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Les entreprises se disent prêtes pour le CovidCheck
Luxembourg 9 min. 14.01.2022
Mesures sanitaires

Les entreprises se disent prêtes pour le CovidCheck

A partir de ce samedi, les entreprises seront dans l'obligation de vérifier le statut Covid de leurs employés avant qu'ils commencent à travailler.
Mesures sanitaires

Les entreprises se disent prêtes pour le CovidCheck

A partir de ce samedi, les entreprises seront dans l'obligation de vérifier le statut Covid de leurs employés avant qu'ils commencent à travailler.
Photo : Marc Wilwert
Luxembourg 9 min. 14.01.2022
Mesures sanitaires

Les entreprises se disent prêtes pour le CovidCheck

A partir de ce samedi, la règle de la 3G (testé, guéri ou vacciné) sera obligatoire sur le lieu de travail. Malgré quelques conflits, les entreprises se montrent jusqu'à présent majoritairement sereines.

(tb avec ThK, MeM, ndp et mab) Malgré les récentes interrogations de la Chambre de commerce ou encore la résistance de la part des syndicats, le CovidCheck deviendra bien une réalité à partir de ce samedi 15 janvier dans les entreprises. Selon cette règle, les employés qui ne sont ni vaccinés ni guéris doivent soit présenter chaque jour un test négatif, soit ne pas se rendre sur leur lieu de travail.


13.01.2022 Illustration , Symbolfoto ,  Covid - Check Covidcheck am Arbeitsplatz 3G 3 G , Foto : Marc Wilwert / Luxemburger Wort
Voici comment faire pour présenter un CovidCheck valide
Il faudra être vacciné, testé ou guéri dès ce 15 janvier pour pouvoir accéder à son lieu de travail. Mode d'emploi des règles à respecter pour se conformer au régime «3G».

Ce changement est perçu dans la plupart des entreprises avec une certaine sérénité. Sur les chantiers du pays, Pol Faber, secrétaire général du Groupement des entrepreneurs, ne s'attend pas pour autant à des problèmes majeurs. «Nous entendons de nos entreprises qu'en gros, environ 90% des employés sont vaccinés. Ceux qui ne sont pas vaccinés ou guéris doivent faire un test et le présenter soit la veille, soit le matin avant d'arriver sur le chantier», explique-t-il. Jusqu'à présent, il n'y a guère eu de résistance aux mesures prises dans les entreprises, l'accueil étant «majoritairement positif».

Un sentiment partagé également du côté de la Fédération des industriels luxembourgeois (FEDIL). Le directeur René Winkin n'exclut toutefois pas que «certaines entreprises rencontrent de sérieux problèmes d'organisation et, dans le pire des cas, des pertes de production». Il y a en effet des signes qui montrent que des groupes de travailleurs refusent les nouvelles règles et ne veulent pas du tout s'y conformer, ou seulement dans des conditions inacceptables. Nous comptons ici sur les acteurs publics, mais aussi sur nos partenaires sociaux, pour réprimer et condamner ensemble les éventuels abus et les comportements non solidaires», dit-il.


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Selon la taille de l'entreprise et la nature de ses locaux, il n'est pas facile, en termes d'organisation, de vérifier quotidiennement l'accès des travailleurs. Le fait que les entreprises soient autorisées à créer des listes sur le statut de leurs employés aide à y parvenir. 

Avec environ 4.580 employés, les CFL sont le deuxième employeur du pays. En conséquence, le service du personnel a fait une rotation ces derniers jours pour mettre en place des points de contrôle. «Nous n'avons pas une usine ou un bâtiment où tout le monde arrive, mais des stations très différentes réparties dans tout le pays. Les gens vont et viennent à des heures différentes, sans compter les sous-traitants», explique Yves Baden, directeur des ressources humaines. Des collaborateurs ont été affectés aux contrôles, et il faut en plus faire appel à du personnel externe. Entre-temps, tout est organisé et Yves Baden envisage lui aussi le premier jour de la 3G avec une relative sérénité.

Des badges désactivés

De nombreux employés ont signalé à son service leur statut de vacciné ou de guéri. Aujourd'hui, environ 3.500 d'entre eux figurent sur la «liste blanche», qui est mise à jour en permanence. Cela signifie qu'ils sont entièrement vaccinés ou guéris et qu'ils ne sont pas soumis aux contrôles. Leurs cartes-clés pour l'accès aux bâtiments ont été activées - et le resteront tant que le statut «2G» (vacciné ou guéri) sera valable.

De même, chez le sidérurgiste ArcelorMittal, les médecins du travail établissent pour chaque site des listes de travailleurs ayant fourni une preuve de leur statut de vaccination et de guérison. Pour les autres employés, leur badge personnel est désactivé et ils ne peuvent accéder au site qu'avec un test Covid certifié, explique un porte-parole de l'entreprise. 


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Comment ces travailleurs vont-ils réagir ? Yves Baden des CFL ne s'attend pas à une révolution. Néanmoins, comme le directeur de la FEDIL, René Winkin, il se demande à combien de pertes de personnel les CFL doivent s'attendre - en plus d'Omicron. «Il se peut que nous assistions à une augmentation des congés maladie. C'est la vraie inconnue», dit-il. Jusqu'à présent, les mesures ont été plutôt bien acceptées. «Mais nous ne verrons la vérité que le samedi et le lundi».

«Ce n'est pas notre travail»

La principale raison de la règle «3G» (testé, guéri ou vacciné) sur le lieu de travail était l'objectif du gouvernement d'augmenter la pression via cette mesure et d'inciter ainsi davantage de personnes à se faire vacciner. C'est ce qu'a déclaré Michel Reckinger, président de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), dans une récente interview, en faisant référence à l'ex-ministre du Travail Dan Kersch (LSAP). Celui-ci avait formulé qu'il s'agissait d'exercer une pression par la «voie financière».

Les syndicats avaient vivement critiqué cette idée au préalable. «Il s'agit ici d'une question de société qui est déplacée sur le lieu de travail», clarifie la présidente de l'OGBL Nora Back. »La politique dit : faites-vous vacciner ! Nous soutenons cela avec tout ce que nous avons. Mais certains ne le veulent pas. Du coup, la politique augmente la pression. Nous pensons que cela ne fait que provoquer une opposition. Pourtant, c'est nous qui devons maintenant transmettre cette pression. Ce n'est pas notre travail, ni celui des employeurs, ni celui des syndicalistes».


13.01.2022 Illustration , Symbolfoto ,  Covid - Check Covidcheck am Arbeitsplatz 3G 3 G , Foto : Marc Wilwert / Luxemburger Wort
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La Banque Raiffeisen, dont le siège social se trouve à Leudelange, a indiqué avoir informé ses plus de 600 collaborateurs, juste après le vote du Parlement en décembre, des conditions dans lesquelles la banque entendait appliquer la règle du CovidCheck. «A la fin de la semaine dernière, nous avons donné plus de détails pratiques afin que chaque collaborateur puisse prendre individuellement ses dispositions et se préparer au mieux», explique Laurent Derkum, directeur des ressources humaines et de la communication.

Là encore, depuis lundi, les employés peuvent s'inscrire volontairement sur une liste, gérée conformément aux règlements en vigueur en matière de protection des données, sur présentation d'un certificat de vaccination valide. Avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles, tous les employés non inscrits sur la liste devront présenter un certificat de vaccination valide ou un test certifié à la réception du bâtiment principal avant de commencer à travailler. «Tous les matins, le service des ressources humaines comparera les différentes listes et vérifiera que tous les employés présents sur place sont soit inscrits sur la 'liste de vaccination', soit ont présenté un justificatif à la réception», explique le directeur des ressources humaines, Laurent Derkum.   

Le télétravail comme alternative

Si un employé se trouve dans l'établissement sans s'être identifié conformément aux règles, il lui est demandé de le faire immédiatement ou de quitter le bâtiment. Dans les agences de la banque, le contrôle est effectué sur place par le directeur de l'agence et centralisé par le service du personnel. «Dans le restaurant d'entreprise», explique encore la banque, «les règles G2+ s'appliquent et elles sont contrôlées conformément aux dispositions gouvernementales».

L'entreprise industrielle DuPont de Nemours à Contern ne peut offrir le home-office qu'à une minorité de ses employés. Le fabricant de matières plastiques organise depuis quelques semaines une introduction flexible des règles 3G. «Nos activités comprennent le pré-enregistrement de nos employés et contractants afin qu'ils puissent accéder au site comme d'habitude à partir du 15 janvier», fait savoir le porte-parole de l'entreprise Willem Buitelaar. «Les entreprises sous contrat ont été informées afin qu'elles puissent prendre des mesures de leur côté».


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A partir de samedi, le contrôle Covid sera effectué par les gardiens à l'entrée principale du site de DuPont. Tout employé (plus de 1.100 au total) qui ne s'est pas enregistré au préalable, tout visiteur et tout contractant ne pourra pénétrer sur le site par cette entrée qu'en présentant un code QR Covid-19 valide et une pièce d'identité.

Les travailleurs doivent alors s'assurer que les nouvelles règles sont bien respectées. «L'Inspection du travail et des mines (ITM) vérifiera si l'employeur et le travailleur ont appliqué ces nouvelles règles. Des contrôles aléatoires seront effectués en fonction du nombre de travailleurs dans les entreprises», explique une porte-parole de l'ITM. 

A l'origine, la 3G au travail devait également être un pas vers la normalité. Après le contrôle d'accès, les masques devaient par exemple pouvoir tomber. «Mais à cause d'Omicron, c'est le contraire qui s'est produit, nous avons resserré les mesures», explique Yves Baden des CFL. «Bien entendu, toutes les autres mesures sanitaires comme le masque et la distance resteront en vigueur», dit-on également à la Banque Raiffeisen. La normalité dans les bureaux, les halls d'usine ou sur les chantiers s'éloigne donc un peu plus.

Qui paye les tests pour aller au travail ?

 «Nous estimons prudemment que le taux de vaccination a augmenté ces dernières semaines, de sorte qu'environ 90 pour cent des employés des entreprises artisanales sont vaccinés. Le nombre d'employés qui doivent présenter un test est quand même relativement faible», explique Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers. 

Mais qui supporte les coûts des tests sur le lieu de travail ? «Cette question se pose effectivement, car les tests représentent un coût pour les entreprises. Nous pensons que ce n'est pas forcément l'employeur qui doit payer, car au final, c'est quand même le choix de chaque employé de se faire vacciner ou non». Selon lui, il est beaucoup question de droits individuels dans cette pandémie de coronavirus. «Celui qui fait donc usage de ce droit et ne se fait pas vacciner devrait également en supporter les coûts. Ce serait la conséquence logique».

Concrètement, certaines entreprises participent aux frais, d'autres les partagent avec les employés concernés. Mais d'un autre côté, certaines entreprises estiment que l'employé non vacciné doit assumer seul les coûts. Actuellement, les salariés peuvent se faire tester gratuitement dans cinq centres du pays jusqu'au 28 février. «Cela reste donc gérable dans un premier temps. Mais la question se pose de savoir comment les choses vont évoluer par la suite, combien de temps la situation actuelle va durer».  

Dans les entreprises horeca, la règle de la 3G pour les collaborateurs est déjà en vigueur depuis un certain temps. «La mise en œuvre de la 3G sur le lieu de travail est tout à fait satisfaisante. De ce fait, le taux de vaccination dans notre secteur a continué à augmenter ces dernières semaines», résume François Koepp, secrétaire général d'Horesca. Dans de nombreux cas, l'entreprise a payé les tests quotidiens pour les travailleurs non vaccinés.

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