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Les impôts des frontaliers échauffent les esprits
Luxembourg 3 min. 27.09.2021
Fiscalité franco-luxembourgeoise

Les impôts des frontaliers échauffent les esprits

Pour les élus lorrains et les syndicats luxembourgeois, Bercy doit faire machine arrière. Notamment pour garantir au Luxembourg l'attractivité nécessaire auprès d'une main-d'oeuvre dont le Luxembourg a besoin.
Fiscalité franco-luxembourgeoise

Les impôts des frontaliers échauffent les esprits

Pour les élus lorrains et les syndicats luxembourgeois, Bercy doit faire machine arrière. Notamment pour garantir au Luxembourg l'attractivité nécessaire auprès d'une main-d'oeuvre dont le Luxembourg a besoin.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 27.09.2021
Fiscalité franco-luxembourgeoise

Les impôts des frontaliers échauffent les esprits

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Que ce soit dans le Grand Est ou au Luxembourg, la mise en place par Bercy de nouvelles dispositions fiscales est loin de faire l'unanimité. Après les élus lorrains et l'OGBL, c'est au tour du LCGB de dénoncer, lundi, «le péril» que fait porter le dispositif sur le Grand-Duché.

Rien de mieux qu'un ennemi commun pour renforcer la cohésion d'un groupe, aussi disparate soit-il. Ce principe, vieux comme le monde, s'applique depuis quelques jours contre le ministère français des Finances suite aux nouvelles règles fiscales appliquées auprès de certains des ménages frontaliers français. Si, jusqu'à présent, la mesure avait fait principalement l'objet de protestations de la part d'élus lorrains, elle suscite désormais de l'indignation de la part des syndicats luxembourgeois.


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Près d'une semaine après l'OGBL qui annonçait vouloir engager une «bataille politique» contre Bercy, c'est au tour du LCGB d'entrer dans la danse. Dans un communiqué publié lundi, le syndicat chrétien-social dénonce «une décision purement interne du fisc français» dont les conséquences à terme pour le Luxembourg seraient catastrophiques. Car si le LCGB insiste bien sur la neutralité du fisc luxembourgeois dans ce dossier, il assure toutefois que ce nouveau dispositif représente un nouvel obstacle dans «l’attractivité du marché du travail luxembourgeois dans la Grande Région».


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Et donc qu'en l'état, la mesure réduit le pouvoir de séduction du Grand-Duché auprès d'une main-d'oeuvre dont le pays a cruellement besoin. Et le syndicat de rappeler que les résidents français représentent plus d'un frontalier sur deux (52,7%), tendance qui devrait encore s'accélérer dans les années à venir, selon les dernières prévisions démographiques. Un épisode fiscal qui s'inscrirait également dans une série de réformes entreprises côté luxembourgeois qui ont «à chaque fois visé une réduction du pouvoir d’achat de la main-d’œuvre frontalière», assure le communiqué qui demande à ce que le gouvernement prenne «des mesures politiques urgentes».


Thionville, Diedenhofen, Gare, Bahnhof, SNCF, TER, Zug, Train,  Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Côté français, l'impact potentiel de la mesure n'est pas non plus sous-estimé, à en croire Xavier Paluszkiewicz (LREM) qui assure «avoir alerté aussi bien les hauts fonctionnaires de Bercy que Matignon et l'Elysée». Le sujet devra donc être au menu des échanges prévus le 19 octobre prochain lors de la rencontre intergouvernementale prévue entre responsables français et luxembourgeois. Au même titre que la question des investissements sur le sillon lorrain, le développement du ferroutage ou bien encore le nombre maximal de jours de télétravail autorisés au-delà du 31 décembre 2021


Grenze
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Pour les élus lorrains, ce sujet devrait être résolu via «la signature dans les prochains mois d'un nouvel avenant à la convention fiscale». Une vision que ne partage pas le LCGB qui assure que sans la nouvelle version du texte adoptée en octobre 2019, «l’augmentation de la charge fiscale aurait été très substantielle».

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