en plus divers et de plus en plus souvent. Il faut donc qu'ils aient à leurs côtés des assistants en nombre et compétents», rappelle le président de la Chambre.


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Mais à son agenda, Fernand Etgen n'oublie pas la prochaine désignation d'un secrétaire général. «D'ici fin janvier tout devrait être réglé.» Sachant que sur les seize candidatures reçues, quatorze sont recevables. «Ensuite, les parlementaires éliront le successeur de  Claude Frieseisen. Ce n'est pas un choix de l'administration.» A charge pour l'heureux élu -homme ou femme- de poursuivre l'œuvre entamée. A commencer par un site internet mis au goût du jour, idée présentée dans les vœux depuis des lustres.


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