Changer d'édition

Les Luxembourgeois peu dérangés par l'e-marketing
Luxembourg 3 min. 12.02.2020 Cet article est archivé

Les Luxembourgeois peu dérangés par l'e-marketing

Vous pouvez porter plainte en cas de campagne commerciale intempestive.

Les Luxembourgeois peu dérangés par l'e-marketing

Vous pouvez porter plainte en cas de campagne commerciale intempestive.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 12.02.2020 Cet article est archivé

Les Luxembourgeois peu dérangés par l'e-marketing

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Très rares sont les plaintes de consommateurs du Grand-Duché se plaignant d'avoir été trop souvent démarchés par téléphone, sms ou e-mail intempestifs. Au contraire de la France où le phénomène a empiré.

Heureux les abonnés téléphoniques luxembourgeois. Ils ne croulent pas sous les appels ou les textos leur vantant telle voiture, tel artisan ou proposant heure après heure des promotions. En France, le démarchage téléphonique est devenu à ce point envahissant qu'une pétition demandant son interdiction vient d'être signée par 326.000 citoyens. Au Grand-Duché, aucune démarche du même ordre n'est en vue. «Il faut croire que les entreprises connaissent la loi, et les sanctions qu'elles risquent», commente Georges Weiland, chef de service à la Commission nationale pour la protection des données (CNPD).

Si les commerciaux hésitent à multiplier les appels à toute heure ou les SMS à répétition pour capter ou fidéliser des clients, ce serait principalement par crainte de la sanction. «S'il y a une réclamation auprès de nos services et que la faute est avérée, cette violation de la loi finit devant un juge pour affaires pénales», indique le spécialiste. Peu d'entreprises - et encore moins des sociétés grand-ducales - se risquent donc dans ce type de démarche. 


(FILES) In this file photo taken on May 16, 2019, a woman takes a picture with two smartphones in front of the logo of the US multinational technology and Internet-related services company Google as he visits the Vivatech startups and innovation fair, in Paris. - The US administration is stepping up scrutiny of Big Tech firms, which could result in a series of drawn-out legal battles aimed at reining in -- and potentially breaking up -- giants such as Google, Amazon and Facebook. The Department of Justice and Federal Trade Commission have carved out territory for the investigations to set the stage for reviews of the dominance of the largest of the Silicon Valley firms, media reports said on June 3, 2019. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)
Nouvelles plaintes contre la publicité ciblée de Google
Déjà condamné en mars dernier par la Commission européenne à une amende de 1,49 milliard d'euros pour sa régie publicitaire, le géant américain se retrouve une fois encore accusé par dix pays européens. Cette fois-ci pour non-respect de la législation sur les données personnelles.

Pour l'heure, la seule tolérance accordée concerne la prospection électronique, sur des réseaux comme Skype, Facebook ou Messenger. Pour le reste des supports de communication, la référence porte sur deux lois nationales de 2005 et 2018 bornant strictement les modalités de cette prospection non sollicitée. «Le règlement sur le e-privacy ayant pris du retard au niveau européen, ces deux textes restent la base légale», assure  Georges Weiland.

Malgré l'adoption du RGPD, la prospection téléphonique apparaît comme le seul système de démarchage individualisé où le consentement par défaut du consommateur est admis. Pour le reste (courriels et SMS), le consommateur doit expressément accepter de recevoir des sollicitations. C'est ce que le législateur a appelé «l’opt-in». Avec une exception toutefois, «si vous êtes déjà client de la société après la vente d'un bien ou d'un service. Mais si vous n'avez jamais effectué de transactions avec telle firme, vous ne devez pas être embêté», note Georges Weiland.

Le dispositif de protection des citoyens se trouve également complété par «l'opt-out», autrement dit la possibilité qui doit toujours être offerte au consommateur de s'opposer à tout envoi qu'il ne souhaiterait plus. Le fameux lien «unsubscribe» à cliquer en dessous de nombreux courriels.

Si le Luxembourg semble épargné par ce mode de prospection , il arrive tout de même parfois aux abonnés de recevoir des appels ou des sollicitations. A l'occasion des soldes ou d'une promotion, souvent. «Dans 99% des cas, les gens qui viennent s'en plaindre ont oublié qu'ils avaient effectué une démarche pour souscrire à ce type de service, à l'occasion d'une promotion ou de la souscription à une carte de fidélité. Les cas les plus embêtants, et c'est relatif, proviennent de campagnes publicitaires lancées depuis l'étranger.» 

Dans ce cas, même pour les spécialistes de la protection des données, il est parfois difficile de retrouver l'émetteur et donc de lui adresser un avertissement. Dans ce cas, Georges Weiland propose à chacun d'adopter les bons conseils de la plateforme BESecure: «Soit adopter un Adblock pour son ordinateur (bloqueur de publicités), soit de bloquer sur son portable le numéro indésirable. Cela ne prend que quelques secondes pour être tranquille longtemps ensuite.»


Sur le même sujet

«Le RGPD se trouve en phase avec l’opinion publique»
Entré en vigueur il y a tout juste un an, le Règlement général pour la protection des données (RGPD) a amené les entreprises à revoir leur manière de gérer les données des clients et de leurs prospects. Bilan avec Tine A. Larsen, présidente de la Commission nationale de la protection des données (CNPD).