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Les lunettes Gold & Wood recherchent un repreneur
Luxembourg 6 6 min. 26.06.2022
Portées par les plus grandes stars

Les lunettes Gold & Wood recherchent un repreneur

Maurice Léonard, fondateur et actuel CEO de Gold & Wood, ne cache pas que les dernières années ont été particulièrement compliquées pour la marque qui rayonne particulièrement à l'étranger.
Portées par les plus grandes stars

Les lunettes Gold & Wood recherchent un repreneur

Maurice Léonard, fondateur et actuel CEO de Gold & Wood, ne cache pas que les dernières années ont été particulièrement compliquées pour la marque qui rayonne particulièrement à l'étranger.
Crédit: Gold & Wood
Luxembourg 6 6 min. 26.06.2022
Portées par les plus grandes stars

Les lunettes Gold & Wood recherchent un repreneur

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Frappée de plein fouet par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine, la marque adoptée par les plus grandes stars américaines se cherche un second souffle. Entretien avec son fondateur et actuel CEO.

Quel est le point commun entre le patron d'Apple Tim Cook, le rappeur Snoop Dogg, l'acteur Sylvester Stallone ou encore la jet setteuse Paris Hilton? Ils portent tous des luxueuses lunettes de la marque «Gold & Wood», une marque luxembourgeoise implantée aujourd'hui à Troisvierges et précédemment établie à Hosingen. Le succès de la marque made in Luxembourg n'est aujourd'hui plus à faire. Toutefois, après avoir été durement impactée par la crise sanitaire puis par la guerre en Ukraine, l'entreprise, qui exporte 95% de sa production, se retrouve aujourd'hui en difficulté. Elle a d'ailleurs lancé un appel à d'éventuels repreneurs. 



Les faillites et les liquidations sont en baisse
Lors des cinq premiers mois de l'année 2022, 450 entreprises ont mis la clé sous la porte. Un nombre en diminution de 10% par rapport à la même période l'année dernière.

Maurice Léonard, fondateur et actuel CEO de Gold & Wood, qui emploie une quinzaine de personnes, ne cache d'ailleurs pas que les dernières années ont été compliquées pour une marque qui rayonne particulièrement à l'étranger. 

«Si aujourd'hui, nous faisons appel à des capitaux extérieurs, c'est qu'on s'est pris la pandémie de plein fouet. La crise sanitaire a fait baisser notre chiffre d'affaires de 50% et j'ai dû également réduire mon personnel de moitié. Et puis, la guerre en Ukraine est arrivée, me coupant des liens que j'avais avec certains pays de l'Est. Et dans ce climat pessimiste, ceux-ci sont moins enclins à acheter.»

Jusqu'à 50.000€ pour une paire

Le succès de Gold & Wood, seul producteur de lunettes du Luxembourg, est en tout cas bien réel (lire ci-dessous, NDLR). La marque propose de nombreuses paires de luxe pour femmes et hommes et s'exporte massivement aux États-Unis ainsi qu'en Asie du Sud-est où l'on s'arrache les dernières collections de l'entreprise luxembourgeoise. 

«Actuellement, on propose des lunettes avec des montures en or massif mais également en diamant. On a une collection en préparation où nous allons utiliser de l'or recyclé pour les montures ainsi que des diamants de synthèse pour suivre la tendance environnementale.  Concernant les prix, luxe oblige, ceux-ci peuvent grimper jusqu'à 50.000€.» 

De Samuel L. Jackson à Mike Horn

Bref, on comprend que ces lunettes ne soient portées que par une petite partie de la population particulièrement fortunée, à l'instar de l'acteur Samuel L. Jackson, du rappeur français Gradur ou encore de l'aventurier Mike Horn. «Notre recette du succès, c'est de proposer un produit confortable, luxueux et intemporel, à l'opposé du «show off» (la frime en français, NDLR). Le nom de la marque n'a d'ailleurs jamais été inscrit à l'extérieur des branches mais à l'intérieur de celles-ci. On veut offrir un plaisir hédoniste avant tout».   

De l'intérêt d'investisseurs potentiels, le CEO de la marque n'en manque clairement pas. Il y a peu, la presse belge évoquait un rachat de la société par Meta- Morphosis, une boîte belge active depuis plusieurs années dans la valorisation des patrimoines ainsi que dans la diplomatie culturelle et économique. L'idée serait de délocaliser l'entreprise actuellement implantée à Troisvierges dans la région liégeoise. Quitter le paradis fiscal que représente le Grand-Duché pour la Belgique peut sembler loufoque. Toutefois, Meta-Morphosis souhaiterait contribuer au tissu économique belge, tout en profitant du savoir-faire à disposition dans la région. l'accord pourrait d'ailleurs tourner aux alentours des 4,8 millions d'euros.


Vor allem Holzarbeiten verzögern sich derzeit, aber auch andere Materialien haben zurzeit lange Lieferzeiten.
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Toutefois, à en croire Maurice Léonard, l'affaire semble loin d'être actée. «On a plusieurs schémas en route. On est en négociations dans le cadre de plusieurs autres offres», pose-t-il. Bien qu'il se dise prêt à céder les rênes de son bébé, il ne souhaite pas que cela se fasse n'importe comment. «D'une certaine manière, le souhait de quitter le Luxembourg n'est pas une intention en soi, bien au contraire», dit-il, tout en précisant avoir également reçu de l'intérêt ailleurs. «Il y a une trentaine d'années, nous avons été très bien accueillis par le Luxembourg. Nous y sommes relativement bien et nous ne sommes clairement pas contre l'idée de rester ici et ce, afin d'éviter un déménagement pour le personnel notamment.»

Un appel aux investisseurs luxembourgeois

Maurice Léonard en profite donc pour lancer un appel à d'éventuels investisseurs luxembourgeois susceptibles de faire perdurer la marque au Grand-Duché. «On sait qu'avec une injection dans notre capital, on pourra relancer l'entreprise et la rendre à nouveau saine et pérenne. On est passé au travers de toutes les crises. Et aujourd'hui, on a un capital affect de nos clients qui est très important. Oui, devoir me séparer de mon «bébé» m'affecte émotionnellement. Mais après, c'est la vie. Ce qui est sûr, c'est que je n'accepterai pas forcément l'offre la plus généreuse, mais j'irai davantage vers celle qui me semble le mieux convenir pour assurer la pérennité de la marque.»


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