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Les journalistes dénoncent des difficultés d'accès à l'information
Luxembourg 2 min. 03.05.2018 Cet article est archivé

Les journalistes dénoncent des difficultés d'accès à l'information

Le président de l'ALJP, Luc Caregari, le président du bureau exécutif de l'AJLP, Christophe Langenbrink et le vice-président Roger Infalt, avec une journaliste

Les journalistes dénoncent des difficultés d'accès à l'information

Le président de l'ALJP, Luc Caregari, le président du bureau exécutif de l'AJLP, Christophe Langenbrink et le vice-président Roger Infalt, avec une journaliste
Photo: François Aussems
Luxembourg 2 min. 03.05.2018 Cet article est archivé

Les journalistes dénoncent des difficultés d'accès à l'information

Mariella DE CROUY CHANEL
Mariella DE CROUY CHANEL
Alors qu'il se situait en première place du classement annuel pour la liberté de la presse de Reporters sans frontières en 2008, le Luxembourg connaît depuis lors un classement inconstant et se trouve cette année en 17e position. L'Association luxembourgeoise des journalistes professionnels dénonce des difficultés d'accès à l'information.

Le Luxembourg se situe cette année à la dix-septième place du classement annuel pour la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF). Soit une perte de deux places par rapport au résultat de l'année précédente, alors même que nos trois voisins gagnent une à plusieurs places. Le calcul des scores s'établit selon une série de critères parmi lesquels le pluralisme, l'indépendance des médias et les conditions d'exercice des activités d'information.

Commentant les scores de chaque pays, l'organisation non gouvernementale revient, en ce qui concerne le Grand-Duché, sur le refus de la Cour de cassation d'accorder le statut de lanceur d'alerte à Raphaël Halet, la deuxième source des documents Luxleaks.

L'Association luxembourgeoise des journalistes professionnels, qui avait appelé à manifester jeudi matin, place d'Armes à Luxembourg, dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse, dénonce quant à elle des difficultés d'accès à l'information pour les journalistes au Grand-Duché. Selon l'association, il n'existe pas au Luxembourg de droit explicite à l'accès à l'information garanti pour les organismes de presse. Elle prend pour exemple une circulaire d'Etat qui met en garde les fonctionnaires d'échanger avec les journalistes sans l'aval de leur supérieur. Autre exemple : la loi sur la transparence, qui garantit au citoyen l'accès à des documents et des analyses de chaque administration, sommeille encore au Parlement.

Suite à l'excellent résultat de 2008, le pays avait perdu 19 places en douze mois. Cette évolution brutale avait fait suite à la condamnation du Luxembourg pour violation de la liberté d'expression et du droit à la vie privée, au terme d'une plainte déposée par le journal Contacto au lendemain d'une perquisition de la police en ses locaux. Après quelques années plus positives, le Grand-Duché avait de nouveau perdu plus de dix places en un an en 2015, notamment pour des raisons de résistances au journalisme d'investigation de la part des mondes politique et économique, selon RSF.

En tête de classement cette année, la Norvège fait «un sans-faute ou presque», selon l'organisation. Cette dernière met en avant l'article 100 de la Constitution de ce pays qui, dès 1814, «avait posé les jalons de la liberté de la presse. Aujourd’hui, les médias du pays sont libres et les journalistes ne subissent ni censure ni pressions politiques». Suivent, à la deuxième et troisième positions, la Suède et les Pays-Bas.


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