Changer d'édition

Les matériaux du bâtiment Jean Monnet recyclés
Luxembourg 4 min. 25.07.2018

Les matériaux du bâtiment Jean Monnet recyclés

Le chantier du bâtiment Jean Monnet lors de la déconstruction

Les matériaux du bâtiment Jean Monnet recyclés

Le chantier du bâtiment Jean Monnet lors de la déconstruction
Photo : Caroline Martin
Luxembourg 4 min. 25.07.2018

Les matériaux du bâtiment Jean Monnet recyclés

Depuis quelques mois, le bâtiment Jean Monnet au Kirchberg est en train d'être déconstruit suite à un problème d'amiante. Les matériaux de ce bâtiment ne seront pas jetés ni détruits mais bien réutilisés de manière à préserver l'environnement.

(NK) - Construit entre 1975 et 1978, le bâtiment Jean Monnet de la Commission européenne est en cours de déconstruction. «Aujourd'hui, quand on parle d'une fin de vie d'un bâtiment, on parle de démolir, alors que le futur ce sera la déconstruction » explique Claude Turmes, secrétaire d'Etat au Développement durable et aux Infrastructures.  

Il s'agit donc de ne plus détruire les matériaux des bâtiments comme le fait la démolition, mais bien de les préserver lors de la déconstruction. «Avant d'être un bâtiment, ce sont avant tout des matériaux assemblés» explique un représentant du Bureau Schroeder. Avec cette méthode, les matériaux du Jean Monnet seront récupérés et triés afin d'être recyclés. 

Les 119.900 mètres carrés qui ont accueilli 2.000 salariés sont en train d'être déconstruits petit à petit. «La phase 1 concerne le bloc M et a débuté en juin. Sa fin prévisionnelle est prévue en septembre. La phase 2, qui concerne les blocs A, B, C et CC, débutera en août et devrait s’achever en avril 2019. Tout ceci se fait sous le contrôle de l’ITM et de Luxcontrol, notamment pour la gestion des déchets polluants, dont l’amiante. Il y a des zones de confinement et tout est fait pour que les différentes étapes se déroulent dans le respect des règles de sécurité» explique Patrick Gillen, président du Fonds Kirchberg.

Plan des travaux de déconstruction
Plan des travaux de déconstruction
Noémie Koppe

Une législation favorable au recyclage

Les déchets issus de la démolition et de la déconstruction représentent entre 25 et 30% du volume total des déchets de l'Union européenne. Au Luxembourg, des efforts sont entrepris pour réutiliser au mieux ces matériaux et ce, grâce à la législation. Elle exige que la prévention, la réutilisation et le recyclage des déchets soient effectués tout en assurant un tri et une collecte sur le chantier afin de les réutiliser au mieux. 

L'inventaire des déchets est également réalisé sur le chantier du Jean Monnet I puisque l'opération est obligatoire depuis 2012. La loi modifiée du 21 mars 2012 prévoit qu'un inventaire des matériaux de construction doit être établi préalablement puisqu'il constitue un instrument précieux de planification de la gestion des ressources, de la collecte séparée des matériaux et de leur réutilisation au Luxembourg. 

Mais cette loi a des limites, notamment avec le manque d'informations sur le répertoire des déchets et sur la démarche envisagée. Le manque d'expérience dans une telle démarche de planification et d'exécution de ce chantier a également été constaté. C'est pourquoi le Fonds du Kirchberg et le secrétaire d'Etat ont fait appel au Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) afin d'établir un guide pour aider les acteurs concernés dans l'inventaire des matériaux, la planification et l'exécution des travaux de démantèlement. 

De nombreuses bennes sont mises en place pour effectuer au mieux le tri.
De nombreuses bennes sont mises en place pour effectuer au mieux le tri.
Photo : Caroline Martin

Un projet aux nombreux avantages

La déconstruction du bâtiment Jean Monnet entraîne de nombreux avantages, d'une part environnementaux. Les matériaux recyclés seront envoyés dans différentes usines: l'aluminium (400 tonnes) récupéré sera recyclé dans une usine luxembourgeoise au Nord du pays à Clervaux, le bois (45 tonnes) sera recyclé au Sud à Sanem et le verre (150 tonnes) sera recyclé dans une usine proche de Thionville. «On ne fait pas seulement du bien à l'environnement en réduisant les déchets mais on crée aussi de la valeur ajoutée au Luxembourg et dans la Grande Région» ajoute Claude Turmes.

C'est également un avantage économique avec la réduction des coûts: «il y a deux effets liés à la réduction des coûts: le premier, permet de mieux valoriser les ressources qui sont dans le bâtiment. Le second, permet de diminuer le risque de surprises. On a effectué un travail en détail pour identifier les matériaux du bâtiment par un échantillon appelé mock-up [un test à échelle réelle du démantèlement via un bureau type]. Ces échantillons ont ensuite été analysés pour permettre d'être plus transparent, d'avoir plus d'informations et donc de réduire le risque et les coûts de la déconstruction» explique-t-il.

Le bureau test, appelé «Mock-up», a été totalement déconstruit afin d'analyser les matériaux présents.
Le bureau test, appelé «Mock-up», a été totalement déconstruit afin d'analyser les matériaux présents.
Photo : Caroline Martin

Un atout pour le Luxembourg qui favorise, en plus, l'économie circulaire en récupérant les matières premières utilisées lors de la construction du bâtiment pour en faire un nouveau, qui pourra être déconstruit par la suite et dont les matériaux seront à nouveau réutilisés. 

Pour le moment, le chantier est loin d'être terminé. Les travaux devraient se terminer en juillet 2019 pour laisser place à la construction du bâtiment Jean Monnet II.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La déconstruction réinvente le secteur du bâtiment
Alors que les décharges débordent et que les coûts de traitement des déchets explosent, le «cradle-to-cradle», concept à la fois écologique et économique, révolutionne durablement les méthodes des professionnels.
Online.fr - Déconstruction sélective, Abbau, Bau, Kirchberg, Wirtschaft, Recyclage, Recycling, Batiment Jean Monnet, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort