Changer d'édition

Les handicapés restent exclus de l'entreprise
Luxembourg 2 min. 13.01.2021

Les handicapés restent exclus de l'entreprise

Au Luxembourg, les petites structures respectent mieux les quotas de salariés handicapés que les grandes unités.

Les handicapés restent exclus de l'entreprise

Au Luxembourg, les petites structures respectent mieux les quotas de salariés handicapés que les grandes unités.
Photo : EC
Luxembourg 2 min. 13.01.2021

Les handicapés restent exclus de l'entreprise

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
A peine 18% des sociétés de plus de 25 salariés respectent le quota fixé par la loi en termes de recrutement de salariés souffrant d'une déficience physique ou mentale. D'autant plus regrettable que de nombreuses aides sont possibles.

Au Luxembourg, actuellement, 914 agents de la fonction publique sont employés sous le statut de salarié handicapé. Dans le secteur privé, le nombre atteint les 3.222 personnes. Soit à peine 5% des effectifs en place dans les 2.359 sociétés de plus de 25 personnes recensées dans le pays. Une donnée ridiculement basse que vient de dévoiler le ministère du Travail. Et les services de Dan Kersch (LSAP) n'hésitent pas à souligner que 81,7% de ces entités ne respectent donc pas le quota minimal fixé par la loi.


Mieux inclure les handicapés dans la société
29 priorités, 55 objectifs et 97 actions concrètes en direction des 15% de la population atteinte d'un handicap. Corinne Cahen, la ministre de la Famille a présenté les mesures que le Luxembourg s’est engagé à prendre au cours de la période 2019- 2024.

Et la pire représentativité des salariés handicapés parmi les personnels en poste se trouve dans les plus grosses firmes. Ainsi, relève une réponse parlementaire adressée au député Sven Clement (Pirate) «dans la catégorie des entreprises de 300 salariés ou plus, ce taux est même de 98%». Là, seules trois des 157 entreprises de cette taille sont au niveau attendu...  

 Car depuis plusieurs années, un système de quota a été introduit. Ainsi, les entreprises de 25 salariés au moins sont tenues d'employer (à temps plein) un salarié handicapé a minima. Un recrutement spécifique qui doit représenter 2% des effectifs pour les sociétés de 50 salariés et plus; et 4% sitôt que les personnels dépassent les 300 personnes. 

Mais visiblement, pour divers motifs, les employeurs n'en ont cure. Ils préfèrent payer la «taxe de compensation» au Trésor public. Car en cas de refus d’un employeur privé d’embaucher le quota obligatoire de salariés handicapés, il doit s'acquitter d'une pénalité équivalente à 50% du salaire social minimum. Et cela aussi longtemps que dure le non-respect du chiffre de recrutement attendu.


«Réformer la tutelle des handicapés reste une priorité»
Alors que Corinne Cahen, la ministre de la Famille, présente ce mercredi les mesures que le gouvernement s'est engagé à prendre en vue d'améliorer la situation des personnes handicapées, la réforme de la loi sur les régimes de protection apparaît comme l'urgence d'Olivier Grüneisen, le directeur d’Info-Handicap.

Depuis des années, les autorités ont pourtant instauré des systèmes incitatifs afin d'améliorer la situation des candidats handicapés susceptibles d'entrer dans une carrière professionnelle. La dernière mesure en date (août 2019) étant la possibilité offerte à l'entreprise de disposer d'un assistant à l'inclusion. Un professionnel habilité à aider les sociétés à détecter les postes susceptibles d'être occupés par une personne à déficience physique ou mentale, mais aussi d'accompagner le salarié dans sa prise de fonction. 

Parmi le large éventail d'aides proposées par l'État, existent notamment la prise en charge (de 40 à 100%) du revenu du salarié handicapé ( charges patronales comprises), la contribution aux frais de formation, l'assistance pour gérer le lieu de travail et l'environnement de travail, la fourniture d'équipements de travail spécialisés.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Un congé pour s'occuper de nos proches dépendants
La plupart des structures de jour accueillant des personnes handicapées ou des personnes âgées qui ne sont plus autonomes, ont fermé leurs portes pour éviter la transmission du virus. Le gouvernement crée un congé inédit valable durant toute la crise.
«Réformer la tutelle des handicapés reste une priorité»
Alors que Corinne Cahen, la ministre de la Famille, présente ce mercredi les mesures que le gouvernement s'est engagé à prendre en vue d'améliorer la situation des personnes handicapées, la réforme de la loi sur les régimes de protection apparaît comme l'urgence d'Olivier Grüneisen, le directeur d’Info-Handicap.
Troubles de l’attention en entreprise: des talents à exploiter
À l’instar de la dyslexie et de certaines formes d’autisme, le TDAH (Trouble de déficit de l’attention) est une forme de «handicap invisible», susceptible de mettre bien des bâtons dans les roues des personnes atteintes, particulièrement dans l’inhospitalier monde du travail.