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Les femmes recourent plus souvent à la PMA
Luxembourg 4 min. 30.10.2019

Les femmes recourent plus souvent à la PMA

Cette année, le Laboratoire national de procréation médicalement assistée devrait réaliser plus de 700 fécondations in vitro.

Les femmes recourent plus souvent à la PMA

Cette année, le Laboratoire national de procréation médicalement assistée devrait réaliser plus de 700 fécondations in vitro.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 30.10.2019

Les femmes recourent plus souvent à la PMA

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les couples ou femmes seules faisant appel au Laboratoire de procréation médicalement assistée sont de plus en plus nombreux. Depuis 2006, près d'un millier de bébés sont ainsi nés au Luxembourg suite à insémination ou fécondation in vitro.

Lisa a aujourd'hui treize ans. Quelque part, au Luxembourg, vous l'avez peut-être croisée sans savoir que cette adolescente désormais était la première enfant née au Grand-Duché issue d'une procréation médicalement assistée. Depuis le Laboratoire de PMA a eu bien d'autres bébés à son actif, pour le bonheur des couples ou des femmes célibataires infertiles venus lui confier leur attente de naissance. «Dans le pays, comme pour le reste des pays occidentaux, il faut savoir que près de 15% des couples n'arrivent pas à concevoir d'enfant seuls», note le Dr Thierry Forges, biologiste qui dirige le Laboratoire, au 2e étage du Centre hospitalier de Luxembourg.

Aujourd'hui, sur la planète et depuis 1978, plus de 7 millions d'enfants ont ainsi été conçus par fécondation in vitro. Pour le pays, le chiffre dépasse le millier alors que la pratique n'a débuté qu'en 2005. «Ces derniers temps, il est clair que le nombre de naissances PMA n'a fait qu'augmenter ici, de 5 à 10% par an», commente le Dr Forges. Et de relativiser immédiatement : «Ces chiffres ne tiennent pas compte des patientes qui sont allées voir dans des cliniques à l'étranger».

C'est qu'à 60 km à la ronde, d'autres établissements pratiquent également l'assistance à la procréation. A Trèves en Allemagne, à Metz en Lorraine, à Libramont en Wallonie. Parfois, le choix de l'étranger s'explique pour des questions de confidentialité, parfois parce que le rendez-vous avec un gynécologue y sera plus rapide que les trois mois d'attente généralement appliqués au CHL.

A l'inverse, comme le Laboratoire est aussi ouvert aux couples lesbiens, certaines femmes viennent des pays voisins pour bénéficier du savoir-faire des équipes luxembourgeoises. «Mais c'est une part infime. On est loin du tourisme procréatif que craignent certains», modère immédiatement le chef de service.

L'âge de la dame reste la clé de la réussite

Si d'année en année, les résultats de procréation médicalement assistée progressent au Laboratoire, le Dr Forges rappelle toujours que certes la médecine progresse mais qu'il appartient surtout aux intéressé(e)s de bien choisir l'âge auquel accéder à la PMA. «Désolé, mais l'âge de la dame reste la clé de la réussite, dans la nature comme en laboratoire. Passé 40 ans, le taux de réussite de la grossesse chute vertigineusement.» 


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Et ce n'est pas sans poser de problème à l'heure où les femmes ont leur première grossesse de plus en plus tardivement. Au Luxembourg, cet âge est de 31 ans. «Etrangement, dans un monde hyper-informé, les hommes et les femmes perdent de vue cette notion et imaginent des maternités réalisables à tout moment de la vie active, il faut parfois tempérer cette attente.» 

D'ailleurs, pour la fécondation in vitro (FIV), l'acte n'est remboursé par la Caisse nationale de Santé que jusqu'au 43e anniversaire de la femme. «Il n'empêche que pour un quart des consultations, les dames qui viennent nous consulter ou pratiquent une ponction ont plus de 40 ans».

Aujourd'hui, au Luxembourg comme dans le reste des pays industrialisés, l'infertilité est en hausse. De 12 à 15% des couples n'arrivent pas à concevoir de bébé pour des raisons qui tiennent aussi bien à cette question d'âge, qu'à des infections mais également aux multiples influences environnementales dont l'exposition à des perturbateurs endocriniens. «Mais maintenant qu'il existe des traitements performants et que rester sans enfants n'est plus une fatalité physique, le recours à la PMA est devenu un geste accessible pour une majorité de la population concernée.»

Si les couples hétérosexuels représentent la très grande majorité des consultations, une petite partie des FIV et inséminations effectuées concerne des couples lesbiens (5%) ou des femmes seules (2,5%). «Pour ces deux catégories, comme pour toute demande d'acte faisant appel à un don de sperme, ce sera le même parcours et processus psychologique à suivre», indique Thierry Forges.

Transparence

Psychologie, il en est souvent question entre le premier rendez-vous avec le gynécologue et l'annonce de la réussite ou non de la fécondation. Compris quand il s'agit d'aborder la question des risques de malformation des bébés. «Il y a bien un léger surrisque. Il faut savoir l'annoncer et intégrer auprès des hommes et des femmes face à nous.» Ainsi, si le taux de malformation à la naissance approche généralement les 3% des bébés, pour les PMA ce risque est de 0,5% à 1,5% supérieur à la moyenne. 

«Cette transparence est la règle à chaque étape, conclut le chef du Laboratoire. Les gens nous confient leur projet le plus précieux, il est important qu'ils aient toutes les informations en mains pour faire leur choix.»

«Le don d'ovocyte étant interdit au Luxembourg, les femmes souhaitant bénéficier de cette pratique sont réorientées vers la Belgique ou l'Espagne», explique le Dr Thierry Forges.
«Le don d'ovocyte étant interdit au Luxembourg, les femmes souhaitant bénéficier de cette pratique sont réorientées vers la Belgique ou l'Espagne», explique le Dr Thierry Forges.
Photo: Pierre Matgé




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