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Les crèches font la grimace
Luxembourg 5 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

Les crèches font la grimace

Le secteur non conventionné qui compte près d'un millier d'emplois a été malmené par la crise sanitaire.

Les crèches font la grimace

Le secteur non conventionné qui compte près d'un millier d'emplois a été malmené par la crise sanitaire.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 5 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

Les crèches font la grimace

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les structures d'accueil pour jeunes enfants n'ont accès ni au chômage partiel, ni aux aides spécifiques d'Etat. De quoi mettre en péril plusieurs établissements privés, selon leur fédération (FELSEA).

«Au bord du gouffre.» C'est par ces mots qu'Arthur Carvas évoque l'état de plusieurs crèches et foyers d'accueil privés luxembourgeois. Et c'est avec crainte que le président de la Fédération luxembourgeoise des services d'éducation et d'accueil pour Enfants (FELSEA) envisage l'avenir de plusieurs établissements. «Alors je ne comprends pas pourquoi notre ministre de tutelle (celui de l'Education, de l'Enfance et de la Jeunesse) ne veut pas nous recevoir. Depuis décembre, nous avons sollicité des rendez-vous avec Claude Meisch (DP).» Quatre demandes, aucune réponse.


ARCHIV - 03.02.2020, Baden-Württemberg, Backnang: Ein Spielzeug steht vor zwei Geschwistern. (zu dpa: «Freiburgs OB will bei Kontaktregeln Ausnahmen für kleine Kinder») Foto: Sebastian Gollnow/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Un silence qui, à la longue, devient plus que crispant : irritant, inquiétant. «Jusqu'à présent, dans cette crise, nos adhérents (200 structures pouvant accueillir plus de 12.000 enfants) ont répondu sans faillir aux souhaits du ministère. Semaine A, semaine B, nouvelles normes sanitaires, limitation de la fréquentation, restriction des seuils d'accueil, tout a été respecté», constate le responsable. Mais le covid et ses conséquences ont sérieusement fait tanguer des «sociétés qui, sans cela, se porteraient à merveille». 

Il a fallu subir les arrêts d'activité liés à la mise en place du confinement. Trouver de nouveaux personnels (qualifiés) pour pallier les défections des salariés qui, infectés, cas contact ou devant s'occuper de leur progéniture, ne pouvaient rester en poste. Réinventer son mode de fonctionnement au quotidien, non seulement au gré des changements de ligne de conduite sanitaire mais aussi selon le nombre de bambins accueillis. 

Nous nous retrouvons face à un mur

Arthur Carvas, président de la FELSEA

«Entre la crainte d'une contamination ou à cause du déploiement du congé pour raison familiale, de nombreuses familles ne nous ont plus confié leur enfant ou alors moins longtemps». Là encore, les crèches et foyers privés ont joué le jeu, modifiant les contrats pour le confort des parents. 

Mais au final, certaines structures n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Car même si le nombre d'enfants a significativement baissé, certaines dépenses sont restées incompressibles. «Et maintenant que l'on demande du soutien, nous nous retrouvons face à un mur». «Une politique de l'autruche» qui, selon la Felsea, pourrait rapidement avoir de graves conséquences pour le millier d'employés spécialisés dans la prise en charge des tout-petits.


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Du côté du ministère de la Jeunesse, voilà des mois que l'affaire est entendue. Aucun soutien exceptionnel en vue. Juste le versement toujours maintenu de la part de l'Etat pour les chèques-service accueil. «Autrement dit, ce qui était une allocation familiale est devenue une aide d'urgence aux yeux du gouvernement», souligne avec rage Arthur Carvas. 

 Le désarroi des gestionnaires de crèches et foyers est d'autant plus fort que, selon le niveau de rémunération des parents, cette part s'avère fortement variable. De 6 euros par heure de garde à... presque rien pour les jeunes dont les parents gagnent le mieux leur vie. «Du coup, selon les villes, les quartiers ou les familles qui fréquentent telle crèche ou tel foyer non conventionnés le versement de l'Etat est totalement différent alors que nous assumons les mêmes frais financiers.» Une disparité qui a fini par peser lourd sur certaines comptabilités.   

Au terme d'un premier trimestre 2021 de silence du ministère de tutelle, Arthur Carvas avoue son découragement. «Je ne comprends pas: Claude Meisch n'a rien à craindre de nous. On ne vient pas lui réclamer de quoi s'enrichir, pas un cent de plus que ce qui est nécessaire pour passer ce cap difficile. Car si demain plusieurs crèches ou foyers privés doivent mettre la clef sous la porte, il ne faudra pas venir se plaindre à la reprise qu'il y a encore moins de capacité d'accueil pour les tout jeunes ou que les qualifications viennent à manquer». 


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Three kids wearing anti virus masks. Kids are going to school. 
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Stichwörter: Kind, Kinder, Betreuung, Kinderbetreuung, Crèche, Maison relais, Kindertagesstätte Chèques-Service, Sprachförderung / Foto: © Getty Images