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Les lycées rouvrent et se dotent de nouvelles règles
Luxembourg 9 5 min. 04.04.2020 Cet article est archivé

Les lycées rouvrent et se dotent de nouvelles règles

Si les établissements scolaires rouvrent progressivement lundi, les cantines garderont elles portes closes pour une durée encore indéterminée.

Les lycées rouvrent et se dotent de nouvelles règles

Si les établissements scolaires rouvrent progressivement lundi, les cantines garderont elles portes closes pour une durée encore indéterminée.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 9 5 min. 04.04.2020 Cet article est archivé

Les lycées rouvrent et se dotent de nouvelles règles

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Une partie des élèves du secondaire reprend ce lundi le chemin de l’école dans un contexte toujours marqué par le virus. Une décision qui continue de faire débat, mais les établissements scolaires du pays se disent prêts.

Masques, désinfectants et distanciation sociale... Après sept semaines d'école forcée à la maison, le retour au lycée des classes de terminale se fait lundi dans des conditions hors normes. En effet, outre le cadre scolaire habituel, les quelque 6.000 élèves concernés devront aussi apprendre à respecter de nouvelles règles qui s'ajoutent aux gestes barrières.

Imposées par le ministère de l'Education nationale, ces mesures sont au nombre de huit, telles que la division des classes, la compression des cours ou encore une circulation réglementée dans les couloirs. Avec toutes le même objectif, celui de limiter les contacts. Dans les faits, si le début des cours restera inchangé, les élèves finiront en revanche plus tôt. Un remaniement des emplois du temps visant à permettre aux adolescents de «rentrer déjeuner chez eux», explique Claude Heiser qui dirige l'Athénée, et dont les près de 200 élèves sur les 1.500 au total, quitteront l'établissement à 12h40 dès ce lundi. 

Si ces éléments constituent une base, rien n'empêche les établissements scolaires du pays de renforcer les mesures recommandées par le ministère de l'Education nationale. C'est le cas notamment au lycée Guillaume Kroll (LGK) d'Esch-sur-Alzette qui oblige élèves et enseignants à garder le masque à l'intérieur des salles de classe.    

Face à ce dispositif inédit, la question reste encore de savoir si la totalité des 6.000 lycéens se présenteront bien ce lundi matin aux portes de leur établissement. Car si les plus susceptibles de tomber malades pourront être excusés, les autres devront justifier leur absence, rappelait Claude Meisch (DP) fin avril. Au LGK, une quinzaine d’élèves et autant de professeurs - sur les 1.800 au total - ont d'ores et déjà indiqué fin avril qu'ils ne seront pas présents,  affirme le directeur de l'établissement, Patrick Straus.


A teacher works in a classroom with a few pupils preparing for their Abitur exam at the the Phoenix Gymnasium secondary school in Dortmund, western Germany, on April 23, 2020, as social distancing is practiced amid the novel coronavirus COVID-19 pandemic. - Students preparing for the Abitur high school graduation with exams taking place in May are allowed to turn back to school in small groups with six students in a classroom. (Photo by Ina FASSBENDER / AFP)
Meisch invite élèves et enseignants au dépistage
Le ministre de l'Education et de la Recherche a annoncé que les élèves, qui s'apprêtent à retrouver le chemin des lycées dans quelques jours, peuvent être testés sur base volontaire depuis ce mardi. Une opération qui vise avant tout à rassurer mais aussi à collecter un maximum d'informations sur le mode de propagation du covid-19.

Cette question est d'autant plus légitime qu'elle s'intègre dans un contexte marqué par les interrogations. Preuve en est la pétition n°1.550 demandant que tous les cours soient suspendus jusqu'en septembre prochain et qui a allègrement dépassé le seuil des 4.500 signatures. Le retour en classe sera ainsi débattu mercredi à la Chambre, soit deux jours après la reprise progressive des cours.

Ce lundi 4 mai restera en effet un test grandeur nature dans la confiance accordée par la population dans la stratégie de déconfinement du gouvernement. Ce premier jour devrait être suivi de deux autres étapes, à savoir la reprise, le 11 mai des 39.200 élèves de l'enseignement secondaire et le 25 mai, des 50.000 enfants inscrits au fondamental. 

Face à ces interrogations, le ministre de l'Education avait affirmé mi-avril qu'une «surveillance étroite» de cette rentrée serait effectuée. Ce à quoi s'engagent également les directeurs d'établissement, à l'image de Patrick Straus qui n’exclut pas un «réajustement des mesures», si cela s’avérait nécessaire ou du directeur de l'Athénée qui promet de «transmettre le message au ministère» en cas de problème. 

Et si sur le papier le report de la rentrée peut apparaître rassurant, cette idée pose en revanche question pour les professionnels de l'éducation. «Rien ne dit que la situation sera plus favorable en septembre», souligne ainsi Patrick Straus, faisant référence à un risque de seconde vague d'infections. Et ce dernier d'assurer qu' «il y a un moment où il faut recommencer. On ne peut pas fermer les écoles jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin». 

Car derrière cette question de calendrier, l'autre principale inquiétude du monde enseignant réside dans la crainte d'une hausse du décrochage scolaire. Selon le directeur du LGK, une fermeture des établissements scolaires jusqu’en septembre – soit près de six mois – ferait en effet courir le risque de «perdre quelques élèves», estimant que «le contact direct est important pour encadrer les élèves».


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Un risque de décrochage bien réel puisque sur les quelque 1.800 élèves du LGK, tous niveaux confondus, une centaine a d'ailleurs déjà dû être rappelée à l’ordre depuis le début du confinement par la réception d'une lettre officielle. Le contexte inédit pourrait bien faire s'envoler à nouveau les chiffres du décrochage scolaire que le ministère se félicitait pourtant d'avoir fait baisser à 12,4% en 2015-2016, soit plus d'un élève sur dix, contre 17,2% lors de la première étude sur le sujet en 2003-2004.

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