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Les fonctionnaires européens en grève mercredi
Luxembourg 3 min. 05.06.2013 Cet article est archivé

Les fonctionnaires européens en grève mercredi

Les fonctionnaires européens à Luxembourg comptent faire entendre leur voix lors de la prochaine session du Parlement européen, le 12 juin

Les fonctionnaires européens en grève mercredi

Les fonctionnaires européens à Luxembourg comptent faire entendre leur voix lors de la prochaine session du Parlement européen, le 12 juin
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 05.06.2013 Cet article est archivé

Les fonctionnaires européens en grève mercredi

Une grève interinstitutionnelle est prévue mercredi 5 juin. En solidarité avec leurs collègues bruxellois de la Commission et du Conseil, les fonctionnaires basés à Luxembourg participeront à une «journée d'action sociale», en attendant une prochaine mobilisation le 12 juin.

Au Luxembourg, la «journée d'action sociale» prendra la forme d'une grève du zèle : les fonctionnaires sont invités à se rendre sur leur lieu de travail... sans travailler. Robert Klar, membre de l'Union syndicale Luxembourg et président du Comité du personnel de la Commission à Luxembourg, explique qu'à l'issue d'une réunion intersyndicale vendredi 31 mai, les délais de préavis pour participer à une grève interinstitutionnelle ont été jugés trop courts. A la place, les fonctionnaires sont donc invités à participer à une journée sans ordinateur.

Au Luxembourg, on compte toutefois ne pas en rester là et organiser une grève la semaine prochaine, en pleine session strasbourgeoise du Parlement européen. La date retenue serait celle du mercredi 12 juin, il s'agirait non pas d'une grève générale mais d'une grève ciblée, de certains services indispensables au bon fonctionnement de la session plénière.

La dernière grève des fonctionnaires européens date du 7 mai mais l'appel ne concernait alors que les quelque 3.500 fonctionnaires du Conseil de l'Union européenne. Au Luxembourg, elle date de novembre 2012.

Les fonctionnaires sont toujours vent debout contre la politique d'austérité exigée du Conseil qui leur ferait perdre un pouvoir d'achat non négligeable, un projet qui va plus loin que celui de la Commission présenté en novembre 2011.

La Commission avait alors proposé, entre autres modifications du statut des fonctionnaires européens, d'augmenter le temps de travail hebdomadaire de 37,5 heures à 40 heures et de repousser de 63 à 65 ans l'âge de départ à la retraite. L'ensemble des mesures envisagées doit permettre de réaliser des économies estimées à un milliard d'euros sur le budget 2014-2020.

Les Etats demandent à la Commission de faire plus

Les Etats membres, eux, ont demandé début février un milliard et demi d'économies supplémentaires sur ce poste, soit 2,5 milliards d'euros d'économies en tout. Le Parlement européen doit encore se prononcer sur ce projet alors que, selon Robert Klar, les Etats membres continuent de réfléchir à des mesures supplémentaires.

Aux yeux des services administratifs de l'UE, la demande en l'état revient notamment à :

  • geler les salaires pendant deux ans ;
  • baisser de 20% le salaire des futurs secrétaires trilingues ;
  • repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans ;
  • ralentir voire bloquer les carrières ;
  • diminuer l'allocation de voyage ;
  • réduire les rémunérations réelles de 30% sur une période de 20 ans.

Les syndicats mettent par ailleurs en avant une réforme de leur statut déjà opérée en 2004 et qui a fait économiser quelque cinq milliards d'euros. Ils considèrent que les personnes recrutées après 2004 seraient les plus touchées par les nouvelles coupes.

Les salaires des fonctionnaires européens s'échelonnent de 2.600 à 4.400 euros bruts pour le personnel d'exécution (secrétaires, assistants) et de 4.400 à 18.400 euros bruts pour les agents de conception. A cela peuvent s'ajouter une prime d'expatriation qui s'élève à 16% du salaire brut, des allocations familiales d'environ 400 euros par mois et par enfant jusqu'à 26 ans et la gratuité totale des frais de scolarité.

Dominique Nauroy