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Les industriels imaginent une autre taxe carbone
Luxembourg 2 min. 31.03.2020

Les industriels imaginent une autre taxe carbone

La Fedil envisage quatre scénarios pour une taxe carbone.

Les industriels imaginent une autre taxe carbone

La Fedil envisage quatre scénarios pour une taxe carbone.
Luxembourg 2 min. 31.03.2020

Les industriels imaginent une autre taxe carbone

Le secteur industriel reconnait, ce mardi, la nécessité des objectifs climatiques ambitieux voulus par le gouvernement. Mais la Fédération des industriels luxembourgeois (Fedil) n'applaudit toutefois pas le plan national intégré en matière d'énergie et de climat présenté début février.

(ota) - Pour les industriels, un certain flou règne autour du plan national intégré en matière d'énergie et de climat (PNEC), présenté en février. Pour la Fedil, les documents présentés par le gouvernement font «référence à des définitions sectorielles différentes et fournissent peu d'informations sur les sources de données utilisées». Dans un document publié ce mardi, le lobby des industriels estime ainsi que «les ventilations sectorielles, les méthodes de calcul et les hypothèses sous-jacentes ne sont pas transparentes».

La Fedil demande ainsi un meilleur «équilibre entre les objectifs climatiques spécifiques à l'industrie et les mesures de soutien proposées à cette dernière».  Pour ce faire, les industriels ont planché sur une nouvelle définition de la fameuse taxe carbone.


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Dans cette optique, deux grands principes servent de base de réflexion à la Fedil pour la création d'une taxe CO2. Tout d'abord, une technologie alternative à faible teneur en carbone et à prix compétitif doit être disponible sur le marché. Ensuite, l'investissement dans cette option doit permettre de réduire la charge fiscale en réduisant l'exposition future à la taxe. 

La Fedil imagine quatre scénarios, car toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Ainsi, il y a d'abord celles où un investissement dans les meilleures technologies disponibles est faisable, mais n'est pas forcément rentable. «Ici la seule option de réduction des émissions équivaudrait à une réduction de la production», note l'association patronale. 


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Il y a ensuite les entreprises qui peuvent investir dans une alternative à faible taux d'émission. Celles-ci pourraient être incitées à s'engager sur cette voie via une déduction du montant de l'investissement de la taxe sur le CO2. 

La Fedil propose également une incitation pour ceux qui financent des projets de RDI (recherche, développement et innovation) visant des technologies alternatives à faibles émissions.  Reste enfin les entités qui devront changer de modèle si aucune option technologique ne permet d'éviter la taxe carbone. Afin de réduire leur empreinte, ces entreprises pourraient, par exemple, se concentrer sur les concepts de circularité, de réutilisation ou de recyclage. 

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