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Les droits de l'homme en danger climatique
Luxembourg 3 min. 09.12.2019 Cet article est archivé

Les droits de l'homme en danger climatique

Les organisations de jeunesse pour le climat se réunissent régulièrement au Grand-Duché, faisant écho à «l'urgence climatique» déclarée par le Parlement européen.

Les droits de l'homme en danger climatique

Les organisations de jeunesse pour le climat se réunissent régulièrement au Grand-Duché, faisant écho à «l'urgence climatique» déclarée par le Parlement européen.
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 09.12.2019 Cet article est archivé

Les droits de l'homme en danger climatique

Dressant un bilan sombre des droits de l'homme à travers la planète, lundi, un rapport du Parlement européen attribue de nombreuses atteintes au changement climatique. Une publication qui tombe à pic, quelques jours avant la présentation du Green New Deal par la Commission européenne.

(AA) - «Une profonde inquiétude quant aux atteintes à la démocratie et à l'Etat de droit dans le monde en 2018.» La première phrase du dernier rapport du Parlement européen sur les droits de l'homme, présenté lundi à Luxembourg par les eurodéputés Isabel Wiseler-Lima (CSV) et Charles Goerens (DP), pose le ton.  

Montée de l'autoritarisme, répression des dissidences, discrimination entre femmes et hommes, abus des droits des enfants... Si aucun thème n'est laissé de côté par les onze pages du projet de rapport qui sera voté en plénière à Strasbourg m-janvier, le changement climatique s'impose comme fil rouge.


Lokales, Dritter Klimamarsch in Luxemburg - Youth for Climate Luxembourg, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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A l'instar de la problématique des déplacés de force, qui étaient «70 millions dans le monde en 2018» selon le rapport, dont «26 millions de réfugiés». Sans jamais employer le terme de «réfugiés climatiques» qu'elle juge «polémique», Isabel Wiseler-Lima revendique malgré tout l'évocation des «effets néfastes du changement climatique» comme facteur aggravant des migrations subies. 

Même raisonnement en ce qui concerne évoquant le destin tragique de nombreux défenseurs des droits de l'homme dans le monde. Là aussi, les «défenseurs de l'environnement et des droits de la terre» ont droit à une citation particulière. Un moyen de rappeler les déboires des peuples de l'Amazonie en proie à l'avancée parfois illégale des terres cultivables, et les nombreux assassinats d'activistes environnementaux, recensés notamment par l'ONG Global Witness.


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Pour autant, le droit de vivre dans un climat stable peut-il être un droit de l'homme comme les autres ? Indirectement, pour Isabel Wiseler-Lima, vu qu'il  est une condition «nécessaire pour que les gens puissent vivre dignement». «Pas encore», lui répond Charles Goerens, eurodéputé DP et membre de la sous-commission des droits de l'homme. Selon l'élu libéral, ce droit n'est pas encore entré ni dans les mœurs, ni dans le droit. «Il faut encore être patient», conclut-il. 

Pas sûr que cette position prudente n'apaise les mouvements de jeunesse qui ont marché à Madrid pour alerter les dirigeants réunis à la COP25. Ni les jeunes mobilisés au Grand-Duché et qui maintiennent la pression sur les élus, alors que les détails du Plan national intégré en matière d'énergie et de climat ont été dévoilés vendredi dernier. 


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Après avoir déclaré «l'urgence climatique» fin novembre, la prochaine échéance sur l'agenda vert du Parlement européen se trouve être ce mercredi. À cette date, la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, y présentera son «Green New Deal», ce plan visant à mettre en place des investissements dédiés aux infrastructures stratégiques et aux activités économiques ayant un impact conséquent dans la lutte contre le changement climatique et la gestion de ses conséquences.


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