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Les ordures ménagères passées au crible
Luxembourg 6 4 min. 24.06.2019

Les ordures ménagères passées au crible

Les ordures ménagères passées au crible

Photo: Anouk Antony
Luxembourg 6 4 min. 24.06.2019

Les ordures ménagères passées au crible

Qu'est-ce qui finit dans vos poubelles grises? Alors que le ministère de l'Environnement présente ce lundi sa stratégie «zéro déchet», petit tour dans la «SuperDrecksKëscht» où 30 tonnes de déchets ont été analysées à la loupe pour une étude.

Par Diane Lecorsais, traduction Sophie Wiessler

Une brosse à dents, une boîte de pilules, une chaussure, quelques canettes et des restes de nourriture... C'est un bref aperçu de ce que les six collaborateurs de l'association ProActif se mettent sous la main, au siège de la «SuperDrecksKëscht» à Colmar-Berg.


Objectif «zéro déchet»
Alors que la chasse au plastique prend de l'ampleur dans le monde, le Luxembourg lance ce lundi une nouvelle stratégie. La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, invite ainsi la population à proposer ses idées, concrètes, pour lutter contre ce fléau.

Alors que Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement, présente ce lundi la stratégie «zéro déchet» du gouvernement, que nous vous avons déjà détaillée début mai, plongez dans les ordures ménagères des foyers luxembourgeois, prises en charge par ce service de gestion des déchets.

Examen approfondi

Pour le compte de l'administration de l'environnement, et sous la direction d'Eco-Conseil, une société de conseil en gestion des déchets et en développement durable, les bénévoles de «ProActif» ont étudié pendant près de deux mois tout le contenu de ses poubelles grises.

Les données les plus récentes datent de 2013/2014 et, compte tenu de l'objectif que s'est fixé le ministère de l'Environnement, le contenu des poubelles locales fait à nouveau l'objet d'un examen approfondi.

Sensibiliser la population

«Nous menons cette enquête pour déterminer ce qui se retrouve réellement dans nos poubelles, comment les déchets sont constitués et, surtout, quelles mesures nous pouvons prendre pour réduire les déchets résiduels», explique Robert Schmit, directeur de l'Administration de l'environnement.

Par exemple, la dernière étude réalisée en 2013/2014 a montré qu'un nombre relativement important de médicaments se retrouvent avec les déchets ménagers ordinaires. «En conséquence, nous avons sensibilisé la population afin que davantage de médicaments puissent être collectés via la "SuperDrecksKëscht"», a déclaré Robert Schmit.

Le travail mené dans ce centre sert également à déterminer si de nouveaux types de déchets apparaissent au fil des ans. «Dans l'analyse 2013/2014, par exemple, nous avons constaté que les capsules de café étaient très présentes», rapporte Robert Schmit. A chaque année, son défi à relever.

Afin d'analyser concrètement ces données, les déchets des communes sélectionnées sont transportés à Colmar-Berg, et y sont triés manuellement. Comme l'explique Steff Schaeler, d'Eco-Conseil, «nous avons sélectionné 16 municipalités, en tenant compte de leurs structures de gestion des déchets».

Tri à la main

En clair, ces communes ont été choisies en fonction de leur capacité de tri mais aussi des offres faites à leurs habitants, comme des poubelles spéciales par exemple. Les facteurs démographiques et géographiques sont également pris en compte.

Équipés d'une combinaison de protection, de gants et d'un masque respiratoire avec filtre à charbon, actif pour la protection contre les odeurs âcres et les gaz toxiques, les trieurs se mettent alors au travail.

30 tonnes de déchets examinés

Ils trient soigneusement les déchets à la main et jettent les différentes parties dans les conteneurs appropriés, en distinguant onze fractions de déchets différentes - imprimés, sacs en plastique, déchets de jardin ou verts, métaux, chaussures, cartons à boisson, autres plastiques, articles d'hygiène corporelle, pour ne citer que quelques exemples.

L'analyse de ces déchets couvre une période totale de deux fois quatre semaines. Une première phase de tri a déjà été effectuée en février, la seconde s'est terminée le 21 juin dernier. Ainsi, les déchets d'hiver et d'été sont inclus, tout en tenant compte des influences saisonnières. Au total, 30 tonnes de déchets résiduels sont analysés pour leurs composants.

Hausse des produits d'hygiène

Une fois que les échantillons aléatoires ont été triés et que les données correspondantes ont été recueillies, les déchets sont renvoyés à leurs voies de recyclage et d'élimination respectives et éliminés correctement. Sur la base des données ainsi collectées, un rapport détaillé est ensuite établi, qui doit permettre de tirer les bonnes conclusions et de réduire encore la quantité de déchets produits. 

Les résultats définitifs de l'analyse ne seront pas disponibles avant la fin de l'année. Mais les premières tendances sont déjà visibles, explique Steff Schaeler. Par exemple, on observe une baisse des produits imprimés. La proportion de plastique dans les ordures ménagères semble également diminuer légèrement, mais la quantité d'articles d'hygiène corporelle est elle en augmentation. «Les gens changent leur mode de vie - et cela se reflète dans les poubelles», résume Steff Schaeler.

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