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Les Luxembourgeois sont les plus enclins à quitter leur emploi
Luxembourg 3 min. 08.07.2022 Cet article est archivé
Grande démission

Les Luxembourgeois sont les plus enclins à quitter leur emploi

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Les Luxembourgeois sont les plus enclins à quitter leur emploi

Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 08.07.2022 Cet article est archivé
Grande démission

Les Luxembourgeois sont les plus enclins à quitter leur emploi

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Si la «Grande Démission» venue tout droit des Etats-Unis ne semble pas spécifiquement atteindre l'Europe, les salariés luxembourgeois sont tout de même les plus nombreux à vouloir quitter leur emploi sur le Vieux Continent.

Voilà déjà plusieurs mois qu'elle fait couler beaucoup d'encre outre-Atlantique. La «Grande Démission» semble cependant trouver peu d'échos en Europe, d'après une étude publiée par la firme PwC. Le Vieux Continent compte néanmoins dans ses rangs quelques exceptions, et le Luxembourg en fait partie. 


ILLUSTRATION - Zum Themendienst-Bericht vom 12. November 2020: Alles gleichgültig: Haben Mitarbeiter innerlich gekündigt, braucht es oft ein klärendes Gespräch mit der Führungskraft, um den Ursachen auf die Spur zu kommen. Foto: Klaus-Dietmar Gabbert/dpa-tmn - Honorarfrei nur für Bezieher des dpa-Themendienstes +++ dpa-Themendienst +++
La démission est-elle au bout du tunnel?
Démotivation, fatigue, envie de changements professionnels : la crise covid se traduit chez les salariés par de nombreuses remises en question. Après la houle virale, l'économie luxembourgeoise doit-elle craindre une vague de départs?

Si 20% des 52.000 salariés sondés à l'échelle mondiale indiquent que la probabilité qu'ils changent d'employeur dans la prochaine année est «très élevée» voire «extrêmement élevée», les salariés Luxembourgeois se situent au-dessus de la moyenne. Ils sont en effet 25% à indiquer avoir des intentions de démission. Le podium européen est complété par les Danois (22%) et les Irlandais (21%).

En revanche, les démissionnaires sont loin d'être légion chez les Tchèques (12%), les Belges (13%) et les Français (15%). Fait étonnant pour un pays qui semblait être l'épicentre du phénomène, les États-Unis se situent, pour leur part, pile dans la moyenne mondiale. Les taux les plus élevés de la planète sont enregistrés en Afrique du Sud et en Inde (34%), en Arabie saoudite (33%) et aux Emirats arabes unis (32%).

À noter que si cette vague de démission touche plus ou moins les pays, les secteurs professionnels sont également concernés d'une manière inégalitaire. Ainsi, l'horesca, les chauffeurs routiers ou encore les métiers de service ont été davantage touchés que d'autres branches par des problématiques de recrutement ces derniers mois.

Des démissionnaires en manque de satisfaction

Le profil de ces démissionnaires est loin d'être homogène, révèle l'étude de PwC, qui est l'une des plus grandes enquêtes jamais réalisées par la firme. Ainsi, si un employé sur cinq se verrait bien changer d'employeur dans l'année à venir à l'échelle mondiale, les jeunes actifs sont relativement plus nombreux que leurs ainés à vouloir sauter le pas. En effet, les représentants de la génération Z (18-25 ans), sont 27% à souhaiter démissionner, contre 15% pour ceux de la génération X (42-57 ans).

Logiquement, les salariés ayant notifié leur intention de démissionner sont moins nombreux à être satisfaits de leur employeur. Ainsi, 44% des démissionnaires trouvent leur emploi satisfaisant, contre 58% des non-démissionnaires. Dans la même perspective, les démissionnaires sont 47% à penser qu'ils peuvent être réellement eux-mêmes au travail, contre 58% pour les non-démissionnaires. 


60% des salariés souhaitent savoir ce que gagnent leurs collègues
Si les discussions autour du salaire en entreprise restent délicates, les salariés ne s’opposent pas à davantage de transparence en la matière.

Si ces deux facteurs figurent dans les motivations principales qui poussent les démissionnaires à aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs, la hausse de la rémunération reste la priorité des salariés. Ainsi, 71% des répondants qui souhaitent changer d'emploi à l'échelle mondiale, souhaitent sauter le pas dans le but d'être mieux rémunérés. 

Dans ce contexte inflationniste, l'étude révèle par ailleurs que 35% des salariés interrogés envisagent de demander une augmentation de salaire au cours de l'année à venir. À l'image des démissions, cette hausse de rémunération ne sera pas demandée à la même échelle dans tous les secteurs. La pression des salaires est la plus forte dans le secteur technologique, où 44% des travailleurs comptent demander une prime, le secteur public (25%) et les travailleurs de la santé (30%) étant moins nombreux.

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