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Les entreprises peuvent vacciner... «théoriquement»
Luxembourg 3 min. 05.02.2021

Les entreprises peuvent vacciner... «théoriquement»

Pour l'heure, 15.407 doses anti-covid ont été administrées au Grand-Duché.

Les entreprises peuvent vacciner... «théoriquement»

Pour l'heure, 15.407 doses anti-covid ont été administrées au Grand-Duché.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 05.02.2021

Les entreprises peuvent vacciner... «théoriquement»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Si le Luxembourg a lancé sa campagne de vaccination anti-covid depuis cinq semaines, aucune société n'a encore proposé l'injection anti-covid à ses salariés. Et pour cause : impossible de s'en procurer.

Petites structures artisanales ou grandes sociétés partagent actuellement un même sentiment : l'impuissance. Jour après jour, elles doivent adapter leur fonctionnement au gré des contaminations ou des mesures d'isolement. Et tous les responsables de rêver, dans un coin de leur tête, que chacun de leur salarié soit déjà immunisé contre le covid, et pour cela de procéder à une vaccination en interne. Et si rien ne vient, ce n'est pas parce que le ministère de la Santé interdit ce genre de pratique.


A medical professional prepares a syringe with a dose of the Pfizer/BioNTech Covid-19 vaccine, before it is administered to a patient at Croydon University Hospital in south London on December 8, 2020. - Britain on December 8 hailed a turning point in the fight against the coronavirus pandemic, as it begins the biggest vaccination programme in the country's history with a new Covid-19 jab. (Photo by Dan CHARITY / POOL / AFP)
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Mercredi, au cours d'un échange en ligne, le directeur de la Santé a ainsi rappelé que «théoriquement» pareille campagne vaccinale pourrait aussi se dérouler dans le cadre professionnel. Au même titre que les dépistages : gratuitement et sans obligation pour les personnels. «Théoriquement oui», notait le Dr Jean-Claude Schmit. Avant d'ajouter : «Mais en réalité non car aucune entreprise ne va trouver de vaccins. Aucun laboratoire ne le propose en vente libre».

Alors même si des groupes comme les CFL ont l'habitude de mobiliser leurs équipes de médecine du travail pour des vastes campagnes de vaccination (contre la grippe), les quelque 4.500 employés devront patienter avant de se voir administrer une dose protectrice. Et ce n'est là qu'un exemple. Pour l'heure, et avec les difficultés d'approvisionnement que l'on sait, «seules les autorités publiques ont accès au vaccin», ajoute le Dr Schmit.


This picture taken on January 5, 2021, in Paris, shows figurines and a syringe to illustrate people receiving Covid-19 (novel coronavirus) vaccinations. - EU nations started their Covid-19 vaccination campaigns with their most vulnerable groups on December 27, 2020, as a new coronavirus variant spread internationally and the WHO warned the current pandemic will not be the last. (Photo by JOEL SAGET / AFP)
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Mais le directeur de la Santé note aussi un obstacle difficilement surmontable, pour l'heure : «Les vaccins actuellement disponibles dans le pays nécessitent des conditions de stockage très spécifiques de très basse température». Ainsi,  la formule Pfizer doit être conservée aux alentours de -75°C quand -20°C sont nécessaires pour les flacons Moderna. Peu de sociétés sont équipées de réfrigérateurs suffisamment performants pour assurer donc l'entreposage des doses nécessaires dans de parfaites conditions sanitaires.

Et cela constitue un point majeur de blocage. En effet, comme le rappelle Jean-Claude Schmit «l'Etat, s'il autorise la vaccination par des organismes privés, doit s'assurer qu'ils sont bien en mesure de garantir la chaîne du froid». Comme cela ne saurait être le cas actuellement dans la plupart des entreprises, la vaccination avec les formules évoquées ne pourrait avoir lieu. 

Réfrigérateurs plutôt que congélateurs

Mais la vérité du moment ne sera pas éternelle. Car déjà avec le vaccin AstraZenecca (dont le Luxembourg attend prochainement une première livraison), les conditions de réfrigération ne nécessitent pas d'équipements sortant de l'ordinaire. Une température de 2°-8° C convenant parfaitement. Mêmes degrés exigés pour la version russe Spoutnik V dont l'UE ne rejette plus un possible usage, ou la formule Johnson & Johnson qui nécessite un simple réfrigérateur. 

Donc si ces déclinaisons sont un jour validées par l'Agence européenne des médicaments (pas de demande en cours pour l'instant) et si les industriels réussissent à produire suffisamment de doses, à ce moment-là les entreprises pourront à leur tour s’approvisionner librement et entamer des vaccinations anti-covid auprès de leurs salariés. Pas demain donc... 

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