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Les douanes prêtes à passer en mode Brexit
Luxembourg 3 min. 24.02.2020 Cet article est archivé

Les douanes prêtes à passer en mode Brexit

Pour Marco Richard et ses équipes, l'incertitude plane encore.

Les douanes prêtes à passer en mode Brexit

Pour Marco Richard et ses équipes, l'incertitude plane encore.
Photo : Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 24.02.2020 Cet article est archivé

Les douanes prêtes à passer en mode Brexit

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni aura quitté l'UE. Mais bien malin celui qui sait déjà quels contrôles, formalités douanières et taxes devront appliquer les douaniers du Findel.

«Les négociations viennent à peine de débuter, mais j'aimerais bien qu'elles s'achèvent dans une bonne direction», sourit Marco Richard. Après avoir hésité entre le yes et le no, Royaume-Uni et Union européenne se sont dit goodbye en ce début 2020. Mais alors que dans dix mois, le pays d'Elisabeth II aura définitivement mis les voiles, le chef de l'Inspection surveillance et contrôles douaniers et ses équipes ne connaissent toujours pas le statut et les règles qui s'appliqueront aux marchandises en provenance de Grande-Bretagne.

Ainsi, les quelque 40 agents en poste 24h/24 au Findel adoptent un flegme tout britannique. Façon wait and see. «Déjà, il faut rappeler que le Royaume-Uni ne faisait pas partie de l'espace Schengen. A ce titre, la circulation des biens en dehors de l'île disposait déjà d'un statut à part», rappelle Marco Richard. Les biens circulant en mode «intra-UE» car le pays restait intégré dans l'union douanière.

Chaque année, près de 13.100 arrivées d'avions cargos en provenance du Royaume-Uni arrivent au Findel.
Chaque année, près de 13.100 arrivées d'avions cargos en provenance du Royaume-Uni arrivent au Findel.
Photo : Chris Karaba

Mais quand minuit sonnera, le 31 décembre prochain, un autre statut entrera en vigueur. Pour l'heure, dans cette période dite de transition, rien ne change ni pour les opérateurs économiques, ni pour les particuliers. Londres a obtenu un statut comparable à celui des "pays tiers" avec accords, comme la Norvège ou l'Islande. Des modalités qui s'appliqueront, au moins, jusqu'au 31 décembre 2020.

Et si les règles à venir restent actuellement en discussion mais, forcément, elles seront différentes de celles appliquées aujourd'hui. Et de ces changements dépendra tout le travail à venir des agents des douanes du Findel, l'aéroport étant la première frontière directe avec le Royaume-Uni. «Il faut avoir conscience qu'actuellement, les échanges commerciaux avec ce pays représentent près de 13.100 envois cargos atterrissant au Luxembourg chaque année, pour environ 17.400 tonnes de cargaison transitant par nos hangars.»

De nouveaux frais et la TVA

Des biens qui, demain, seront taxés eux aussi différemment que le cours actuel. «Jusqu'à présent, il n'y avait pas de taxes appliquées aux marchandises importées mais à l'avenir des droits d'entrée et de TVA pourraient être appliqués», note Marco Richard.

Les colis alimentaires seront eux soumis à des contrôles vétérinaires plus stricts. Tandis que les produits manufacturés feront l'objet de vérification de compatibilité avec les règles en usage au sein de l'Union. Pas de chance pour la délinquance qui aurait pu se reposer sur la bienveillance passée pour tenter de frauder à l'import ou à l'export, là la vigilance sera renforcée. «Mais la criminalité trouve toujours un chemin, il faudra voir par quelle voie elle passera demain», note le responsable de l'Inspection.

Un plus pour le duty-free

Sans oublier les 3.500 vols qui, sur douze mois, amènent au Grand-Duché près de 286.225 passagers (chiffre 2019) venus d'Outre-Manche. Eux ne disposeront plus l'an prochain de l'étiquetage vert de leur bagage, entraînant au sein de l'UE, des contrôles par sondage plutôt épars de la part des douaniers. «Avec un étiquetage blanc signifiant que la personne arrive d'autre part que l'Europe, nos actions sont nettement plus fréquentes. Le débarquement pourra donc prendre plus de temps.»

En plus de ne pas suivre la flèche «Rien à déclarer» à leur arrivée, les sujets d'Elisabeth II auront aussi quelques bonnes surprises, «comme la possibilité d'acheter en détaxé dans les boutiques duty-free de l'aéroport», voire même de revenir chez eux en réclamant la déduction de la TVA sur le prix des marchandises achetées dans l'UE.


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