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Les opposants à la rentrée, entre espoir et défaitisme
Luxembourg 3 min. 06.05.2020 Cet article est archivé

Les opposants à la rentrée, entre espoir et défaitisme

Les députés échangeront ce mercredi sur la pétition demandant un retour en classe en septembre.

Les opposants à la rentrée, entre espoir et défaitisme

Les députés échangeront ce mercredi sur la pétition demandant un retour en classe en septembre.
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 06.05.2020 Cet article est archivé

Les opposants à la rentrée, entre espoir et défaitisme

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Avec plus de 6.700 signatures recueillies, la pétition demandant un retour à l'école en septembre sera discutée mercredi matin. Mais les signataires semblent mitigés quant à l'issue du débat.

Le gouvernement fera-t-il marche arrière? Face au succès de la pétition 1.550 demandant le report de la rentrée au mois de septembre, les députés échangeront mercredi sur le sujet. Un débat avancé par rapport aux délais réglementaires. Mais si cela peut apparaître comme une première victoire pour les opposants au nouveau calendrier scolaire, ces derniers n'ont cependant que peu d'espoir de voir la situation évoluer.


Débat Etat de la nation 2019 - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Le retour sur les bancs de l'école au centre du débat
Alors que quelque 6.000 élèves de classes terminales devront reprendre lundi le chemin des lycées, les interrogations restent nombreuses sur les suites à donner pour le reste des élèves. Les députés échangeront mercredi sur ce sujet suite au succès de la pétition demandant un retour en septembre.

La question est pourtant cruciale pour Lidia Garcia, à l'origine de la pétition. Pour cette maman d'un bébé de 21 mois, cette rentrée en mai serait tout bonnement «trop dangereuse», en particulier pour les plus petits. Les enfants, «jusqu'à six ans au moins», nécessitent en effet une prise en charge particulière. Or, regrette-t-elle, les crèches et maisons relais n'auraient reçu «aucune formation» spécifique. Et si rien ne garantit que la situation sera meilleure en septembre, cela laisserait en revanche «le temps de s'organiser et former le personnel». 

Mais pour Elisabeth Machado, il ne s'agit pas d'une simple «question de date». Auteur d'un plaidoyer sur son opposition à un retour obligatoire sur les bancs de l'école, cette avocate affirme ainsi que rien ne justifie «d'obliger les gens à se mettre en danger». Car si le gouvernement a renforcé les mesures sanitaires dans les établissements scolaires, cette mère de deux enfants juge le dispositif en place «insuffisant». Aussi, elle suggère de nouvelles «mesures minimales de sécurité complémentaires» telles que le port du masque obligatoire en toutes circonstances, la multiplication du nombre de bus scolaires, mais surtout la garantie d'une surveillance adéquate.


Primärschule Cycle 4 in Lallingen Esch Alzette. Foto: Guy Wolff
Tout cela pour 16 jours de classe...
Claude Meisch a présenté la nouvelle organisation de l'enseignement fondamental, valable à compter du 25 mai. Les 6.000 écoliers seront séparés en groupes, avec cours obligatoire de 8h à 13h et un encadrement facultatif l'après-midi.

Une surveillance, absente des directives officielles, qu'elle juge toutefois indispensable. «On envoie à l'école les personnes les moins conscientes du danger, argumente-t-elle. C'est le principe même de la responsabilité civile.» Autrement dit, si les mineurs ne sont plus sous la responsabilité des parents, «c'est à l'Etat de prendre le relais». A savoir : assurer «au maximum» leur sécurité, afin de réduire «au minimum les risques».  

Et si elle ne s'oppose pas à une rentrée des classes, Elisabeth Marchado avoue toutefois ne pas voir «l'intérêt pédagogique ou social» de cette reprise. Pour elle, les problèmes de décrochage scolaire et les inégalités sociales, craints par une partie du corps enseignant, ne seront pas résolus «lors de ces quelques semaines ou quelques jours de classe». 

Simple politesse?

Quant au débat, Elisabeth Marchado ne s'attend pas à ce que le gouvernement fasse volte-face, dénonçant l'installation d'un «rapport de forces malsain et délétère». Pour elle, le gouvernement ne cédera pas «à la pression populaire pour conserver sa crédibilité».

Le sentiment d'un échange à l'issue courue d'avance que partage Patrick Arendt, à la tête du syndicat d'enseignants SEW. Selon lui, ce ne serait en effet rien d'autre que de la «politesse». «Je ne pense pas que le ministère reviendra sur sa décision», confie-t-il. Mais avec la levée du déconfinement générale annoncée lundi par Xavier Bettel (DP), signe d'une amélioration de la situation, le président du SEW espère que les «craintes des parents s'atténueront». 


Claude Meisch, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Claude Meisch garde le cap
Le déconfinement progressif des écoles est en marche depuis ce lundi. Malgré les critiques et les nombreuses interrogations, le ministre de l'Education compte bien respecter les échéances mises en place par le gouvernement.

Des peurs que le ministre de l'Education nationale, mardi, a dit entendre. «Je comprends les soucis des parents, les angoisses des enseignants liées à cette situation exceptionnelle.» Mais de là à ce que Claude Meisch révise sa copie, 24 heures après ses propos... Il préfère rassurer les familles: «Depuis Pâques nous travaillons à cette réouverture, pas d'inquiétude. Les classes se font en petits groupes, les buffs seront distribués, le désinfectant mis à disposition, l'ambiance est positive pour la reprise.»

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Lok , Vorbereitungen Rentree Primaner Athenee Luxembourg , Coronakrise , Sars-CoV-2 , Covid-19 , Signalisation Flux Eleves Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort