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Les frontaliers ne voient pas le bout du tunnel
Luxembourg 5 min. 18.07.2018

Les frontaliers ne voient pas le bout du tunnel

Les frontaliers ne voient pas le bout du tunnel

Photo: AFP
Luxembourg 5 min. 18.07.2018

Les frontaliers ne voient pas le bout du tunnel

Après les multiples grèves place aux travaux. Depuis le 14 juillet, la voie ferrée reliant Bettembourg à Luxembourg est fermée jusqu'au 24 août. Le vase déborde pour les frontaliers qui enchaînent les problèmes ferroviaires quotidiens depuis le mois d'avril.

(Noémie Koppe) – Grèves, pannes, problèmes d'aiguillage et maintenant les travaux. Les frontaliers n'en peuvent plus des retards permanents et des trajets interminables. Au départ de Nancy, Metz, Hagondange, Thionville ou encore Hettange-Grande, les gens se bousculent pour entrer dans les TER, qui roulent seulement en unité simple entraînant une baisse considérable de la capacité d'accueil des passagers. «Comme il n'y a qu'une rame, les gens sont debout dès Metz» raconte Christophe.


Travaux: quatre lignes CFL perturbées cet été
De nouveaux travaux sur les infrastructures ferroviaires luxembourgeoises vont se dérouler cet été. Quatre lignes seront perturbées: la ligne 10 (Luxembourg – Troisvierges – Gouvy); la ligne 50 (Luxembourg – Kleinbettingen – Arlon); la ligne 60 (Luxembourg – Esch-sur-Alzette – Pétange – Rodange) et la ligne 90 (Luxembourg – Bettembourg –Thionville – Metz – Nancy).

Avec les travaux, les TER changent leur terminus pour finir leur course à Bettembourg, où des bus attendent les passagers pour les emmener à la Cloche d'Or ou à la gare de Luxembourg. Malgré la mise en place des bus, les problèmes persistent et renforcent le ras-le-bol des frontaliers qui n'hésitent pas à le faire savoir sur Twitter:

Ce 18 juillet - jour de circulation presque sans encombre pour les trains - après seulement trois jours de travaux, les solutions proposées par les CFL ne suffisent pas. Les usagers dénoncent un manque de bus au départ de Bettembourg, augmentant l'attente sur le quai et rallongeant le temps de trajet.

«Je suis partie à 7 heures 45 d'Hagondange, j'ai mis environ 1 heure 30 pour faire le trajet jusqu'à mon boulot» explique Catherine. En partant de Thionville, le temps de trajet augmente légèrement mais au départ d'Hagondange et Metz, il peut être multiplié par deux à l'aller et au retour. La situation devenant très vite insupportable pour les frontaliers. 


Sans compter le manque de bus au départ de Bettembourg. «C'est difficile, on met deux fois plus de temps et il n'y a pas assez de bus pour aller à la Cloche d'Or» rajoute Catherine. Pour Willer, il faut savoir prendre son mal en patience «c'est une situation difficile qui demande de l'organisation mais on n'a pas le choix, venir en voiture c'est pire». 

Des conditions difficiles

Les passagers s'entassent dans les trains pour espérer arriver à l'heure au travail. Beaucoup n'ont pas la chance de trouver une place assise les obligeant à s'asseoir dans les escaliers ou à rester debout serrés les uns contre les autres, ne respectant plus les normes de sécurité des TER. A la sortie des trains, les gens, à la limite de la bousculade, se dépêchent de sortir pour courir attraper un bus à la gare de Bettembourg renommée «Bordelbourg». 

Et la situation se répète pour chaque arrivée de bus le matin et chaque départ de train le soir. Chacun veut réduire son temps de trajet, avoir une place assise et perd patience. Les passagers soufflent, râlent, essaient de doubler... Cela en devient presque une course. «Je la vis assez mal cette situation, les bus sont complètement blindés, on n'a aucune place, on a du mal à respirer dedans et l'organisation est mauvaise» raconte Christophe.

Les frontaliers s'empressent de rentrer dans le bus pour aller à la Cloche d'Or.
Les frontaliers s'empressent de rentrer dans le bus pour aller à la Cloche d'Or.
Noémie Koppe

Celles et ceux qui n'ont pas eu la chance d'attraper leur bus doivent attendre en moyenne 30 minutes. Mais par «miracle» selon les usagers, en ce 18 juillet, des bus supplémentaires ont été mis en place à destination de la gare de Luxembourg, réduisant légèrement la course quotidienne des passagers.

En revanche, la situation dans les trains ne change pas pour le moment. Pour faire entendre la voix des usagers à ce propos, l'Association des voyageurs TER Metz-Luxembourg a envoyé un courrier à Vincent Téton, directeur régional de TER Grand Est, dans lequel elle dénonce les mauvaises conditions de transport et le manque de sécurité.

Des solutions de secours mises en place

Pour les habitants de Metz, Thionville et alentours, des bus de substitution sont mis en place depuis le premier jour des travaux. Au départ de la gare de Metz ou Thionville, ils prennent chaque passager titulaire d'un billet ou d'un abonnement de train. «Comme je travaille en face de la gare à Luxembourg, j'ai essayé les deux modes de transport et le bus au départ de Thionville est le plus pratique pour moi. D'habitude je mets entre 25 et 30 minutes en train, là je mets presque 1 heure» explique Isabelle. 

Un trajet assis, sans être collés les uns aux autres mais qui dépend du trafic routier. «Au niveau de l'organisation ça va, c'est un peu plus long que d'habitude parce qu'il y a les bouchons. C'est plus aléatoire mais comme je suis Thionvillois, j'ai directement le bus qui fait Thionville-Luxembourg» expose Mathieu. «Il y a des aspects positifs et négatifs, mais on espère que ça va servir à améliorer le trajet quotidien en train» rajoute-t-il. Pour les Thionvillois, ces bus de substitution semblent être la meilleure solution.

Les bus 300, 301, 303 et 323 prennent également les voyageurs disposant d'un titre de transport vers le Luxembourg.

Pour ceux qui préfèrent partager les trajets, le hashtag #CovoitMetzLux est de retour sur Twitter. Les frontaliers proposent des places disponibles dans leur voiture sur leur trajet quotidien via ce hashtag. Une solution plus conviviale qui évite de passer par les plateformes payantes. Et pour ceux qui préfèrent prendre le train, le jeu «Bingo» a été lancé mardi 17 juillet pour occuper tout le monde durant ces longs trajets d'été. 

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19h50: plus de 1.000 personnes se retrouvent à la gare centrale de Luxembourg où elles sont bloquées: pas de bus comme annoncé par les CFL.