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Les effets pervers de la communication digitale
Luxembourg 2 min. 06.04.2021

Les effets pervers de la communication digitale

Les salariés ayant eu à disposition des outils de visioconférence pendant le confinement ont mieux vécu leur expérience de télétravail que ceux qui ne disposaient que d'outils de messagerie instantanée.

Les effets pervers de la communication digitale

Les salariés ayant eu à disposition des outils de visioconférence pendant le confinement ont mieux vécu leur expérience de télétravail que ceux qui ne disposaient que d'outils de messagerie instantanée.
Photo: AFP
Luxembourg 2 min. 06.04.2021

Les effets pervers de la communication digitale

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
L'usage des différents outils numériques au cours du confinement aura eu des effets néfastes sur les personnes en télétravail lors du confinement, relève mardi une étude du Liser. En cause notamment, une utilisation «trop intense» et trop «impersonnelle».

Toujours en vigueur et plébiscité dans les entreprises du Grand-Duché, le télétravail n'en constitue pas moins une pratique non exempte de dangers. Du moins, pour le bien-être et la productivité des salariés. Si une analyse de la Chambre des salariés révélait qu'un tiers des actifs présente des risques de dépression, une étude du Liser, publiée ce mardi, pointe du doigt «les effets néfastes d’un usage trop intense des outils digitaux» et «la nécessité de pallier l'isolement» des télétravailleurs.


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Basée sur les données de l'enquête portant sur les impacts socioéconomiques de la crise au Luxembourg, l'analyse démontre que le choix des outils numériques mis à disposition et concrètement utilisés au sein d'une équipe influe directement sur le ressenti des salariés. Et donc leur productivité et leur adhésion aux actions demandées. 

Dans le détail, l'étude du Liser démontre que le recours aux seules messageries instantanées pour garder un lien avec ses collaborateurs se trouve être contre-productif puisque «plus impersonnel» et source d'«un flux de notifications difficiles à gérer pour les télétravailleurs». Comprenez des outils qui obligent à interrompre la réalisation d'une tâche, engendre «un risque d'infobésité» et rendent la déconnexion difficile.

A l'inverse, le recours à des outils de visioconférence permet d'améliorer le bien-être au travail car cela a permis «de maintenir les liens sociaux avec l’entourage professionnel et de disposer d’un soutien». Au point que les auteurs estiment que «les utilisateurs de visioconférence ont ainsi mieux vécu la période de confinement», même si leur productivité ne s'est pas forcément accrue. 

A noter toutefois que d'autres critères, notamment sociodémographiques, viennent s'ajouter à cette analyse, les auteurs de l'étude précisant que «les télétravailleurs âgés de 50 ans et plus sont moins susceptibles que leurs cadets d'avoir vu leur satisfaction au travail et leur productivité augmenter et leur stress professionnel diminuer pendant le confinement». Idem en ce qui concerne les salariés ayant dû prendre en charge la présence «d'enfants de moins de douze ans au domicile».

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