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Les députés calent face à la crise de l'immobilier
Luxembourg 3 min. 18.10.2019

Les députés calent face à la crise de l'immobilier

Pour répondre à l'explosion des prix du mètre carré, le gouvernement veut poursuivre sa politique de l'offre.

Les députés calent face à la crise de l'immobilier

Pour répondre à l'explosion des prix du mètre carré, le gouvernement veut poursuivre sa politique de l'offre.
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 18.10.2019

Les députés calent face à la crise de l'immobilier

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Confrontés jeudi aux chiffres des chercheurs du LISER, les députés peinent à trouver des alternatives pour enrayer l'envolée des prix de l'immobilier.

Ce jeudi marquait l'entrée dans le vif du sujet pour Henri Kox (Déi Gréng). Président de la commission Logement jusqu'à la semaine dernière, c'est avec sa nouvelle casquette de ministre qu'il est venu s'exprimer devant celle-ci. Confronté au dernier rapport alarmant du LISER sur la hausse des prix du logement, ce connaisseur de la thématique a assuré vouloir poursuivre la politique menée par sa prédécesseure Sam Tanson (Déi Gréng). 

Fidèle à l'accord de coalition, le nouveau ministre Henri Kox (Déi Gréng) entend «augmenter l'offre» sur le marché et «mobiliser les terrains constructibles». Ce faisant, le gouvernement souhaite éviter la spéculation et freiner la hausse des prix. Dans les faits, les mesures mises en place dans ce domaine n'ont pas porté leurs fruits, rappelle le LISER. Que ce soit à l'achat ou à la location, tous les voyants sont au rouge. 

Un constat s'impose chez presque tous les députés : la politique d'incitation fiscale en faveur des propriétaires de terrains n'a pas atteint ses objectifs de modération des prix. La mesure phare, mise en place entre le 1er juillet 2016 et le 31 décembre 2018, avait significativement baissé le taux d'imposition de la plus-value immobilière. Par ce biais, le gouvernement espérait accroître l'offre et relâcher ainsi la pression sur le marché. Max Hahn (DP) reconnaît que l'incitation «n'a pas eu l'effet escompté» et appelle ses collègues à tout remettre à plat, «sans tabou».

Pour Marc Lies (CSV), le problème ne serait pas fiscal mais politique. Selon lui, le gouvernement «ne se donne pas les moyens» pour régler ce problème qui mine le pouvoir d'achat des Luxembourgeois. Dans les faits, même si la part du budget dédiée au logement a baissé entre 2016 et 2020, passant de 1,49% à 1,15%, la somme allouée à ce domaine est passée de 201 millions d'euros en 2016 à 236 millions en 2020. Dans son discours sur l'état de la Nation, le Premier ministre avait rappelé que «la question de l'évolution des prix du logement est absolument prioritaire». 


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En attendant que les députés en mal d'inspiration trouvent de nouvelles pistes dans l'épineux dossier du logement, les prix à l'achat et à la location continuent leur course folle. Selon les chiffres du LISER, le prix moyen du m² atteignait 5.742 euros pour les appartements et 6.646 euros pour les maisons. Signe de la tension extrême du marché, le nombre des transactions réalisées sur la même période a baissé : -4,1% pour les appartements anciens, et même -7,4% pour les appartements neufs. 

Une gageure pour le Grand-Duché, qui continue à attirer «10.000 personnes par an», selon le député Max Hahn (DP).  Soit l'équivalent d'une commune comme Bettembourg qui cherche à s'installer au Grand-Duché tous les ans. 



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