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"Les gouvernements doivent s'engager plus pour la fermeture de Cattenom"

"Les gouvernements doivent s'engager plus pour la fermeture de Cattenom"

Photo: Maurice Fick
Luxembourg 3 min. 26.02.2014

"Les gouvernements doivent s'engager plus pour la fermeture de Cattenom"

"Il devient urgent que les gouvernements du Luxembourg, du Pays de Sarre et de la Rhénanie Palatinat s’engagent davantage pour une fermeture de la centrale de Cattenom", estime Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.

Greenpeace a présenté mardi matin un rapport analysant les enjeux liés au vieillissement des réacteurs nucléaires français au-delà de 40 ans d'exploitation que l'ONG a commandé à Yves Marignac, directeur du cabinet Wise-Paris.

Le rapport envisage différents scénarios prospectifs de renforcement de ces réacteurs en fonction du degré d’exigence et de sûreté applicable et en analyse les coûts liés.

"D'après ce rapport, si EDF voulait exploiter ses réacteurs au-delà de 40 ans dans des conditions de sûreté proches de celles des nouveaux EPR, cela pourrait coûter 4 fois plus cher qu'annoncé, soit environ 4 milliards d'euros par réacteur", déclare Sébastien Blavier, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace. Ce rapport montre également que "le Grand Carénage d’EDF tel qu’annoncé par l’électricien s’inscrit dans un cadre de sûreté incomplet".

Sur la base de ce rapport, Greenpeace demande que "la future loi sur l’énergie fixe la limite d’âge de 40 ans comme durée de vie maximale des réacteurs français. Ce plafonnement devra être assorti d’un objectif d’au moins 45% d’énergies renouvelables pour la France d’ici 2030 pour pouvoir anticiper le remplacement des capacités nucléaires désinstallées progressivement".

L'ampleur du défi industriel

En France, 80% des centrales nucléaires vont atteindre l’âge de 40 ans entre 2017 et 2027. Depuis plusieurs mois, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) met en garde publiquement sur l’incertitude qui entoure une éventuelle extension, au-delà de 40 ans, de la durée de fonctionnement des réacteurs nucléaires français.

Le présent rapport "montre l'ampleur du défi industriel et de sûreté qui se présente à EDF si elle souhaite étendre le fonctionnement de ses réacteurs", souligne Greenpeace dans son communiqué daté de mardi. 

Cette éventuelle prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires s’inscrit dans le contexte de la future loi de programmation sur l’énergie. "Cette loi devra préciser l’engagement de François Hollande de réduire à 50% la part du nucléaire dans l’électricité française d’ici 2025. Actuellement en cours de finalisation au sein des ministères concernés, elle doit être votée en 2014 avec près de deux ans de retard sur le calendrier annoncé", note Greenpeace.

Cattenom : 30 ans de service déjà pour le premier réacteur 

Le premier réacteur de la centrale nucléaire de Cattenom qui a été mis en service en 1986, l’année de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, approche les 30 ans de service.

"Comme l’opérateur de la centrale de Cattenom a déjà déclaré son intention de prolonger la durée de vie des réacteurs jusqu’à 60 ans, il devient urgent que les gouvernements du Luxembourg, du Pays de Sarre et de la Rhénanie Palatinat, pays et états qui seraient directement affectés dans le cas d’un accident à Cattenom, s’engagent d’avantage pour une fermeture de la centrale de Cattenom et contre une prolongation de la durée de vie », estime Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg.


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