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«Les mesures de Claude Meisch? Du tape-à-l'œil!»
Luxembourg 3 min. 11.09.2020

«Les mesures de Claude Meisch? Du tape-à-l'œil!»

Patrick Arendt, président du syndicat SEW-OGBL, se montre pour le moins sceptique sur l'introduction du coding dans les matières de l'enseignement fondamental.

«Les mesures de Claude Meisch? Du tape-à-l'œil!»

Patrick Arendt, président du syndicat SEW-OGBL, se montre pour le moins sceptique sur l'introduction du coding dans les matières de l'enseignement fondamental.
Guy Wolff
Luxembourg 3 min. 11.09.2020

«Les mesures de Claude Meisch? Du tape-à-l'œil!»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Dans la foulée du ministre de l'Éducation, l'OGBL a commenté ce vendredi la rentrée scolaire. Dans la ligne de mire du syndicat : le retard scolaire, le manque de clarté des dispositions anti-covid et le coding cher au ministre DP.

Dans sa présentation de la rentrée scolaire 2020, Claude Meisch (DP), le ministre de l'Éducation nationale avait procédé en deux temps: d'abord le point sur les mesures sanitaires le semaine dernière, avant une approche plus pédagogique jeudi. A quatre jours du retour en classes des quelque 91.000 élèves du fondamental et du secondaire public, c'était au tour de l'OGBL de préfacer l'événement. Dans un tout autre registre, forcément. «On ne parle que des mesures anti-covid, mais nous préférons mettre l'accent sur le retard scolaire», martèle Patrick Arendt, président de l'OGBL - secteur éducation (SEW).

Celui qui est responsable du département fondamental estime en effet «à plus d'une année scolaire» le laps de temps nécessaire pour gommer les répercussions du retard accumulé depuis le printemps dernier. «Le premier trimestre ne suffira pas et le risque de décrochage existe réellement», prévient-il. Pour y remédier, «les mesures prises par le ministre Meisch sont du tape-à-l'œil».

Et Patrick Arendt d'avancer que les cours de rattrapage pendant les vacances et prolongés jusqu'en décembre «s'avèrent en réalité inefficaces de par leur organisation: l'élève avait droit à 5x2 leçons avec un enseignant et un groupe inconnus, et le temps consacré à découvrir ce nouvel environnement couvre déjà l'entièreté du cycle».

Surtout, à en croire le syndicaliste, «le retard scolaire s'accentue en fonction de la fraction sociale», car ce sont les élèves qui ont le plus besoin de soutien qui en bénéficient le moins. Patrick Arendt qui se montre pour le moins sceptique sur l'introduction du coding au menu des 52.000 élèves du fondamental.  «Franchement, ce qui est important, c'est l'apprentissage des langues et des maths. Cela reste la priorité, et nous rencontrons déjà beaucoup de soucis dans ces matières. On fera du coding, mais de manière très aléatoire. Selon moi, cela ne fait guère de sens dans le fondamental, alors que le ministre, lui, met l'accent là-dessus», glisse-t-il. 


Rentrée fondamentale -  Grundschule Schüttringen - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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D'autant plus, appuie-t-il, que «des études de l'OCDE démontrent que la digitalisation sans un concept généralisé freine l'apprentissage».

Alter ego de Patrick Arendt pour le secondaire, Jules Barthel pointe la pénurie d'enseignants face au nombre sans cesse croissant d'écoles et d'élèves. Les 4.532 enseignants dans le secondaire public ne suffiraient donc plus pour encadrer les 39.000 élèves attendus. «Le phénomène est le plus criant dans les disciplines scientifiques, technologie, mathématique, informatique», explique-t-il. Selon lui, l'attractivité de l'enseignement n'est «plus suffisante» face aux sirènes industrielles et commerciales privées.

S'agissant par ailleurs des mesures anti-covid, si Patrick Arendt et Jules Barthel applaudissent de concert le retour le plus possible à la normale, ils regrettent néanmoins que «ce concept général pèche par manque d'instructions précises et purement pratiques applicables sur le terrain». Selon eux, le plus important est d'appliquer des procédures claires et identiques dans les 450 bâtiments scolaires «sans quoi cela risquerait de générer un sérieux manque de confiance chez les parents».


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Le problème, renchérit Patrick Arendt, c'est que «lorsque nous venons avec des questions ou des suggestions, nous trouvons la porte ministérielle close. Il n'existe aucun dialogue, et la confiance est rompue entre les enseignants et le ministre».

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