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Les femmes enceintes reconnues comme «vulnérables»
Luxembourg 4 min. 14.10.2020 Cet article est archivé

Les femmes enceintes reconnues comme «vulnérables»

Le changement se veut avant tout préventif; un rappel de prudence adressé aussi bien aux salariées en cours de grossesse qu'à leur employeur.

Les femmes enceintes reconnues comme «vulnérables»

Le changement se veut avant tout préventif; un rappel de prudence adressé aussi bien aux salariées en cours de grossesse qu'à leur employeur.
Photo : Getty Images
Luxembourg 4 min. 14.10.2020 Cet article est archivé

Les femmes enceintes reconnues comme «vulnérables»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
L'employeur devra veiller sur les futures mamans en permettant qu'elles soient le moins possible exposées à un éventuel risque de contamination au covid-19. La consigne vient d'être préconisée par le Conseil supérieur des maladies infectieuses.

Le Conseil supérieur des maladies infectieuses du Luxembourg a tranché : oui, toute femme enceinte doit être considérée comme une «personne vulnérable» face au covid-19. Un statut officiel qui met les futures mamans au même niveau de vigilance face à l'épidémie que, par exemple, les seniors de plus de 65 ans, les malades souffrant d'un diabète mal contrôlé, des sujets atteints par une maladie cardiovasculaire, ou concernés par des problèmes d'obésité ou d'hypertension artérielle préoccupants.

Cela change quoi? «La traduction la plus concrète se fait au niveau de l'employeur de la femme en question», traduit le Dr Françoise Berhet. Et la directrice adjointe de la direction de la Santé d'expliquer : «Sitôt ce statut reconnu, un aménagement du poste de travail peut être envisagé dans les cas où la protection face au virus peut sembler critique pour l'état de santé de la salariée.» Par exemple, en cas de travail effectué dans un bureau fort fréquenté ou à la ventilation mal assurée. «Mais cela peut aussi être un accueil sans protection plexiglas».

Si l'aménagement ne peut être envisagé, il est alors fortement recommandé d'essayer de «trouver un autre lieu de travail moins exposé». Mais attention, précise le Dr Berthet «en aucun cas ce statut n'octroie de fait aucun droit de retrait du salarié ou aucune dispense de travail. Seul l'état de santé peut justifier un arrêt de l'activité de la salariée».

D'ailleurs, seul un certificat établi par un généraliste ou un spécialiste (gynécologue par exemple) peut justifier auprès de l'employeur de l'état de future mère de famille. Autrement dit, pas seulement un test de grossesse urinaire positif trois jours après un rapport fécond.


Cette année, le laboratoire national de procréation médicalement assistée devrait réaliser plus de 700 fécondations in vitro.
Les femmes recourent plus souvent à la PMA
Les couples ou femmes seules faisant appel au Laboratoire de procréation médicalement assistée sont de plus en plus nombreux. Depuis 2006, près d'un millier de bébés sont ainsi nés au Luxembourg suite à insémination ou fécondation in vitro.

Pour le Dr Berthet, cette nouvelle classification a aussi un but préventif. Attirer, si besoin est, l'attention des femmes concernées sur les nécessaires précautions à prendre face au coronavirus. Pas seulement l'application de gestes barrières mais aussi des changements de comportement au quotidien, «comme choisir de faire ses achats dans les tranches horaires où les magasins sont moins fréquentés». 

La direction de la Santé entend aussi par ce biais faire une piqûre de rappel à une catégorie d'âge que l'épidémie impacte de plus en plus. Certes près de la moitié des cas mortels déplorés au Luxembourg concerne des seniors. Mais la moyenne d'âge des personnes infectées par le virus, elle, ne cesse de baisser. Au dernier bilan des autorités, elle s'établissait à 37 ans. Quand l'âge moyen des maternités au pays tourne autour des 31 ans.

«Il s'agit là d'une tranche d'âge dont on sait que les rapports sociaux sont plus décomplexés face à l'épidémie, donc autant rappeler aux filles d'abord, mais aussi à leur entourage que la grossesse reste un temps où l'on doit moins s'exposer aux risques connus pour sa santé».

Reste que la représentante de la direction de la Santé se veut rassurante: d'après les études médicales en cours, les femmes enceintes ne sont ainsi pas plus sujettes au covid-19 que la moyenne. «Par contre, les recherches montrent que le nombre de futures mamans admises en réanimation dépasse les projections statistiques. C'est donc qu'il y a bien risque de conséquences sérieuses en cas d'infection pour cette catégorie.» Ajoutant qu'à l'heure actuelle, «aucune évidence n'existe sur une fréquence élevée de transmission du virus au fœtus».

Rien de tel toutefois que le principe de précaution, alors que le virus a déjà frappé plus de 11.350 résidents au Grand-Duché depuis mars dernier.


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