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Les Français du Benelux très courtisés

Les Français du Benelux très courtisés

Photo: AFP
Luxembourg 4 min. 30.05.2012

Les Français du Benelux très courtisés

Forte des 53,12% de suffrages accordés à  Nicolas Sarkozy par les Français du Benelux au second tour de la présidentielle,  la droite espère remporter la 4e circonscription des Français de l'étranger  (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) mais aborde le scrutin extrêmement divisée.  Le point sur les candidats. Premier tour dimanche...

(AFP). - Les 97.000 électeurs inscrits dans les trois pays du Benelux ont commencé à voter mercredi dernier par internet. Le premier tour, qui se déroulera le 3  juin, une semaine avant la France, demeure très incertain d'autant que  l'abstention est généralement très élevée. Au second tour de la présidentielle, le 6 mai dernier, 48% des électeurs  inscrits au Benelux se sont abstenus. Ils étaient 50% au premier tour.  

Candidate officielle de l'UMP, l'ancienne secrétaire d'Etat aux solidarités,  Marie-Anne Montchamp, est qualifiée de «parachutée» par ses rivaux. Mme Montchamp, ex-député du Val-de-Marne, assume. «Evidemment c'est un parachutage, mais j'apporte mon expérience de parlementaire et de politique»,  soutient-elle.  

Ancien délégué de la section UMP en Belgique et conseiller sortant à  l'Assemblée des Français de l'étranger, Georges-Francis Seingry, qui se présente sous l'étiquette du «Rassemblement des Français de l'étranger», est parmi les   plus virulents à dénoncer ce «parachutage». «J'ai un doute quant à l'efficience dont vous pourriez faire preuve à notre  égard, alors que vous ne connaissez ni nos associations, ni nos activités, ni  nos besoins, ni nos desiderata et quant à être +proche de nous+ il faudrait pour  cela que vous résidiez au Benelux», lui assène-t-il dans une lettre ouverte  publiée sur son site de campagne.  

Virginie Taittinger vise aussi les électeurs de M. Sarkozy (34,94% au  premier tour de la présidentielle au Benelux). Installée à Bruxelles depuis onze ans, «l'héritière» de la dynastie du champagne est candidate sous l'étiquette  «Union du Centre et de la Droite», se présentant comme une «femme issue de  l'entreprise». Elle brigue les suffrages des modérés de l'UMP et des électeurs de François Bayrou (13,90% au premier tour).  

Mais le MoDem soutient officiellement un autre candidat, Tanguy Le Breton, conseiller sortant à l'Assemblée des Français de l'étranger.

L'ancien porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, part à la bataille sous les  couleurs du parti radical de Jean-Louis Borloo dont il est membre, tandis que  Ruben Mohedano-Brèthes se présente au nom de l'»Alliance centriste» du sénateur Jean Arthuis.  

Les chrétiens-démocrates de Christine Boutin soutiennent quant à eux  Stéphane Buffetaut.  

Le candidat socialiste, Philip Cordery, fait son miel des divisions à droite. Installé à Bruxelles depuis 2004, secrétaire général du Parti socialiste  européen (PSE), il met en avant ses appuis parisiens et son rôle d'ancien conseiller de François Hollande sur les questions européennes, au risque de  nourrir l'image «d'apparatchik» que dénoncent ses adversaires. Au premier tour de la présidentielle, M. Hollande avait obtenu 25,42% des  suffrages au Benelux.

Mais le candidat PS doit aussi compter avec des divisions dans son camp. Il  trouvera ainsi face à lui Nadia Bourahla, soutenue par le PRG et Génération  écologie.

Europe Ecologie-Les Verts, avec Perrine Ledan, et le Front de gauche, avec Charlotte Balavoine, sont également en lice là où Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon avaient recueilli respectivement 6,10% et 9,79% des voix.  

Le Front national dont la présidente, Marine Le Pen, n'a recueilli au  Benelux que 6,85% des suffrages à la présidentielle présente Sophie Duval.  

Une candidate divers-droite, Elisabeth Chevalier, un représentant de Jacques Cheminade (0,46% à la présidentielle), Guillaume Dubost, et un candidat du Parti  pirate, Pablo Martin Gomez, complètent la liste. 

Inclassable, Elisabeth Valenti, du "Parti des partisans de l'abolition des dispositifs automatiques qui nous brisent les urnes", affirme sur sa profession  de foi: «ne votez pas pour nous».