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Les ministres qui ont été obligés de démissionner
Luxembourg 3 min. 08.07.2013 Cet article est archivé

Les ministres qui ont été obligés de démissionner

Les partis de l'opposition demandent de plusieurs semaines de manière plus ou moins explicite la démission de Jean-Claude Juncker et de Luc Frieden

Les ministres qui ont été obligés de démissionner

Les partis de l'opposition demandent de plusieurs semaines de manière plus ou moins explicite la démission de Jean-Claude Juncker et de Luc Frieden
(Photo: Guy Jallay)
Luxembourg 3 min. 08.07.2013 Cet article est archivé

Les ministres qui ont été obligés de démissionner

Les crises politiques au Luxembourg n'ont qu'à de rares occasions menées à une démission d'un ministre. Les ministres et leurs affaires: petit rappel historique.

Les affaires du Bommeleeër et du SREL (service des renseignements de l'Etat) ont plongé la politique dans une crise. Nombreux sont ceux qui appellent à une démission voire à des élections anticipées. Dans l'histoire du Luxembourg, rares sont pourtant les ministres qui ont été contraints de démissionner.

Johny Lahure (LSAP): 1998: Suite à des irrégularités administratives au ministère de la Santé, dites "dysfonctionnements", dont il a assumé la responsabilité politique, Johny Lahure a décidé en 1998 de se retirer de ses fonctions de membre du gouvernement. Des sommes importantes, 91 millions de francs luxembourgeois (2,275 millions d'euros), ont été versés par les pouvoirs publics dans le secteur médical en passant à côté du contrôle budgétaire. Lahure était au gouvernement depuis 1984.

Benny Berg (LSAP): 1983: Benny Berg se voit obligé de démissionner de son poste de ministre de la Santé à la suite de l'affaire de la caisse noire au centre thermal de Mondorf-les-Bains. En 1989 a été instituée une commission d'enquête parlementaire suite aux accusations qui avaient été lancées par un ancien directeur du centre thermal de Mondorf-les-Bains, Claude Hemmer, contre Benny Berg et le ministre des Affaires étrangères, Jacques Poos (qui lui n'avait pas démissionné). Concernant l'existence et le fonctionnement d'une caisse noire au Centre thermal de Mondorf-les-Bains, la commission a conclu, au bout de dix réunions à huis clos présidées par Alex Bodry, qu' il n'existait "aucun indice de fraude" et a exclu "toute relation de quelque nature que ce soit" entre l'ancien ministre de la Santé et la prétendue caisse noire.  La commission a également estimé qu'il n'existait "pas la moindre preuve", que Benny Berg ait usé de ses pouvoirs pour se procurer un avantage personnel ou s'enrichir personnellement dans le cadre de la construction du centre thermal.

Marcel Fischbach (CSV): 1966: Le ministre de l'Armée a démissionné suite à une intervention du jeune député  Jean Spautz. Spautz avait demandé publiquement - sans s'être concerté avec  Fischbach auparavant - l'abolition de service militaire obligatoire.  Marcel Fischbach a décidé de démissionner, avant que l'ensemble du gouvernement n'en fasse de même. En janvier 1967, le même gouvernement CSV/LSAP rentre à nouveau en fonction, sans passer par le chemin d'élections. Le remaniement voit pour la première fois une femme intégrer le gouvernement,  Madeleine Frieden-Kinnen.

Madeleine Frieden-Kinnen (CSV): 1972: donne quant elle sa démission en septembre 1972, suite à une présumée affaire de moeurs dans l'affaire Burgfried. Jusqu'à sa mort en 1999 elle a clamé son innocence. Burgfried est un village de l'ancienne commune de Neunhausen près du lac d'Esch-sur-Sûre. Tout commence avec un article dans le Tageblatt. Le journal cite un témoin qui aurait vu à l'aide de jumelles deux hommes s'adonner à des pratiques sexuelles à Burgfried près du lac. Un des hommes était un professeur de religion et l'autre un mineur. Le témoin,  qui avait été cité sous couvert de l'anonymat, aurait également vu la ministre Frieden-Kinnen en compagnie de ses deux hommes. Madeleine Frieden-Kinnen a par la suite déposé plainte pour calomnie contre le Tageblatt. L'affaire est allée devant le tribunal: le professeur de religion a été condamné à trois ans de prison avec sursis et dix ans d'interdiction de pratiquer son métier. En première instance concernant le litige Frieden-Kinnen avec le Tageblatt, la ministre gagne. Mais le directeur du Tageblatt de l'époque, Jacques Poos a par la suite lancé une procédure pour parjure à l'encontre du mineur qui avait dit devant le tribunal que la ministre n'avait pas été sur les lieux. Le jeune homme s'est effectivement vu condamner pour parjure en juillet 1972 à une peine de trois mois avec sursis. En septembre de la même année, Mme Frieden-Kinnen présente sa démission.

Michel Rasquin (LSAP): 1958: le ministre de l'Economie socialiste  a choisi de quitter le gouvernement parce qu'il était critiqué à l'intérieur de son propre parti. En cause, sa politique  économique jugée trop libérale. Il y a donc eu en mars 1958 un remaniement plus profond du gouvernement.

Marc Vanacker