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Les discothèques, prochaines à succomber au virus
Luxembourg 3 min. 17.07.2020

Les discothèques, prochaines à succomber au virus

Entre bars et restaurants ne respectant pas l'heure l'égale de fermeture (ou le social distancing) et la reprise des infections, rien ne pousse le gouvernement à autoriser l'ouverture des boites de nuit.

Les discothèques, prochaines à succomber au virus

Entre bars et restaurants ne respectant pas l'heure l'égale de fermeture (ou le social distancing) et la reprise des infections, rien ne pousse le gouvernement à autoriser l'ouverture des boites de nuit.
Photo : Getty Images
Luxembourg 3 min. 17.07.2020

Les discothèques, prochaines à succomber au virus

Fermés depuis quatre mois maintenant, night-clubs et discothèques ne voient toujours pas le bout du tunnel. Si certains propriétaires essayent de réagir, passer du monde de la nuit à une activité au grand jour n'a rien d'évident.

(pj avec Rosa CLEMENTE et July HEDDE) Se réinventer. Voilà le maître-mot pour les patrons de boîtes de nuit luxembourgeoises. Se réinventer aujourd'hui pour faire face à l'arrêt total de l'activité depuis la mi-mars, et se réinventer pour demain et une possible levée des mesures strictes de confinement. Mais pour l'heure, les sorties en boîte restent l'une des dernières activités interdites dans le pays, et la reprise des infections ne va pas arranger les choses.

Certes, le gouvernement a progressivement permis à bars et restaurants de fonctionner à nouveau. Mais les mauvaises expériences de ces dernières semaines ne vont certainement pas inciter les ministres concernés à pousser pour que les discothèques et autres clubs pour noctambules ne rouvrent rapidement. Alors chacun s'adapte, ou pas. «Comme nous avions une terrasse, nous avons pris la décision de transformer le club en bar-restaurant à partir du mois d'août. Mais, loi oblige, il ne restera ouvert que jusqu'à minuit», note, par exemple, Dan Crovisier, patron du Melusina.


L'événementiel pas vraiment à la fête
A l'arrêt depuis deux mois, et ne percevant pas de reprise avant de longs mois, le secteur de l'événementiel a décidé de se fédérer. LEA entend ainsi défendre les intérêts d'un secteur qui pèse près d'un demi-milliard d'euros dans l'économie luxembourgeoise.

Mais le directeur de l'établissement garde constamment un œil sur la calculatrice. Avec 20.000 euros de frais fixes mensuels, pas question de se lancer dans une aventure incertaine. «Soit ce nouveau concept fonctionne, soit nous devrons fermer définitivement.». Le club a d'ailleurs ouvert une cagnotte en ligne pour que ses clients ou anciens fidèles l'aident à passer ce cap difficile.

«Comment pouvons-nous rester à flot sans aucune perspective de réouverture? C'est déraisonnable à long terme», s'insurge de son côté Jo Heinen, propriétaire de la discothèque White, à Foetz. Lui accueillait jusqu'à 1.200 personnes chaque week-end, alors forcément le manque à gagner est conséquent. «Les boîtes de nuit font partie d'une industrie de niche qui n'intéresse pas beaucoup le gouvernement actuellement», regrette-t-il avec amertume. En attendant, qui sait, de rallumer les lumières du White, Jo Heinen prévoit d'ouvrir un bar-salon de shisha, à Esch-sur-Alzette en lieu et place d'un restaurant de 400 m2.

Echevin au commerce de la capitale, Serge Wilmes (CSV) persiste à dire que les discothèques aussi participent à l'attractivité d'une ville comme Luxembourg. Inenvisageable donc que la Ville perde ainsi ses «boites» et donc une partie de ses animations. D'ailleurs, la commune a déjà fait un geste pour soutenir ce secteur d'activité commercial, avec un soutien offert allant jusqu'à 5.000 euros par adresse. Mais l'élu insiste pour que l'Etat, à son tour, fasse un geste. 

Quels autres soutiens?

Etablissements indépendants, petits en termes de personnels (la plupart comptent moins de dix employés), les discothèques luxembourgeoises ne seraient ainsi éligibles qu'à une subvention unique de 5.000 euros. Mais ni Lex Delles (DP), ni Franz Fayot (LSAP) son ministre de tutelle à l'Economie n'ont laissé entrevoir d'autres soutiens possibles. A charge donc pour les établissements de nuit de se rapprocher des mesures prises pour le secteur événementiel

Mais il va encore se passer bien des soirées avant que les DJ ne remettent le son, comme le confirme un porte-parole du ministère des Petites et Moyennes entreprises : «Compte tenu du nombre croissant d'infections, il est extrêmement improbable que les clubs ouvrent bientôt». 

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